Magazine Mercredi 8 décembre 2021 - 21:31

La fabrication additive dans les industries créatives

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La créativité décrit, de manière générale, la capacité d’un individu ou d’un groupe à imaginer ou construire un concept neuf, un objet nouveau ou à découvrir une solution originale à un problème. Si toutes les industries sont (plus ou moins) créatives, l’ « industrie créative » englobe principalement les activités de production culturelle ou artistique. Des activités auxquelles la fabrication additive a apporté sa touche d’innovation.

Depuis plus de 20 ans, la fabrication additive aide les concepteurs créatifs, les médecins et les ingénieurs à concevoir des produits personnalisés, des outils sur mesure, des composants à géométrie complexe..., de nombreuses pièces impossibles à fabriquer avec les technologies traditionnelles. Les technologies additives et les pièces 3D ont trouvé leurs modèles économiques. Ainsi, les entrepreneurs et les industriels veulent concevoir et produire leurs pièces rapidement. Ils souhaitent que celles-ci soient légères, mais aussi solides et durables. Ils aiment que leurs pièces soient personnalisées. Toutes ces innovations sont rendues possibles grâce à la fabrication additive. Les exemples sont presque infinis. Les structures trabéculaires personnalisées favorisent la croissance osseuse dans les prothèses de hanche, de genou, d’épaule ou encore de cheville, ainsi que dans les implants rachidiens. Le polyétheréthercétone (PEEK), un polymère spécial hautement résistant remplace le titane pour des cages chirurgicales. Les structures poreuses ne peuvent être produites sans la fabrication additive. Dans les systèmes de refroidissement de précision, dont la répartition de la température et la dissipation thermique associée ont été sensiblement plus homogénéisées. Des charnières sont spécialement conçues pour être produites avec la fabrication additive en une seule pièce, sans assemblage, conservant la forme et la fonction d’une charnière classique. Il y a aussi les conceptions d’antennes innovantes avec des structures complexes, les pièces topologiquement optimisées. La créativité offerte par la fabrication additive, appliquée aux principales industries comme la santé, l’aéronautique ou encore l’automobile, a déjà fait ses preuves. Qu’en est-il des industries créatives ?

Du cinéma au théâtre, de la publicité à l’art, de l’architecture au bâtiment, de l’alimentation à la mode, des biens de consommation aux jouets, la fabrication additive ne se limite pas à des secteurs particuliers. Nous avons régulièrement traité, dans A3DM Magazine, des industries porteuses des technologies d’impression 3D, et notamment de l’aérospatiale, de l’automobile et du médical. Mais les industries dites « créatives » sont également friandes des nouvelles technologies, notamment lorsque celles-ci peuvent révolutionner le secteur. Les industries créatives sont définies par l’Unesco comme étant des industries qui touchent à la fois la création, la production et la commercialisation de contenus créatifs de nature culturelle et immatérielle. Les contenus sont généralement. protégés par des droits d’auteur et ils peuvent s’apparenter à un bien ou à un service.

La fabrication additive monte sur scène

La France, les États-Unis et le Royaume-Uni ont joué différents rôles dans l’invention et le développement du cinéma. Nous pouvons, entre autres, citer Émile Reynaud et les frères Lumière qui ont développé les efforts de Thomas Edison et de William Kennedy Laurie Dickson, ou encore Georges Méliès. Le cinéma fait rêver ! Surtout lorsqu’il s’agit de représenter à l’écran l’innovation et les inventions de créateurs de génie, comme dans le film Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès, sorti en 1902, avec de gros télescopes, un vaisseau spatial en forme de grosse balle ou les paysages lunaires. Ce film a pu être réalisé grâce aux artisans qui ont travaillé des jours pour imaginer et concevoir les instruments et décors nécessaires en bois, en carton ou encore en métal. Et si, à cette époque, ces ingénieurs avaient eu accès à la fabrication additive ?

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Ce n’est que quelques années plus tard qu’une immense scénographie apparaît. Bien que le terme « kolossal » soit un mélange de langue française et allemande, c’est à Turin, en Italie, que l’historique « Cabiria » a eu lieu. Cabiria est un film réalisé en 1914 par Giovanni Pastrone, et basé sur le roman Carthage en flammes d’Emilio Salgari. Œuvre majeure de l'histoire du cinéma, il se caractérise par l'ampleur de ses décors (voir photo ci-contre) et par une scénographie reproduisant les intérieurs des palais d’Asdrubale et de Siface, les extérieurs des murs de Cirta et le temple de Moloch. À cette époque, les décors étaient construits en papier mâché, en plâtre, en bois ou en métal. Et aujourd’hui, qu’en serait-il ?

Il est intéressant de noter que la fabrication additive s’est développée au même moment que la réalité virtuelle. Le cinéma est un secteur particulier où le virtuel, les effets spéciaux et la réalité se mêlent et se confondent. Toutefois, dans de nombreux cas, il est encore possible de distinguer le réel du virtuel. Malgré ou grâce aux technologies numériques, l’impression 3D a donc su s’imposer au sein du monde du cinéma. Elle joue maintenant un rôle clé en remplaçant les moulages ou les moules en plâtre (largement utilisés jusqu’aux années 1990) par des maquettes en polymères ou en résines. C’est également le cas dans la création des costumes comme ceux de « Black Panther », dans le film de super-héros du même nom, basé sur les Marvel Comics et distribué par Walt Disney.

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En 2019, Black Panther a remporté l’Oscar de la meilleure conception de costumes pour le travail incroyable de Ruth Carter qui a utilisé la fabrication additive.

Studios Motion Pictures. En 2019, Black Panther a remporté l’Oscar de la meilleure conception de costumes pour le travail incroyable de Ruth Carter qui a utilisé la fabrication additive pour créer le look de la reine Ramonda, mélange de culture africaine traditionnelle et de design high-tech. La France aussi possède ses talents cinéastes et touche-à-tout. Dark Cell, un court métrage de science-fiction à venir, écrite et réalisée par Jean-Michel Tari, raconte l’histoire de deux détenus d’une prison orbitale. Pour réaliser ce huis clos, Jean-Michel Tari a imprimé une grande partie de ses décors et des accessoires (lire l’encadré).

Les films d’animation connaissent également une forte application des technologies de fabrication additive. Par exemple, Laika Entertainment est un studio d’animation américain connu pour ses longs métrages : Coraline (2009), L’Étrange Pouvoir de Norman (2012), Les Boxtrolls (2014), Kubo et l’Armure magique (2016) ou Monsieur Link (2019). La société utilise l’impression 3D pour créer ses personnages animés, transformant l’art séculaire de l’animation en stop-motion. Elle utilise une machine Stratasys J750 PolyJet afin d’imprimer des pièces en couleur et en texture. Pour Monsieur Link, la société d’animation a imprimé en 3D plus de 300 000 pièces sur l’imprimante 3D Stratasys, allant des expressions faciales des personnages à de nombreux éléments de décor (voir la photo d'ouverture). Il en résulte des pièces avec un aspect, une sensation et un fonctionnement inégalés.

La fabrication additive s’affiche

Dans le domaine du marketing, la fabrication additive permet de traduire plus facilement des idées et des concepts en réalité. La technologie offre un outil puissant et innovant pour le secteur du marketing, allant du prototypage au lancement de produit, en passant par le packaging. Un exemple original est celui réalisé par Coca-Cola Israël qui, à l’occasion du lancement de ses nouvelles mini-bouteilles, a imaginé le concours « Coca-Cola Mini Me 3D Printing ». À l'aide d'une application mobile, les clients de Coca-Cola ont eu la possibilité de concevoir des modèles numériques 3D d’eux-mêmes dont ils devaient prendre soin – les nourrir, les habiller... –, comme dans le jeu Tamagotchi. Les gagnants ont été récompensés par un voyage à l'usine Coca-Cola, où ils ont pu imprimer en 3D leur personnage.

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