Magazine Mercredi 29 mai 2019 - 07:18

Comment l’Union Européenne va-t-elle soutenir l’innovation et la fabrication additive ?

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Le débat sur le nouveau budget de l’Europe a abouti à un consensus visant à augmenter le financement de la R&I, notamment au profit de la fabrication additive. L’Union européenne devrait donc continuer à investir dans les nouvelles technologies, et ce, même après la fin du programme-cadre Horizon 2020.

Le programme-cadre de recherche Horizon 2020 (2014-2020) regroupe, pour la première fois, sous une même structure, dans un seul projet, tous les programmes de recherche et d’innovation européens. Il a pour objectif de renforcer les efforts en faveur de l’emploi, de la croissance et de la compétitivité en Europe. Il s’agit du principal instrument de financement de la recherche au niveau européen couvrant la période 2014-2020. Le budget est de 77 milliards d’euros sur sept ans. Il complète le programme-cadre pour la compétitivité et l’innovation (PCI), les programmes d’éducation et de formation (LLP) et les fonds structurels. Il regroupe de nombreux projets autour des nouvelles technologies et de la fabrication additive (que vous pouvez retrouver dans l’article « Les projets européens en fabrication additive » sur le site Internet www.a3dm-magazine.com).

Comment les pays européens ont-ils tiré profit du programme-cadre Horizon 2020 ?

Depuis plusieurs années, les pays membres de l’Union européenne tirent profit des investissements dans le programme-cadre Horizon 2020 au sein des projets de recherche et d’innovation (R&I). Ces investissements sont très largement corrélés aux financements et aux infrastructures de R&I des États membres. Depuis le début du programme, plus de 27 000 bénéficiaires ont reçu des subventions du programme-cadre Horizon 2020. Le nombre de participations a augmenté de 0,4 % par an, ce qui équivaut à 60 nouvelles participations chaque année. Chaque pays a participé en moyenne trois fois aux programmes. Le nombre total de participations a atteint un nombre record de 88 374 (au moment de la rédaction de cette article). À titre d’exemple, plus de 30 000 bénéficiaires ont reçu des subventions du septième programme, FP7 (Seventh Framework Programme), couvrant la période 2007-2013, comme nous le montre la figure 1 (page 26). Durant cette période, la France se place derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne, mais précède l’Italie. Ces pays sont également ceux qui investissent le plus en recherche et en innovation. Ils représentent 70 % des investissements de R&I en Europe. Ils abritent également plus de 60 % des scientifiques et des ingénieurs en Europe. L’étude de la Commission européenne montre ainsi qu’il existe une forte corrélation entre la participation aux programmes-cadres de l’UE et la main-d’œuvre scientifique et technique disponible dans un pays. Enfin, ces dernières années, nous avons observé une évolution des investisseurs dans le programme FP7 d’Horizon 2020 : certains États membres de l’UE ont fortement augmenté leur financement en R&I – le Luxembourg + 64,1 %, Chypre + 45,7 % et la Croatie + 45,4 % –, alors que d’autres États ont vu leurs investissements diminuer – la Hongrie - 28,3 %, le Royaume-Uni - 11,6 % et l’Allemagne - 11,2 %.

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Que va-t-il se passer après Horizon 2020 ?

Pour la Commission européenne, le soutien à la recherche et au développement a toujours joué un rôle crucial, en particulier dans le secteur de la fabrication additive. L’Union européenne finance des projets de recherche en impression 3D depuis la fin des années 1980. Les investissements se sont accélérés ces dernières années avec plus de 270 millions d’euros octroyés entre 2007 et 2018. L’Union européenne décide de ses futurs budgets à long terme dans son « cadre financier pluriannuel » tous les sept ans. Le prochain programme de recherche et d’innovation commencera, après Horizon 2020, le 1er janvier 2021. La CE recueillera les contributions du Parlement européen, des États membres, des parlements nationaux, des bénéficiaires des financements de l’UE ainsi que d’autres parties prenantes. Les discussions entre les États membres et les institutions européennes ont déclenché le débat sur le prochain budget.

Le programme-cadre Horizon 2020 sera donc suivi par Horizon Europe (2021-2027), dont le financement devrait, selon le Commissaire européen à la recherche, à l’innovation et à la science Carlos Moedas, atteindre 100 milliards d’euros. Un geste fort accordé par l’Union européenne aux secteurs de l’innovation.

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Qu’est-ce que le programme-cadre Horizon Europe ?

Avec une augmentation de budget de 1,6 fois celui de son prédécesseur, H2020, le nouveau programme de recherche européen Horizon Europe prévoit de promouvoir l’excellence de la recherche en mettant davantage l’accent sur l’innovation. Il ciblera notamment les actifs incorporels, la connaissance ou encore le transfert de technologie. En parallèle, un nouveau Conseil européen de l’innovation, créé afin de faire de l'Europe un acteur de premier plan en matière d'innovation, offrira une porte d’entrée aux entrepreneurs et aux industriels à fort potentiel d’innovation. La fabrication additive devrait donc trouver entièrement sa place au sein de ce nouveau programme. En outre, la Commission européenne prévoit d’investir dans les entreprises durables se positionnant sur le marché à travers un fonds d’investissement appelé InvestEU. Celui-ci sera géré comme une structure unique et centralisée au sein de l’UE, avec divers partenaires tels que la Banque européenne d’investissement ou les banques de développement nationales. L’UE entend ainsi conserver, en Europe, les entreprises créées grâce à l’investissement de fonds publics.

La Commission européenne propose également de mettre en place un nouveau programme numérique visant à façonner et à soutenir la transformation numérique en Europe. Les changements technologiques et la numérisation modifient nos industries, nos sociétés, nos emplois et nos carrières, ainsi que nos systèmes éducatifs et de protection sociale. En soutenant des projets stratégiques dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, les superordinateurs, la cybersécurité ou encore la numérisation industrielle, le nouveau programme contribuera à l’achèvement d’un marché unique, une priorité essentielle de l’Union. Ces investissements seront complétés par des projets numériques de recherche et d’innovation soutenus par les Fonds structurels et d’investissement européens.

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Qu’est-ce que la Smart Specialisation ?

La Commission européenne propose également de créer des investissements interrégionaux. Les régions ayant des « spécialisations intelligentes » (Smart Specialisation), telles que le Big Data, la cybersécurité ou encore la fabrication additive, bénéficieront ainsi d’un soutien accru de la part de l’Union européenne. Conçue dans le cadre de la réforme de la politique de cohésion de la Commission européenne, la Smart Specialisation est une approche territorialisée caractérisée par l’identification de domaines stratégiques d’intervention, basée à la fois sur l’analyse des forces et du potentiel de l’économie et sur un processus de découverte entrepreneuriale (PDE). Elle est tournée vers l’extérieur et englobe une vision large de l’innovation. Conçue pour maximiser la croissance et l’emploi, elle a pour objectif la mise en œuvre de stratégies de croissance à long terme soutenues par des fonds de l’Union européenne, en aidant notamment les régions à transformer leurs avantages concurrentiels en biens et services commercialisables, mais aussi en les accompagnant pour planifier et anticiper leur processus de modernisation. Elle associe également les autorités locales, les universités, les entreprises et la société civile. Plus de 120 stratégies de Smart Specialisation ont été élaborées par les États membres, appuyées par la S3-Platform.

Cette plate-forme de Smart Specialisation vise à soutenir les régions par le biais d’une coopération interrégionale et d’une participation des clusters et de l’industrie. Elle touche trois secteurs principaux : la modernisation industrielle, l'agroalimentaire et l'énergie. Le programme de modernisation industrielle S3P compte actuellement des partenariats dans seize secteurs, comprenant la fabrication de pointe, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, mais aussi la fabrication additive. L’ « Initiative Vanguard » est spécifiquement dédiée à la production haute performance, et notamment l’impression 3D. Elle a pour objectif principal de piloter le programme Vanguard 3D en accélérant l’utilisation des applications de fabrication additive par le développement industriel de plates-formes de démonstration transrégionales.

L’Union européenne vise à construire une Europe plus intelligente en promouvant une transformation économique innovante et intelligente, en renforçant la « spécialisation intelligente » et en développant la recherche appliquée, l’innovation, la diffusion et la valorisation des technologies, la numérisation et les compétences, tout en accentuant les liens avec les universités et le secteur privé. Elle financera également les investissements interrégionaux dans l’innovation par la commercialisation et l’extension de projets susceptibles de favoriser le développement des chaînes de valeurs européennes. Les prochains mois seront cruciaux pour finaliser le cadre financier pluriannuel et les approbations connexes.

Contenu Encadré

L’appel à projet Amable

Le projet européen Amable a pour objectif d'accélérer l'adoption des technologies de fabrication additive par les PME, de la conception jusqu'à la fabrication de pièces fonctionnelles, dans l'ensemble de l'Union européenne.

Référence de l’appel : AMable

Date limite de soumission : 01-06-2019

Budget estimatif : 300 000 euros

Admissibilité : PME et les entreprises de taille moyenne de l'UE

Types d’expérimentation : études de faisabilité

Expérimentation : une idée innovante pour un produit fabriqué additivement, économiquement et technologiquement viable.

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