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La fabrication additive pour 2017 chez Stratasys – Rencontre avec Éric Bredin

La fabrication additive pour 2017 chez Stratasys – Rencontre avec Éric Bredin

by Gaëtan Lefèvre23 février 2017
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Pour attaquer cette nouvelle année, A3DM Magazine a demandé à quelques acteurs du marché de la fabrication additive leur vision pour 2017. Rencontre avec Éric Bredin VP Marketing EMEA – Stratasys GmbH.

Propos recueillis par Gaëtan Lefèvre, rédacteur en chef.

Quel est l’état de l’art de la fabrication additive ?

Le marché français de la fabrication additive a vécu, en 2016, une phase de développement avec de grands progrès de maturité applicative. De nombreuses entreprises comprennent mieux ce qu’elles peuvent attendre de la fabrication additive, tant en termes de sous-traitance qu’en termes de technologies. Il y a encore une phase d’adoption forte de machines d’impression 3D pour du prototypage rapide, synonyme de cycles de conception plus courts, favorisant l’innovation. De plus en plus d’entreprises réalisent leurs premiers investissements pour apprendre. Il faut comprendre, tester, évaluer, faire travailler les équipes pluridisciplinaires avec de nouveaux outils pour favoriser de nouvelles idées, ou de nouveaux moyens de production. Les premières expériences donnent aussi naissance à l’expression d’autres besoins plus techniques, exigeants ou complexes, que des solutions de fabrication plus « haut de gamme » ou « professionnelles ». La maturité permet alors de construire les cahiers des charges requis par les utilisateurs dans leur domaine applicatif avec plus de précision et de rigueur pour identifier les bonnes solutions. Il est à noter qu’un nombre croissant d’entreprises ont inscrit, dans leur organigramme, des femmes et des hommes en rôle fédérateur et transverse autour de la fabrication additive.

Avec la somme d’expériences acquises auprès de sa base clients, Stratasys dispose des ressources techniques et humaines permettant d’accompagner chaque secteur avec le conseil et les solutions technologiques autour du triptyque indissociable : machines, matériaux et logiciels. Le tout s’appuie sur une forte expérience avec ses partenaires intégrateurs pour apporter le service, mais aussi autour des solutions logicielles en amont et en aval de la production en post-traitement de la fabrication additive. Pour chaque industrie, et en fonction de ses applications propres, il faut de plus en plus « customiser » les solutions développées. En passant de la construction de maquettes, par la réalisation de prototypes aux fonctionnalités plus ou moins complexes, à de l’outillage ou bien des pièces de production, il est assez facile de comprendre que peu d’acteurs auront la capacité de concevoir et d’amener le support à long terme aux industriels, d’où une consolidation des acteurs à prévoir. Les entreprises ont en effet des demandes propres à leurs domaines : automobile, aéronautique, médical, dentaire, ou encore pour des produits de consommation grand public, sans parler du large secteur de l’éducation, tant scolaire qu’universitaire, en collaboration avec les centres de recherche. 2017 sera certainement une année de forte spécialisation, avec le développement d’importants projets d’envergure industrielle.

Quelles sont les innovations de la société Stratasys pour 2017 ?

Chez Stratasys, nous concentrons nos efforts sur notre coeur de technologie, sur la fabrication à partir de thermoplastiques extrudés (FDM). Celle-ci regroupe des matériaux standard (type ABS, ASA…), d’ingénierie (type PC, Nylon…) ou haute performance (type Ultem…). Nous nous concentrons aussi sur la technologie PolyJet à base de résines photo-polymérisées (matériaux multiples sur une même impression, opaques, transparents, colorés, souples, rigides, biocompatibles). Nous continuerons à faire évoluer notre triptyque constitutif de ces solutions pour chaque application ou usage : les machines, les matériaux, les logiciels de construction et de flux de production. Tous verront certainement des évolutions. Je suis convaincu que l’organisation de la production et la fluidification des données liées à la fabrication additive seront des sujets d’intérêt forts pour les entreprises qui veulent gérer leurs moyens de production en mode réseau, transparent, partagé, accessible et avec un minimum d’interventions humaines. Nous travaillons beaucoup en ce sens avec GrabCAD, une acquisition du groupe, qui construit notre architecture logicielle de production. L’idée que l’on puisse directement envoyer à partir de son logiciel de CAO un fichier natif sur un réseau d’impression et l’intégrer dans un flux de productions multiples n’est pas très éloigné. Du côté de la fabrication de pièces de production, nous continuerons à recueillir le fruit de notre collaboration avec des grandes entreprises clientes sur des projets tels que l’Infinite-Build 3D Demonstrator ou bien le Robotic Composite 3D Demonstrator. Ces projets, qui ne sont encore que des démonstrateurs, nous permettront d’accélérer la mise en œuvre de solutions de production pour des pièces à forte valeur ajoutée, de très grandes tailles, ou en matériaux complexes et en univers hybride.

Quels nouveaux secteurs vont être impactés par la fabrication additive ?

La fabrication additive touche, aujourd’hui, un nombre très large de secteurs, et on peut estimer que toutes les industries qui produisent des biens physiques ont régulièrement besoin de créer des prototypes dont l’impression 3D peut assurer la production dans les meilleurs délais. Même s’il existe encore un nombre important d’entreprises faisant appel à des moyens dit conventionnels. Ceci prouve qu’il y a encore du travail d’informations à entreprendre sur les bienfaits de la fabrication additive !

Pour la mise en œuvre des solutions de fabrication directe, les secteurs moteurs restent aujourd’hui ceux de l’aéronautique, de l’automobile, du médical et du dentaire, qui ont su transcrire dans leurs procédés les avantages propres aux technologies additives tels que la suppression d’assemblage, l’allègement de pièces, la conception de pièces uniques, etc. On peut imaginer que d’autres secteurs s’associeront à ces initiatives avec une démocratisation d’un mode de production industriel permettant une plus forte segmentation des produits voire, à l’extrême, d’une personnalisation. Il est encore un peu trop tôt pour se prononcer, même si par nature toutes les entreprises qui ont à gérer des flux de production tendus connaissent les problématiques de petites séries en production de début ou de fin de cycle de vie, ou bien purement de maintenance, domaines pour lesquels je reste convaincu du bien-fondé potentiel de la fabrication additive. Il reste néanmoins beaucoup de travail de validation et de refonte d’un écosystème de production et de sa « supply chain » avant de voir un impact significatif. Je crois beaucoup plus à court terme en un impact significatif de la fabrication additive dans les usines de production pour faciliter la mise en œuvre des outils de production, qu’il s’agisse de moules de production, d’outillages complexes ou de simples gabarits, guides de perçage, fixations, posages qui sont utilisés au quotidien mais parfois longs à développer ou à faire fabriquer. Il y a des gisements de productivité, de confort, au final d’efficacité et d’agilité potentielle à découvrir ou à révéler aux industriels de nombreux secteurs en France.

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