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Pauline Eveno – SYOS, coup de cœur au 3D Print

Pauline Eveno – SYOS, coup de cœur au 3D Print

par Gaëtan Lefèvre12 décembre 2016
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À l’occasion de la 3e édition du salon 3D Print à Lyon, début octobre 2016, des concours ont été organisés. Pour la seconde année, les organisateurs ont délivré le trophée 3D Print, récompensant la meilleure démarche industrielle en fabrication additive. Le jury a attribué ce trophée au CTIF (Centre technique des industries de la fonderie), qui était associé à la société Spartacus3D, pour la conception de sa pince de robot de forge LETo. Parallèlement, et afin de donner sa chance à un jeune projet, il a été accordé un second prix : le « coup de cœur ». Celui-ci a été remporté par la start-up SYOS pour la fabrication par impression 3D de bec de saxophone sur mesure. Durant ce salon, était également organisée et animée par F3DF la première édition du « Designathon ». Des participants se sont ainsi lancés dans la conception d’un modèle 3D sur le thème de la lumière. Rencontre avec les gagnants des différents trophées.

Propos recueillis par Gaëtan Lefèvre, rédacteur en chef

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La start-up SYOS, qui signifie « Shape Your Own Sound », réalise des instruments sur mesure pour les musiciens. Leur premier produit, le bec de saxophone personnalisé, a remporté le prix « coup de cœur » au 3D Print Lyon 2016. Rencontre avec Pauline Eveno, présidente et fondatrice. Pauline Eveno est ingénieur et docteur en acoustique. Thésarde, pour son doctorat à l’IRCAM, en acoustique des instruments de musique, elle avait donné naissance à la start-up Syos au Canada, lors de son post-doctorat. Elle se sert de l’impression 3D pour imprimer des becs de saxophone « tests ». De retour en France, elle intègre un fablab pour imprimer ses becs « à commercialiser ». Un produit original qui met en avant tout l’intérêt de la fabrication additive pour concevoir, imaginer et produire.

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Comment est né SYOS ?

L’idée de SYOS m’est venue lorsque je faisais mon post-doctorat au Canada. Mon sujet de recherche était le bec de saxophone. J’étudiais l’influence de la géométrie sur le son en réalisant des simulations acoustiques. J’ai commencé à comparer les résultats avec les ressentis des musiciens. J’ai dû faire le lien entre le vocabulaire qu’utilise le musicien pour décrire le son de ses rêves et la géométrie du bec. Afin de tester nos becs, nous les avons imprimés en 3D.

Au Canada, nous possédions au laboratoire une imprimante 3D, mais qui ne fonctionnait pas très bien. Nous sommes donc passés par des sous-traitants. Les musiciens ont été emballés par l’idée. Puis, lorsque je suis rentrée en France, j’ai commencé à imprimer dans des fablabs, au FabClub à Paris. Aujourd’hui, j’ai acheté une machine.

Pouvez-vous nous présenter votre travail ?

Nous cherchons à comprendre quelle est l’influence de tous les paramètres géométriques sur le son : la courbure, la forme de la chambre, la taille. Pour chaque paramètre, quelle est son influence sur le son ? Nous cherchons également à comprendre le ressenti du musicien.

Comment le musicien va-t-il décrire cela dans ses propres termes ? Et comment allons-nous traduire les demandes de ces derniers, par exemple un son mat et puissant, en géométrie ?

Dans un premier temps, nous sommes en phase de recherche permanente. Tous les jours, nous imprimons une dizaine de becs pour la recherche. Des musiciens viennent dans nos bureaux pour les tester. Cela nous permet de posséder une grande base de données de tests et de résultats. Ensuite, nos clients ont à remplir un questionnaire, directement sur notre site. À partir de leurs réponses, nous allons leur proposer une géométrie de bec de saxophone qui va être adaptée à ce qu’ils recherchent. Nous le leur envoyons afin qu’il puisse le tester et nous faire un retour : ce qu’ils ont aimé ou pas. Ensuite, nous allons travailler ensemble sur de nouvelles géométries. Nous ne leur vendons pas uniquement un bec, mais tout un service d’accompagnement vers le bec final de leurs rêves.

Et concernant le procédé et les matériaux…

Pour l’instant, nous travaillons uniquement sur des procédés FDM et des matériaux plastique ABS. Cependant, nous testons d’autres matériaux et d’autres techniques, pour avoir une finition plus belle par exemple. Avec les instruments à vent, c’est l’air qui vibre à l’intérieur des instruments. C’est donc la géométrie de l’instrument qui va avoir une influence sur le son. Mais l’état de surface peut avoir un petit effet, et contrairement à ce que l’on pense, ce n’est pas le plus lisse qui fonctionne le mieux.

Quel est le prix pour la réalisation et l’achat d’un bec ?

On vend tout le forfait d’accompagnement jusqu’au bec final, qui convient parfaitement, pour 299 €.

Avec quels musiciens travaillez-vous ?

Des amateurs aux professionnels. Les musiciens doivent cependant avoir au moins trois ou quatre ans de pratique.

Chaque musicien demande-t-il sa propre géométrie ou certaines formes reviennent-elles ?

Globalement, chaque musicien souhaite une géométrie particulière. Mais dans notre démarche, nous proposons dans un premier temps de tester des géométries identiques, que nous avons en stock. Cependant, pour aller au bout des choses, nous devons toujours apporter quelques modifications, quelques personnifications. Il suffit de changer un centième de millimètre pour ressentir des sensations différentes.

Quels sont les projets futurs de SYOS ?

La société travaille sur des becs de clarinette et les développe déjà. Puis on devrait travailler sur les embouts de trompette, etc.

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Gaëtan Lefèvre
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