Magazine Lundi 18 janvier 2021 - 15:00

Rencontre avec Jérémy Adam, fondateur de Bone 3D et docteur en biomécanique

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La société Bone 3D est une start-up française qui utilise l’impression 3D pour concrétiser et industrialiser les idées des médecins. A3DM Magazine a rencontré son fondateur, Jérémy Adam, pour qui « l’idée est de cristalliser le savoir-faire des médecins et de faire avancer la médecine ».

Jérémy Adam est le fondateur de Bone 3D, une start-up parisienne de la medtech qui conçoit et produit des dispositifs médicaux et des simulateurs de chirurgie en utilisant les technologies de scan, de planification et d’impression 3D. Il est également docteur en biomécanique après la réalisation d’une thèse à l’École nationale des arts et métiers, dans le développement de solutions personnalisées et de reconstruction maxillo-faciale. En parallèle de ses travaux de recherche, il expérimente l’impression dans le secteur médical chez Materialise.

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Bone 3D a installé deux imprimantes 3D Polyjet – une Stratasys J750 et une J850 – dans la région strasbourgeoise.

Durant trois ans, Jérémy Adam rencontre un grand nombre de chirurgiens avec de nombreuses idées et des projets auxquels la fabrication additive pourrait apporter une solution. Malheureusement, ou heureusement pour la suite de son aventure personnelle, Jérémy Adam se retrouve confronté à des refus de la part de sa direction. C’est ainsi qu’à la fin de sa thèse, en avril 2018, le néo-docteur se lance dans l’aventure entrepreneuriale. En 2018, Jérémy Adam crée la société Bone 3D avec trois chirurgiens, qui deviennent actionnaires. Avec son équipe, il lance les premières innovations et dépose les brevets. La société Bone 3D réalise immédiatement du chiffre d’affaires avec des projets dans des dispositifs médicaux de classe 1 « viables, crédibles et rentables », nous explique le fondateur. Se crée une émulsion née de la symbiose entre la théorie et la pratique, la médecine et l’industrie, les médecins et Bone 3D. Parmi les premiers dispositifs développés, la start-up, accompagnée d’un neurochirurgien, pose la base des simulateurs de chirurgie imprimés en 3D multi-matière, c’est-à-dire avec des zones dures, très dures, molles, etc., offrant un bon retour sensoriel au chirurgien qui pratique un acte sur le modèle. Bone 3D a également développé, avec l’École nationale des arts et métiers, un modèle de chirurgie bucco-dentaire avec la gencive, les dents, l’os spongieux, les nerfs, les veines, etc. Ce modèle est travaillé d’un point de vue mécanique pour redonner les mêmes sensations à la découpe, au perçage ou encore à la suture. Il est imprimé sur mesure et offre donc la possibilité de le personnaliser pour créer un exercice pédagogique, c’est-à-dire avec une tumeur à disséquer ou encore un corps étranger à enlever. « Ces simulateurs de chirurgie, standards ou personnalisés, ont été vendus dans toutes les universités parisiennes, à Strasbourg, à Marseille, à Caen... et quelques universités internationales, en Suisse par exemple, hôpitaux et fabricants de dispositifs médicaux pour présenter leurs produits. »

En 2019, Bone 3D étend le nombre de produits qu’elle propose pour les dispositifs médicaux et les simulateurs de chirurgie. Puis, quelques mois avant la crise sanitaire de la Covid-19 et le confinement sur le territoire français, la société lève 1,4 million d’euros auprès d’un fonds composé de Carrot Capital et d’actionnaires privés. Malgré la situation, la société arrive à continuer son développement. Elle est notamment au cœur du projet de la ferme d’imprimantes 3D constituée au sein de l’AP-HP. Déjà en contact avec plusieurs chirurgiens de l’AP-HP, elle est au cœur de la plus grande structure d’impression 3D médicale d’Europe, équipée de 60 imprimantes professionnelles FDM. « Dans ce projet, Bone 3D a créé la plateforme et sélectionné les machines en fonction des besoins. Ces imprimantes 3D sont opérées par du personnel Bone 3D en collaboration avec le personnel de l’hôpital. » Ce parc machines permet aux hôpitaux de Paris de disposer de leur propre outil de fabrication, nécessaire aux soignants et essentiel pour lutter contre le manque de dispositifs médicaux dû à la crise de la Covid-19. « Ces plateformes peuvent ainsi répondre à des besoins immédiats de simulateurs et au développement des innovations. Elles peuvent fournir du matériel médical lorsque les fournisseurs sont en défaut, comme durant la crise sanitaire, mais aussi pour des services de maintenance tels que des pièces de plomberie. Cette plateforme permet également de produire rapidement et sur place et de réaliser des économies dans de nombreux cas. Pour exemple : « Tous les hôpitaux de l’Assistance publique sont équipés de porte-télécommande et de télécommande qui permet d’appeler l’infirmière, d’incliner le lit, etc. Quand le porte-télécommande en plastique est cassé, le fabricant ne vend pas uniquement la pièce cassée. L'ensemble porte-télécommande plus télécommande coûte environ 300 euros. Alors que nous avons imprimé en 3D un modèle de porte-télécommande qui coûte 3 euros. Ce qui permet de réaliser énormément d’économies lorsque vous avez plus de 20 000 lits dans les hôpitaux », nous explique Jérémy Adam. Ce modèle de plateforme, la société Bone 3D le commercialise auprès des groupements hospitaliers à travers le monde. Elle y déploie son propre personnel sur place pour faire tourner les machines. Elle prend en charge la partie réglementaire associée aux dispositifs médicaux. Elle ne pose pas de limite technologique et offre la possibilité d’imprimer des pièces implantables avec du frittage poudre métallique, par exemple. Tout cela, Jérémy Adam, fondateur de Bone 3D, nous l’explique.

Bonjour. Commençons par parler de la ferme d’imprimantes 3D de l’AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris) et de l’Université de Paris Médecine située à l’abbaye de Port-Royal au sein de l’hôpital Cochin. Est-elle toujours en place ?

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