Magazine Vendredi 20 septembre 2019 - 15:43

L’impression 3D transforme le métier d’orthopédiste

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L’impression 3D est sûrement l’une des technologies les plus influentes de ces dernières années. Depuis les premiers procédés brevetés dans les années 1980, la technologie ne cesse de modifier, transformer, améliorer les process de fabrication. De nombreuses pièces imprimées n’auraient jamais pu être réalisées par des méthodes traditionnelles. L’impression 3D permet également d’optimiser des pièces et d’ajouter de nouvelles fonctionnalités, de relocaliser la production, d’économiser de la matière première ou encore de fabriquer plus rapidement des composants, des outils, des maquettes, etc. Les orthopédistes, les fabrications de tous types d’orthèses et de prothèses, ont également adopté la technologie additive.

L’impression 3D en orthopédie

« Aujourd’hui, nous sommes en train de démocratiser l’impression 3D et de l’utiliser sur plein d’autres appareils pour toutes les parties du corps. L’idée est de transformer notre profession qui est très artisanal. Ne pas perdre le savoir-faire d’un atelier qui est essentiel mais, grâce à la donnée numérique, transférer ce savoir, optimiser notre travail, apporter de nouvelles fonctions, répondre à de nouveaux besoins du patient, sans pour autant changer le coût », nous explique Marc Souply, orthopédiste membre de l’équipe R&D de Chabloz Orthopédie.

Marc Souply travaille pour la société Chabloz Orthopédie. Il réalise des appareils orthopédiques personnalisés et uniques, pour suppléer ou combler un handicap. Auparavant, ces appareils étaient conçus à partir d’un moulage du membre du patient puis fabriqués manuellement, de manière très artisanale. Aujourd’hui, la profession s’est transformée et numérisée. Les orthopédistes utilisent des scanners numériques plus précis, l’usinage et l’impression 3D. Les apports de cette dernière sont indiscutables pour l’orthopédiste. « Il est possible de faire en ½ journée ou 1 journée de travail ce qui nous aurait pris 3 jours auparavant. L’impression 3D apporte un vrai gain en production. Elle permet d’optimiser et de personnaliser le produit. Elle offre également la possibilité d’utiliser d’autres matériaux, comme du PA 12, afin de diminuer le poids des prothèses ». Cela a été le cas pour Denis Gauthier dont la prothèse a en partie été imprimée par Chabloz Orthopédie.

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L’impression 3D lutte contre le handicap

Amputé en septembre 2013 à la suite d’un accident de moto, Denis Gauthier a été appareillé pour la première fois en juillet 2014. Durant quatre ans, il a utilisé un appareillage classique qui lui convenait « très bien ». En 2018, la société Chabloz Orthopédie lui propose toutefois une prothèse conçue sur mesure et personnalisée grâce à l’impression 3D. Une nouvelle vie s’offre à Denis Gauthier. Sa prothèse devient plus confortable, mais surtout elle a un effet bénéfique sur son bien-être. « Les patients sortent ainsi du monde où ils ont tous les mêmes prothèses. […] C’est notre prothèse ! Finalement, on oublie la prothèse. C’est comme si l’on avait une belle voiture. On s’approprie autrement la prothèse. On oublie les douleurs neurologiques », explique Denis. Les patients portent ainsi un autre regard sur eux. La vision du handicap change également. « Les personnes qui voient cette prothèse ne sont pas attirées par le handicap, mais par le jouet, par cette bête de course. Ils veulent voir ce que c’est. Ils veulent toucher. À travers cet échange, on oublie son handicap. Cela fait énormément de bien ! »

Chabloz Orthopédie a réalisé la prothèse de Denis sur une imprimante 3D Multi Jet Fusion* 4 200 de HP avec un matériau PA 12, qui a permis de réaliser un gain de poids de l’ordre de 30-40 % par rapport à une conception classique. La prothèse de Denis n’est pas une prothèse classique, il s’agit d’une prothèse myo-électrique c’est-à-dire que le patient peut la contrôler grâce à des capteurs au niveau de la peau. Celle-ci possède donc des batteries et un moteur au niveau de la main. Une complexité de plus pour la fabrication. Mais c’était sans compter sur l’impression 3D. La technologie a permis « de créer un effet miroir, c’est un dire un volume corporel identique, de personnaliser la prothèse comme le patient le souhaite, mais aussi d’anticiper tout l’encastrement électronique », nous explique Marc Souply.

Rencontre avec Denis Gauthier à l'occasion du 3D Print

Contenu Encadré

*Fonctionnement du procédé d’impression 3D Multi Jet Fusion

Le procédé Multi Jet Fusion est similaire à la technique d'impression par projection de liant ou Binder Jetting qui fonctionne en déposant un liant sur une poudre. Il a toutefois la spécificité de combiner un agent liant pour fusionner la poudre et un agent spécifique, dit « détaillant », pour lisser la surface. L'objet est ainsi imprimé couche par couche dans le bac de poudre : l’agent liant est déposé sur la couche de matériau là où les particules doivent être fusionnées ; ensuite, un second agent liquide est déposé pour fusionner et créer la pièce ; enfin, chaque couche de matériau est chauffée afin de faire réagir les agents liants et le matériau pour créer la pièce.

Plus d’informations sur le procédé d’impression 3D Multi Jet Fusion.

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