Industries
Now Reading
Normalisation – La collaboration internationale continue

Normalisation – La collaboration internationale continue

by Gaëtan Lefèvre27 février 2017
Partage :

2016 terminée, il faut se préparer à une nouvelle année. L’UNM, Union de Normalisation de la Mécanique, présente aux lecteurs d’A3DM Magazine un rapide bilan des dernières nouvelles de l’année.

Par l’UNM, Union de Normalisation de la Mécanique.

L’UNM, Union de Normalisation de la Mécanique, est le bureau de normalisation sectoriel du système français de normalisation, dans le domaine de la mécanique et du caoutchouc, travaillant par délégation de l’AFNOR. Agréé par le Ministère chargé de l’Industrie, le Bureau de Normalisation UNM a pour domaine de compétences les matériels produits et techniques relevant des industries mécaniques et transformatrices des métaux et des élastomères (à l’exclusion des pneumatiques), ainsi que le soudage et ses applications. La normalisation de la fabrication additive rentre dans son domaine de compétences.

Accord avec l’ASTM

Cette fin d’année 2016 a vu l’accord entre l’ISO (Organisation internationale de normalisation) et l’ASTM (American Society for Testing and Materials) présenter un bilan positif à poursuivre, avec des procédures plus robustes permettant d’embarquer d’autres organismes dans cette coopération.

Le comité ISO / TC 261 s’est réuni à Tokyo le 14 juillet 2016, parallèlement aux différentes réunions des groupes de travail conjoint entre les organismes de normalisation international (ISO) et américain (ASTM). La présence de soixante-dix-huit experts et délégués venant d’Allemagne, du Canada, de Corée, d’Espagne, des États-Unis, de France, de Finlande, du Japon, du Royaume-Uni, de Singapour et de Suède, souligne une fois encore l’engouement et l’intérêt porté à cette technologie, la fabrication additive, nouvellement normalisée. Par ses possibilités innovantes, elle impacte les modes de conception dans plusieurs secteurs clés de l’industrie.

La première discussion concernait le bilan des travaux réalisés depuis l’entrée en vigueur de l’accord de coopération entre l’ISO et l’ASTM. Ces travaux sur les normes récemment publiées ont mis en relief des écarts relatifs aux procédures et modes opératoires différents entre les deux organisations.

Il a donc été convenu de privilégier l’application des procédures ISO de manière à renforcer la synergie existante. Le but poursuivi est double : publier davantage de normes dans un minimum de temps et faire collaborer au mieux les différents organismes tels que le SAE International (organisation américaine traitant des domaines de l’automobile et de l’aéronautique), qui a déjà développé des « normes fabrication additive » dans des secteurs très ciblés de l’industrie. Un autre point important de la réunion a été les échanges sur les questions de sécurité, avec une attention particulière portée à la prise en compte des risques liés aux émissions de poudres. Un groupe ad hoc, spécifiquement dédié à ces questions et animé par le Canada, va recueillir les données en provenance des différents pays, de divers sites industriels, de fournisseurs et d’utilisateurs. Ce groupe a pour objectif de définir une vision globale du sujet.

Enfin, la discussion a porté sur la création récente d’un groupe de travail intitulé « fabrication additive dans l’aéronautique » sous la tutelle de l’ISO / TC 44 / SC 14, instance chargée de l’élaboration de normes sur le soudage et le brasage dans l’aéronautique. Les délégués ont décidé de répondre favorablement à la proposition de travail en commun émanant de ce groupe.

La norme pour le format AMF

La norme NF ISO / ASTM 52915, « Spécification normalisée pour le format de fichier pour la fabrication additive (AMF) Version 1.2 » (décrite page 28 dans l’encadré), a été publiée en avril 2016.

Une des particularités de la fabrication additive tient au fait que tous les procédés nécessitent une définition numérique complète de la pièce à réaliser. Les fichiers de données contiennent les informations classiques comme la géométrie représentée sous forme de maillage, mais aussi les matériaux et leurs caractéristiques ainsi que les nuances fonctionnelles éventuelles, les états de surface, les couleurs, les procédés de réalisation, etc. La norme décrit le contenu des informations à échanger sous le format XML. Largement reconnu, ce format a la particularité d’être facilement lisible et de permettre des corrections manuelles comme dans un fichier texte. Le fichier descriptif créé à partir des éléments contenus dans la norme permet ensuite de générer facilement un fichier AMF, interprétable par une machine de fabrication additive. Quelques exemples illustrent la structure des fichiers attendus.

Cette norme a été développée dans le cadre d’un partenariat entre l’ISO et l’ASTM. La norme ISO / ASTM 52915 en est à sa deuxième version. Elle est destinée à suivre des évolutions des procédés et des possibilités de réalisations propres à la fabrication additive. Les experts français sont particulièrement impliqués sur les données en général avec l’animation d’un groupe de réflexion international dont la tâche est de définir plus avant les éléments nécessaires aux procédés de fabrication additive.

NF ISO / ASTM 52915

L’AFNOR a publié un extrait de la norme NF ISO / ASTM 52915, version 1.2, sur son site. Nous vous le présentons ici.

Par Gaëtan Lefèvre.

La présente norme internationale décrit un cadre pour un format d’échange dans le but de traiter les besoins actuels et futurs de la technologie de fabrication additive. Au cours des trois dernières décennies, le format de fichier stéréolithographie (STL) a constitué, au sein de la profession, la norme pour les échanges d’informations entre les programmes de conception et les équipements de fabrication additive. Un fichier STL définit uniquement un maillage surfacique et ne contient aucune disposition pour représenter la couleur, la texture, le matériau, la sous structure et d’autres propriétés de l’objet. Compte tenu de l’évolution rapide de la technologie de fabrication additive qui est passée de la production de formes homogènes constituées d’un seul matériau à la production de géométries multi matériaux en diverses couleurs avec des matériaux comportant des nuances fonctionnelles et des microstructures, on observe un besoin croissant de disposer d’un format de fichier d’échange normalisé capable d’intégrer toutes ces caractéristiques.

Le format de fichier pour la fabrication additive (AMF) possède de nombreux avantages. Il décrit un objet de manière très générale de façon à ce que toute machine puisse le construire au mieux de sa capacité, et de manière indépendante de la technologie. Il est facile à mettre en oeuvre et à comprendre. Il est évolutif et présente de bonnes performances. Fondamentalement, il est à la fois compatible de façon ascendante, permettant à tout fichier STL existant d’être converti, et compatible dans le futur, permettant d’ajouter de nouvelles fonctionnalités suivant les progrès technologiques.

La présente norme internationale fournit la spécification du format de fichier pour la fabrication additive (AMF), un format d’échange dans le but de traiter les besoins actuels et futurs de la technologie de fabrication additive.

Le fichier pour la fabrication additive (AMF) peut être élaboré, affiché et transmis sous réserve qu’il comprenne les informations requises par la présente spécification. Lorsque ce fichier est élaboré dans un format électronique structuré, le strict respect d’un schéma de langage de balisage extensible (XML) est exigé pour prendre en charge une interopérabilité normalisée.

Un schéma de définition XML W3C (XSD) du format de fichier pour la fabrication additive (AMF) est disponible auprès de l’ISO à l’adresse : http://standards.iso.org/iso/52915, et de l’ASTM à l’adresse : www. astm.org,/MEETINGS/images/amf.xsd. L’annexe A du document contient des lignes directrices de mise en oeuvre pour ce type de représentation XML.

Il est reconnu que des informations supplémentaires existent concernant la dernière partie, laquelle n’est pas couverte par la version actuelle de la présente norme internationale. De futures fonctionnalités proposées figurent à l’annexe B.

La présente norme internationale ne spécifie pas de mécanismes explicites pour assurer l’intégrité des données, les signatures électroniques et les cryptages.

About The Author
mm
Gaëtan Lefèvre

Leave a Response