Magazine Lundi 10 février 2020 - 21:15

Imprimez votre futur en Nouvelle-Aquitaine

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La fabrication additive est un secteur en développement depuis bientôt quarante ans. Ces dernières années, la synergie s’est accélérée, comme en Région Nouvelle-Aquitaine. Des opportunités d’applications de la technologie dans de multiples secteurs industriels doivent encore être impulsées. De nombreux acteurs néo-aquitains s’engagent pour construire l’usine du futur et mener la transition numérique. Focus sur la Nouvelle-Aquitaine !

La Région Nouvelle-Aquitaine représente un grand nombre de centres technologiques et d’industries, d’ingénieurs et de techniciens, de chercheurs et d’enseignants, de doctorants et de post-doctorants, couvrant presque la totalité des secteurs industriels. Depuis 2014, la Région se mobilise, au travers du programme « Usine du futur », pour connaître les besoins des industriels et des entrepreneurs souhaitant améliorer leurs performances et/ou étant à la recherche d’un nouveau modèle de développement. À l’issue d’un diagnostic des nécessités en termes de technologie, d’organisation, de formation et de conditions de travail, la Région a relevé un besoin d’accompagnement spécifique dans le domaine de la fabrication additive. Elle a alors lancé FA-NA-BOOST, une action collective autour de la fabrication additive qui s’adresse aux entreprises régionales.

Un coup de boost de la région

De la fabrication numérique est née l’usine du futur

La Région Nouvelle-Aquitaine a une vision prometteuse de l’usine française de demain. Elle souhaite ainsi accompagner les entreprises de son territoire vers cette transition, celle de l’industrie durable, numérique et connectée. La « Plateforme d’accélération de l’Usine du futur » a été lancée dans ce but :

  • améliorer la lisibilité et l’accès aux dispositifs d’accompagnement régionaux ;
  • accompagner et conseiller les entreprises au plus près de leurs besoins ;
  • et aligner les moyens mis en œuvre avec les besoins des entreprises.

Le parcours « Fabrication additive » est un des programmes d’accompagnement « Usine du futur » proposés par la Région Nouvelle-Aquitaine et le CETIM (Centre technique des industries mécaniques), avec le soutien de la CCI Nouvelle-Aquitaine. Les objectifs sont les suivants.

  • Réaliser un état des lieux pour mesurer l’intérêt d’intégrer la fabrication additive dans l’entreprise.
  • Analyser son impact sur la stratégie, l’organisation et les compétences en interne.
  • Identifier le procédé le mieux adapté (technologie-matériau).
  • Orienter vers un accompagnement pour la mise en œuvre de manière opérationnelle.
  • Mettre en réseau et animer la communauté « Fabrication Additive ».

Un projet régional et collectif

Plusieurs phases s’enchaînent pour parcourir l’ensemble du programme « Fabrication additive ». La Région Nouvelle-Aquitaine, le CETIM et les CCI financent la première étape : l’étude de faisabilité. Si celle-ci est concluante, l’entreprise choisit un consultant parmi ceux sélectionnés par le comité de pilotage pour un accompagnement individuel de quatre jours sur site qui seront suivis de quatre jours de formation collective en atelier avec des spécialistes de la technologie. Après subvention de la Région Nouvelle-Aquitaine, il restera à charge, pour cette deuxième phase, 2 800 € HT pour l’entreprise. Pour conclure ce programme, l’entreprise pourra conduire, avec des partenaires techniques, des études pour valider son choix technologique à travers des Proof Of Concept (POC).

Le groupe Potez, constructeur aéronautique dans le Sud-Ouest, a acquis et installé une imprimante 3D Fortus 450mc de Stratasys. La fabrication additive polymère a permis à la société néo-aquitaine le développement de l'outillage rapide et la mise en place d’un programme d’amélioration continue. Après la fabrication d’outils, la société projette d’utiliser la technologie à d’autres fins. Elle s’est également engagée dans le programme FA-NA-BOOST pour découvrir la fabrication additive métal… et franchit une nouvelle étape.

Accompagnant la Région Nouvelle-Aquitaine dans cette démarche de sensibilisation à la fabrication additive, la CCI de votre territoire est à votre disposition pour répondre aux différentes questions. Les centres technologiques et les plateformes régionales offrent, quant à eux, leurs compétences et leurs savoir-faire technologiques. Un engagement collectif pour la région !

Tour d’horizon des centres et plateformes régionales

Six plateformes en une

À l’initiative du pôle de compétitivité Aerospace Valley, six plateformes technologiques spécialisées dans la fabrication additive métallique d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine ont décidé de se rapprocher pour créer AddimAlliance. Cette dernière offre aux acteurs régionaux une mise en commun des actions, des programmes de recherche et des investissements dans le but de mieux valoriser leurs compétences, leurs équipements et leurs effectifs de recherche auprès des industriels : PME, ETI et bureaux d’étude des grands groupes.

Lancée en octobre 2019, la plateforme AddimAlliance possède un parc machines très complet d’une dizaine d’imprimantes 3D SLM (fusion sélective par laser), EBM (fusion par faisceau d’électrons) ou DED (dépôt sous énergie dirigée), administré par une centaine de chercheurs. Elle compte parmi ses clients de grands noms tels qu’Airbus, Total, Naval Group, le CEA ou encore Alstom. Ses équipes et ses moyens offrent une belle opportunité aux acteurs régionaux qui peuvent profiter, en un coup, du regroupement de six plateformes : les deux plateformes toulousaines de l’Institut Clément Ader et de l’IRT Saint-Exupéry, Prod3D, basée à Montpellier, celle de l’École d’ingénieurs de Tarbes, CEF3D, et les plateformes néo-aquitaines FuturProd, située à Bordeaux, et l’Addimadour, au sein de l’Estia à Bayonne.

La recherche en fusion sélective par laser

Implantée sur le campus de l’ENSAM à Bordeaux, la plateforme FuturProd travaille sur la technologie de fusion sélective par laser (SLM). Elle regroupe l’I2M, le CNRS, les Arts et Métiers ParisTech, l’université de Bordeaux et l’INP-INRA. Elle s’est spécialisée dans le développement de méthodologies pour la conception optimisée, l’optimisation des procédés et la compréhension des phénomènes physiques liés au procédé, le post-traitement des pièces (métallurgie, traitements de surface), ainsi que la durabilité, les comportements mécaniques (statique, fatigue, choc), la corrosion et la corrosion sous contrainte des matériaux obtenus par fabrication additive.

Le transfert de technologie

Installée à la Technicité de l’ESTIA à Bayonne, Addimadour est une plateforme d’innovation et de transfert de technologie dédiée à la fabrication additive métallique. En 2014, à la demande d’entreprises privées, l’ESTIA et l’agglomération Côte Basque - Adour se sont intéressées à la création d’une plateforme de fabrication additive métallique de pièces de grande taille. En 2016, après plusieurs mois d’analyse technologique et de recherche de financements, des contacts ont été pris avec BeAM, un constructeur français de machines de fabrication additive par dépôt de poudres métalliques (DED). Le 19 mai 2017, la plateforme Addimadour était inaugurée avec de passionnants objectifs.

  • Concrétiser les projets de concepts industriels pour des pièces de grandes dimensions.
  • Accompagner les entreprises dans leurs projets de fabrication additive métallique.
  • Présenter les projets aux entreprises.
  • Développer les connaissances dans le domaine de la fabrication additive métallique.
  • Former de futurs ingénieurs.
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Une région en mouvement

Les centres et les plateformes technologiques sont devenus incontournables pour le développement industriel de la Nouvelle-Aquitaine. Comme nous le montre la carte ci-dessus, de nombreux acteurs de la région apportent une offre variée pour accompagner les industriels vers « industrie 4.0 » et la transition numérique. Nous aurions également pu présenter la plateforme de transfert de technologie CANOE, un centre technique en matériaux composites disposant de quatre centres technologiques sur les sites de Cheminnov et Bersol à Pessac (33), ainsi qu’à Pau et Lacq (64), le CTTC, centre de transfert de technologies céramiques, ou encore Alphanov, centre technologique optique et laser. Ensemble, ils animent la région et s’investissent dans le développement de la fabrication additive.

De belles réussites néo-aquitaines

De l’impression 3D métal grand format de LAAM

Peut-on parler de fabrication additive métal en Région Nouvelle-Aquitaine sans aborder les pièces de LAAM ? LISI AEROSPACE Additive Manufacturing (LAAM) est l’entité du groupe LISI dédiée aux technologies d’impression 3D métal. Elle a co-conçu, avec Thales Alenia Space, de grands supports de roues de réaction pour la nouvelle plate-forme Spacebus Neo. Le premier lot se composait de seize pièces imprimées sur une machine Concept Laser Xline 2000R, deux par deux, dans une chambre d’impression de 800 x 400 x 500 mm, en utilisant la technologie de fusion métallique sur lit de poudre. Cette application est extrêmement intéressante, tant par la taille des pièces imprimées que par les gains obtenus. La fabrication additive a ainsi permis de réaliser des économies tant en termes de coûts, avec une réduction d’environ 10 %, qu’en termes de planning, avec un gain d’un à deux mois sur le planning de fabrication, ou de poids, avec une baisse de la masse de 30 %. Elle a enfin apporté une nette amélioration des performances des pièces.

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Réaliser les projets irréalisables

Voici le leitmotiv des cofondateurs de la société DL Additive : Marc et Raphaël Darmon. Située dans le bassin bordelais, celle-ci profite du développement des nouvelles technologies, dont la fabrication additive, pour offrir à ses clients une nouvelle vision industrielle à travers des manières de concevoir innovantes. À l’inverse de certains dires, les deux entrepreneurs sont conscients des enjeux et difficultés qui entourent les technologies additives. « Nous sommes encore loin du plug and print qui permettrait d’imprimer en 3D des pièces de qualité en branchant simplement son ordinateur. En réalité, ce n’est pas si simple. La fabrication additive nécessite une aptitude à scanner, dessiner et modéliser une pièce afin de créer un fichier 3D. Ce sont des prérequis indispensables à toute impression 3D », expliquent-ils. C’est pourquoi, ils mettent leurs savoir-faire au service des industries les plus exigeantes, comme le prouve leur collaboration avec MI²LTON, une start-up néo-aquitaine, développant une gamme de drones destinée au secteur de la défense et de la sécurité. 

La fabrication additive chez les fondeurs

Ventana Arudy est une entreprise du groupe Ventana, experte dans le domaine de la fonderie sable de précision et engagée dans une voie innovante. Souhaitant réduire la pénibilité des tâches et son impact environnemental, en plus de devenir une entreprise interconnectée et agile par le numérique, elle est rentrée dans une démarche de transformation numérique. Sa feuille de route « Industrie du futur », qui s’est étalée de 2014 à 2020, a permis l’introduction de la fabrication additive dans le procédé de production, une digitalisation de sa chaîne de valeurs et une démarche collaborative avec des partenaires industriels et régionaux. Une belle réussite, se félicite Gérard Russo, le président de Ventana. « En réalisant certaines parties des moules de nos pièces en impression 3D, nous avons divisé nos temps de développement par quatre et nos coûts d’industrialisation par deux. » 

« Usine Campus Fabrication Additive » Safran

Concluons avec un projet faramineux. En 2019, Safran a annoncé la construction de l'« Usine Campus Fabrication Additive » qui regroupera l’ensemble des moyens et des compétences du groupe en fabrication additive. Ce site verra le jour au Haillan, près de Bordeaux, proche de l’implantation historique de Safran Ceramics. Ce projet de 80 millions d’euros (68 millions a été annoncé dans le numéro 25 d’A3DM Magazine, mais le chiffre a été revisité), soutenu à hauteur de 10 % par la Région Nouvelle-Aquitaine, devrait créer 200 emplois. Le démarrage opérationnel de cette « usine campus » de 10 000 m² est prévu en 2021, pour atteindre sa capacité optimale en 2023.

Actuellement, les principaux travaux de Safran dans le domaine de la fabrication additive sont développés par une équipe spécialisée d’une vingtaine d’ingénieurs au sein du centre de R&T Safran Tech à Paris-Saclay et au sein de la plateforme collaborative Additive Factory Hub, inaugurée en décembre 2017. Leur mission est de mener des recherches (poudres, métallurgies, contrôles, simulations numériques…), mais aussi d’accompagner les sociétés du groupe dans la conception et la certification d’éléments de plus en plus nombreux et complexes, présentant le même niveau de fiabilité que leurs équivalents traditionnels. En regroupant sur un même site, en Nouvelle-Aquitaine, les activités de recherche, de développement, de prototypage et la fabrication en série de pièces, le groupe Safran se donne les moyens humains (experts, concepteurs et producteurs sur un même site pour une montée en compétence rapide) et industriels (parc machines de dernière génération) d’une accélération de la contribution de la fabrication additive sur ses produits.

A3DM Magazine analyse le secteur de la fabrication additive en France, région par région. Après la Nouvelle-Aquitaine paru dans le numéro 25, vous pourrez découvrir "l'impression 3D et la fabrication additive en région Grand Ouest", dans le numéro 26.

Contenu Encadré

Lisez la suite de la série "Focus régional"

Imprimez votre futur en Grand Ouest

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