Magazine Vendredi 23 mars 2018 - 12:34

Les tendances en fabrication additive pour 2018

Partagez cette news :

La révolution industrielle 2.0 s’annonce pleine de promesses, et la fabrication additive entend y jouer un rôle majeur. Cependant, les investissements sont lourds, le normatif est en gestation et le retour d’expérience encore trop discrétionnaire. Les fabricants de systèmes et les éditeurs de logiciels s’attachent donc cette année à proposer une offre globale de services pour accompagner les industriels, fiabiliser les processus et ébaucher un modèle d’usine intégrée.

En 2018, sur fond de cas d’usage très médiatisés, on assiste à un véritable coup d’accélérateur pour la fabrication additive, avec l’élaboration de solutions industrielles packagées, l‘accompagnement approuvé des institutions et des projets structurants. Le tempo s’accélère ! D’aucuns s’interrogent sur le timing à adopter­ : patienter pour exploiter des solutions matures, après que certains aient ouvert la voie et essuyé les plâtres, au risque de rester à quai, ou s’inscrire dans la dynamique ?

Le pragmatisme doit rester de mise

La culture additive bouleverse le mode de conception et impacte fortement les flux de production. Il est important de l’appréhender de manière pragmatique en se familiarisant avec les briques technologiques, l’écosystème, en jaugeant les interactions avec les procédés conventionnels afin de bien en identifier les risques comme les opportunités. Des compétences multiples sont nécessaires à une bonne maîtrise des technologies qui impactent différents services de l’entreprise. S'il est compliqué pour une PME de les mobiliser, il est aujourd’hui plus facile de solliciter les «­ sachants », d’expérimenter au travers de projets collaboratifs et d’accéder à des moyens mutualisés sur l’ensemble du territoire.

R & DT et moyens mutualisés

L’Europe occupe une place privilégiée dans le monde avec une part importante de brevets et une industrie manufacturière exportatrice. Une situation qui fournit un creuset idéal à la maturation de la fabrication additive.

Des dispositifs d’aides nationales et régionales visent à infuser la culture numérique, en favoriser l’adoption et soutenir des plans d’investissement d’avenir. La communauté s’organise donc pour partager les fondamentaux et faciliter l’accès à ces nouvelles technologies additives disruptives. En France, les instituts Carnot, les centres techniques, les IRT et les autres plates-formes mutualisées offrent un accès aux technologies via des projets de R & DT et dispensent également de la formation sur l’ensemble du territoire. L’Additive Factory Hub, récemment inauguré sur le plateau de Saclay, a quant à lui vocation à structurer la filière française en mutualisant les savoirs et les moyens d’une quinzaine de partenaires industriels et académiques.

Rendre les technologies additives abordables et plus productives, éprouver la robustesse des procédés et les simuler demeure la préoccupation partagée par tous les acteurs de la filière.

Des outils CAO et FAO à s’approprier

La boîte à outils spécifiques de l’impression 3D s’étoffe de suites logicielles qui permettent de concevoir, de simuler, d’optimiser et de calculer dans un même environnement. Cette fluidité sert tout à la fois une certaine démocratisation et la fiabilité des caractéristiques des produits.

Le projet industriel peut prendre différentes formes, selon que l’on oriente l’investissement sur l’aide à la production, sur le développement la production, sur le volume ou la cadence, la criticité, la pérennité du marché visé.

À chaque besoin son modèle économique

On peut établir un distinguo sommaire selon le découpage constructeur/prestataire. Le concepteur-fabricant intègre la technologie pour la maîtriser, produire et mettre sur le marché un produit différenciant, à forte valeur ajoutée dont il protège le savoir-faire. Pour satisfaire des besoins en série, il peut en externaliser la production auprès de prestataires de services qualifiés et gagner en souplesse. Le délestage ne sera donc qu’une obligation de moyens et donnera lieu à un transfert de compétences ciblées en manufacturing. Pour acquérir des compétences internes et les valoriser, un sous-traitant prestataire peut choisir :

  • de proposer de l’innovation produit en redesignant des systèmes plus performants et moins coûteux en frais d’exploitation pour son donneur d’ordre (ce qui suppose un partage de données en engineering pour un impact de rentabilité maximisé);
  • de gagner en productivité en intégrant l’additive manufacturing à son process afin de réduire les temps de cycle, limiter les immobilisations de stock et mieux maîtriser les flux ainsi que la logistique ;
  • d’adapter son outil à la production et à la demande.

Il reste néanmoins un dénominateur commun : valeur ajoutée et réactivité.

Efficacité et agilité

L'efficacité et l'agilité sont deux thématiques phares de l’Usine 4.0, auxquelles contribue la fabrication additive avec le contrôle in process et le monitoring. Avec les progrès de l’intelligence artificielle et la mise au point des procédés, ce sont de véritables gains en efficacité et agilité que l’on escompte à terme. L’aide à la décision sera ainsi alimentée et confortée par l’intelligence embarquée.

Un véritable atout dans le processus qualité pour prévenir les défaillances, les corriger et en assurer la traçabilité. Ce flux continu de diagnostic rendra possible la maintenance prédictive et participera à l’amélioration des conditions opérationnelles. La flexibilité en production, atout majeur des systèmes additifs, va s’enrichir d’une approche machine-outil multitâche : des machines hybrides combinant construction et usinage, d’autres combinant deux process de construction, des cellules robotisées couplant production et CND… et de grandes dimensions.

En 2018, le champ des possibles prend de l’épaisseur en fabrication additive !

Newsletter

Ne manquez plus aucune info sur la fabrication additive