Magazine Dimanche 16 février 2020 - 15:09

Pouvons-nous et devons-nous construire ensemble ?

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Pour déployer profitablement la fabrication additive, il faut créer la bonne alchimie entre les partenaires industriels. Sans cela, le succès sera difficile à atteindre ! Mais, pouvons-nous et devons-nous construire ensemble ?

Par Philippe Bauer, coach et expert en fabrication additive et conception mécanique chez Thales, et Louis-Romain JOLY, chef de projet innovation et recherche à la SNCF.

Ne construisons pas dans l’ignorance des compétences détenues par tous les acteurs de la chaîne industrielle. Plus que jamais, celles-ci se complètent pour faire évoluer les anciennes et les nouvelles technologies. Besoins, solutions, problèmes et succès se partagent ! Les présentations proposées au congrès APS 2020 vont nous démontrer cette efficacité du travail collaboratif : des histoires de « duos gagnants ». Mais, derrière ces belles aventures, se pose la question de la mutualisation des compétences lorsque les besoins sont très différents.

Des succès qui se partagent

Le succès, seul ou à plusieurs, commence souvent par une phase de réflexion et la construction d’un scénario original. STELIA et l’ENSAM ont imaginé une nouvelle approche volontaire de design to print, dans laquelle ils nous invitent à prendre le temps de la réflexion et le recul nécessaire pour poser un problème, sans risquer de rater son objectif. La SNCF et ANY-SHAPE ont construit, autour de la fabrication additive, une aventure industrielle ferroviaire pour des pièces de réparation ouvertement ambitieuse et soutenue par un bon casting.

La fabrication additive, c’est également la simplicité et l’efficacité industrielles ! Certains acteurs cherchent à rendre un processus robuste, comme le duo MSC et LISI, qui démontre que l’intégration de la simulation de fabrication au niveau des processus industriels nécessite l’appui fidèle de l’éditeur du logiciel. INITIAL et OPR, de leur côté, ont développé une chaîne numérique au cœur de laquelle s’inscrivent naturellement le médecin et le patient.

D’autres tentent d’emprunter des chemins de traverse. NAVAL Group et l’École centrale de Nantes défient la technologie pour aborder l’impression de pièces grand format pour la construction navale. Au même moment, THALES et ANSYS s’écartent des poncifs du moment pour ne pas s’enfermer dans une pensée unique et parfois dogmatique, et proposent de concevoir des pièces mécaniques à la manière « des charpentes métalliques ». L’équilibre est fragile entre le succès et l’échec.

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L'École centrale et NAVAL Group impriment une pâle d'hélice.

Peut-on mutualiser les différents besoins industriels ?

Les apôtres de la troisième révolution industrielle nous promettaient – il y a bientôt 10 ans – une redistribution des capacités de production grâce à la fabrication additive. Nous pouvons, ou non, convenir que la redistribution évoquée correspond à la cible. Force est de constater, notamment pour les pièces métalliques, que certaines questions et certains défis persistent : sélection de la ou des technologies les plus adaptées pour chaque pièce, principes de valeurs, qualification ou homologation, structuration du tissu industriel, etc. Certaines des réponses apportées par les développeurs de la technologie pour la fabrication de pièces nouvellement conçues ont longtemps freinées les travaux des mainteneurs.

La SNCF et le CIRTES ont entamé, conjointement, une première série de travaux pour rendre plus objective la sélection des procédés et ébaucher les grands principes d’organisation d’un écosystème industriel. Il est très vite apparu que sans une mutualisation des travaux à l’échelle de différents secteurs industriels intéressés par la maintenance, les développements resteraient embryonnaires ou extrêmement longs. Mais, une même offre ou un même bouquet d’offres peuvent-ils satisfaire les besoins d’industries aussi diverses que l’énergie (production d’électricité, pétrole & gaz), le transport (ferroviaire, naval, aéronautique, automobile) ou la métallurgie ? C’est le pari d’un consortium de neuf entreprises regroupées au sein de TEAM Henri-Fabre, avec le soutien du CIRTES et d'Inovsys. Bâtir un modèle de production intégrée à l’échelle locale, voire au-delà, impliquant des relations inédites entre fabricants, petits ou grands, et donneurs d’ordres. Est-ce réalisable ?

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Palier de barre anti-roulis ferroviare réalisé en Stratoconception métal et assemblée par brasage à la feuille.

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