Magazine Lundi 8 juin 2020 - 09:18

Bpifrance accompagne les entreprises innovantes

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Émilie Garcia, responsable Domaine Écotechnologies à la direction des filières industrielles de Bpifrance, décrypte sur A3DM Magazine les financements pour accompagner les entreprises en innovation. En pleine crise sanitaire du Covid-19, elle revient également sur le plan d’action d’urgences aux entreprises auquel participe Bpifrance.

Bpifrance, Banque Publique d’Investissement, accompagne les entreprises et offre un continuum de financement, depuis l’amorçage jusqu’au développement industriel. Elle est, par exemple, le principal opérateur des financements du « Programme d'Investissements d'Avenir » (PIA) pour les start-up, les PME ou encore les ETI françaises. Elle a mis en place des outils et aides pour les entreprises qui interviennent sur différents secteurs liés à l’innovation technologique et environnementale, en octroyant des prêts à l’innovation, des subventions ou encore des avances remboursables. Aujourd’hui, dans le contexte actuel de crise sanitaire du coronavirus Covid-19, elle soutient les entreprises dont l’activité est impactée avec des mesures telles que le « Prêt Garanti État » (en complément des banques), le « Prêt Rebond » ou le « Prêt Atout ». A3DM Magazine a rencontré Émilie Garcia, responsable Domaine Écotechnologies à la direction des filières industrielles de Bpifrance, pour découvrir les aides de financement auxquelles peuvent souscrire les sociétés et industries des secteurs de la fabrication additive et de l’impression 3D.

Bpifrance a mis en place un plan de soutien d’urgences aux entreprises. Quel est le plan d’action pour les entreprises impactées ?

Avec la crise, de nombreuses entreprises sont à l’arrêt. Leurs chiffres d’affaires chutent. Pour répondre au besoin de trésorerie à court-terme des entreprises, plusieurs mesures ont été mises en place. L’État, aux côtés de l’ensemble des réseaux professionnels des banques membres de la Fédération bancaire française et de Bpifrance, a lancé un dispositif inédit, le « Prêt Garanti par l’État » (PGE). Pour accéder à celui-ci, l’entrepreneur doit définir sa nouvelle stratégie financière, son nouveau plan de trésorerie à 12 mois (avec un focus sur les six premiers mois), puis contacter sa banque pour demander le prêt. Ce prêt est garanti jusqu’à 90 % par l’État, garantie dont Bpifrance est l’opérateur. L’entreprise a la possibilité d’emprunter à hauteur de 25 % de son chiffre d’affaires, ou pour les entreprises innovantes, jusqu’à deux fois la masse salariale française en 2019. D’autres outils ont été mis en place par Bpifrance : le « Prêt Rebond » et le « Prêt Atout », qui sont cumulables au PGE, ainsi qu’un « PGE Innovation » pour les start-up, distribué directement par Bpifrance. En plus de ces mesures, les start-up bénéficieront de mesures spécifiques comme le « French Tech Bridge », permettant de financer des bridges entre deux levées de fonds. Bpifrance essaie d’être le plus réactif possible pour mettre en place des outils adaptés à la situation exceptionnelle. Notre priorité est d’aider les entreprises à tenir les prochains mois.

Les programmes en cours comme le « Programme d’Investissements d'Avenir » (PIA) sont-ils à l’arrêt ?

Les dispositifs sont toujours ouverts. Nous en sommes au PIA3 et les discussions sont en cours avec le Secrétariat général pour l’investissement pour le PIA4 . Le dispositif « Concours Innovation – i-Nov » se déroule comme prévu, avec une clôture le 12 mai. Les thématiques de cette 5e édition seront reconduites au second semestre, pour laisser le temps, au vu du contexte actuel, aux porteurs qui souhaitent y candidater. Les nouvelles thématiques de la 6e édition sont en cours de définition. Le programme collaboratif PSPC est pour le moment en stand-by. Autre point important concernant les aides à l’innovation du PIA3 (dispositifs FUI, Concours i-Nov, PSPC), nous mettons en place une souplesse pour pouvoir verser l’argent plus tôt que prévu. Les partenaires peuvent donc demander des versements anticipés.

Après la crise, les difficultés économiques et les problèmes de liquidités seront-ils des freins pour les entreprises des secteurs de l’innovation ?

Nous sommes conscients, et le gouvernement est conscient, que l’innovation va être un élément clé de la relance économique. Je n’ai pas de vision sur l’avenir, les discussions sur le plan de relance sont en cours. Après la crise, il y aura des actions concrètes pour financer l’innovation. 

Concernant l’achat de matériels ou de machines, les entreprises pourront-elles recevoir des aides ?

Les entreprises peuvent contacter directement leur banque pour des prêts. Bpifrance peut aider avec le « Prêt UIMM French Fab ». L’entreprise doit toutefois être en capacité d’acheter la machine. 

La relocalisation de la production, l’autonomie industrielle... sont des thématiques très débattues depuis le début de la crise. La fabrication additive et l’impression 3D ont montré leurs avantages en rapidité et agilité. Que pensez-vous de cela ?

La fabrication additive est une technologie pertinente qui apporte beaucoup d’avantages que vous connaissez. Nous avons financé de nombreux projets dans ce domaine. Aujourd’hui, en situation de crise, nous voyons clairement les avantages que la technologie apporte, que ce soit en termes de réactivité ou de relocalisation de production. Des initiatives ont permis de réaliser des masques respiratoires et autres dispositifs. La crise aura permis à certains industriels de connaître la technologie et de l’appréhender. De plus en plus d’industriels vont découvrir les machines et leur fonctionnement. La formation sera un élément clé pour cela, car toutes les machines ne fonctionnent pas en appuyant simplement sur un bouton « on/off », même si les technologies FDM sont accessibles. Nous avons l’espoir que la technologie va pouvoir se développer au sein des entreprises.

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