Magazine Mercredi 30 juin 2021 - 18:30

Les femmes dans les sciences et technologies, le futur de l'industrie ?

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La place des femmes au sein de l’industrie reste faible et les freins auxquels elles font face sont nombreux. Pourtant, redynamiser les filières scientifiques grâce aux femmes est un outil politique et académique. C’est aussi un choix...

Dans un contexte de révolution numérique et écologique, doublée d’une crise sanitaire sans précédent, l’Europe pose des choix technologiques et prend des risques pour faire émerger de nouveaux champions. Elle entend assurer un continuum entre l’idée, la création de valeur et l’impact, et devenir la championne de l’innovation de rupture ! 

Rappelons le sens donné à cette expression par son inventeur, Clayton Christensen, professeur à la Harvard Business School et éminent théoricien du management. Il qualifie de « rupture » tout changement profond dans un environnement qui redéfinit les règles du jeu. Un sujet des plus actuels ! Il s’agit donc pour l’Europe en général, et la France en particulier, de faciliter le passage de la recherche fondamentale à son transfert dans l’économie. Pour augmenter les chances de réussite, de nouveaux financements à l’innovation sont accessibles, par exemple, via l’agence franco-allemande Joint European Disruptive Initiative (JEDI) – un acronyme inspirant ! – créée sur le modèle de la DARPA américaine. Doté d’un milliard d’euros par an, ce collectif de quatre-vingts grands groupes et organismes de recherche vise à structurer la capacité d’innovation de l’Europe dans des secteurs aussi stratégiques que l’hydrogène, la cybersécurité, la physique quantique, la conquête spatiale, etc. 

Des choix politiques sont nécessaires afin de redynamiser les flux vers les filières scientifiques. Des solutions existent, comme l’augmentation du nombre d’élèves diplômés de fin d’études secondaires, la diminution des sorties sans qualifications et de l’illettrisme, le développement de la formation tout au long de la vie…, mais aussi l’augmentation d’au moins 15 % des flux vers les études scientifiques et technologiques (S&T) et la réduction du déséquilibre homme/femme dans ces domaines. 

Quelle place occupent les femmes dans les sciences & technologies en Europe et en France ? 

Selon la direction générale de la Commission européenne chargée de l’information statistique à l’échelle communautaire, Eurostat, l’Union européenne (alors à 27 membres) comptait, en 2019, plus de 6,3 millions de femmes dans le domaine des sciences et de l’ingénierie, soit environ 41 % de l’emploi total. Ce chiffre connaît, cependant, de fortes disparités d’un pays à l’autre. Ainsi, les femmes sont majoritaires dans des pays comme la Norvège (55 %), la Lituanie (55 %) et le Danemark (52 %), alors que la part peut chuter au tiers (et même en dessous) en Allemagne (33 %), en Finlande (31 %) et au Luxembourg (28 %).

Les filières technologiques en France connaissent une féminisation lente mais constante.

La France se situe, quant à elle, dans la moyenne de l’Union européenne, avec près de 42  % de femmes scientifiques et ingénieurs en 2019. Sur une échelle plus « macro », la proportion diffère également beaucoup selon les régions. En France, la représentation des femmes va de 33 % en Pays de la Loire à 49 % en Normandie. L’Île-de-France se situe juste en dessous de la moyenne nationale (environ 40 %). 

En revanche, les chiffres de la représentation féminine chutent drastiquement dans les filières technologiques, à 23,4 % en France pour une moyenne européenne d’à peine 20,1 %. La France connaît néanmoins une féminisation lente, mais constante, avec par exemple une augmentation de huit points de la part des filles parmi l’effectif des élèves ingénieurs entre 1990 et 2016, passant de 19,9  % à 28  %. Mais leur proportion stagne depuis 2011 ! 

Pourquoi ce décalage entre les genres dans la tech ? 

Sans doute en raison des stéréotypes attribués à certaines filières, les filles ne vont pas spontanément vers les formations scientifiques et technologiques dites « masculines ». Elles doutent de leurs capacités à s’intégrer dans des formations où les garçons sont plus nombreux, et elles s’autocensurent. Dans l’enseignement supérieur, c’est dans les BTS et les DUT que le poids des stéréotypes est le plus accentué. Même si les sections de techniciens supérieurs de production voient arriver de plus en plus de filles, elles ne sont toujours qu’à peine un quart dans ces filières courtes. D’une manière générale, les filles se dirigent vers les filières du soin et des services, et les garçons vers les formations davantage en lien avec la production et les machines.

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