News Lundi 2 décembre 2019 - 21:24

Bilan de l’édition 2019 du salon Formnext

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La grande messe de l’impression 3D a clos ses portes le vendredi 22 novembre 2019. Une nouvelle fois, le salon international Formnext a été un rendez-vous exceptionnel pour les acteurs de la fabrication additive. Cette cinquième édition affiche une forte croissance tant par le nombre d’exposants, 852 contre 632 en 2018, que par celui des visiteurs, 34 532 contre 26 919 en 2018. L’ensemble des participants était très bien réparti dans deux halls (11 et 12) du parc Messe Francfort, en Allemagne, évitant un encombrement sur les stands et dans les couloirs. Du côté de la technologie, les visiteurs ont pu découvrir de nombreux systèmes, matériaux, logiciels ou encore machines de post-traitement. Cette année, les États-Unis ont été le pays à l’honneur. Et les américains ont répondu présent avec plus de 50 exposants et une hausse de 40 % de visiteurs. La France a également été un acteur majeur de cette édition 2019. 

Intégrer la chaîne de production

Pendant quatre jours, les milliers de visiteurs du salon Formnext ont pu découvrir, de visu, de très nombreux systèmes de fabrication additive. La tendance de cette année n’aura pas été aux nouveaux procédés d’impression, mais plutôt à l’évolution des systèmes en termes de taille, de gestion de matériaux, de productivité, de coût par pièce, de connectivité et d’intégration. Notons toutefois que le fournisseur allemand EOS a présenté une nouvelle technologie FDR (Fine Detail Resolution) ainsi que des pièces imprimées avec son procédé d’impression 3D polymère – très attendu – le LaserProFusion. Aucune machine n’a toutefois été exposée. La société américaine Desktop Metal a également présenté sa nouvelle gamme d'imprimantes 3D de bureau pour des matériaux composites à fibre continue, Fiber, combinant les procédés AFP (Automated Fiber Placement) et FDM.

« Formnext est un spectacle unique au monde. Il est le seul salon dédié à la fabrication additive à réunir autant d’entreprises européennes, américaines ou encore chinoises. Le bénéfice de notre participation et les retours sur investissement sont incalculables », a commenté Haden Quinlan, directeur des programmes au Center for Additive and digital Advanced Production Technologies du Massachusetts Institute of Technology (MIT).

La France (enfin) l’un des acteurs majeurs

Pour cette cinquième édition, le voisin français s'est (enfin) déplacé comme un pays de premier plan pour le marché de la fabrication additive. Selon le vice-président du Formnext, Sascha F. Wenzler, « le Formnext 2019 a accueilli 1 310 visiteurs français (numéro 1 du classement international des visiteurs) et 39 exposants français (11 nouveaux), numéro 3 du classement international, après la Chine et les USA. ». Les sociétés françaises ont également voyagé à Francfort, en Allemagne, pour exposer leurs technologies. L’entreprise AddUp a ainsi exposé de nombreuses nouveautés dont la FormUp 200, une machine de fusion laser sur lit de poudre (Laser Beam Melting), ainsi que la FormUp 700, une version beta développée pour IREPA Laser. La filiale d’AddUp BeAM a présenté les évolutions de ses machines Modulo 400 et Modulo 250.  3DCeram Sinto a voyagé, en Allemagne, avec deux nouveaux systèmes de fabrication additive céramique stéréolithographie (SLA) : une version à visée industrielle, la C3600 Ultimate, et un modèle plus petit, la C100 Easy. La société Prodways du Groupe Gorgé a exposé ses machines P1000 X et ProMaker Resin Series. Lynxter, jeune constructeur français d'imprimantes 3D industrielles, se déplaçait pour la première fois au salon Formnext pour y présenter ses imprimantes 3D, dont la machine modulaire S600D, et plusieurs applications. La Région Nouvelle-Aquitaine a partagé son stand avec plusieurs acteurs régionaux dont VLM Robotics qui travaille sur la robotique industrielle et l’intégration d’outils avec commande numérique, mais aussi le CTTC (Centre de Transfert de Technologies Céramiques) qui mène des travaux de recherche sur la fabrication additive céramique. 

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Côté matériaux, les sociétés Aubert & Duval, Arkema, Kimya ou encore le spécialiste des nano-poudres céramiques Nanoe étaient présents pour exposer leurs nouvelles offres. Après le succès du Kimya Lab, l’industriel ARMOR a présenté la Kimya Factory. Cette solution permet à ARMOR 3D de fournir à ses partenaires industriels, en plus de ses propres matériaux, des produits imprimés et une offre de services d’impression 3D FDM/FFF. L'entreprise française est également devenue un partenaire de premier plan d’Arkema en développant conjointement un nouveau filament, le PEBA-S Kimya, fabriqué à partir de l’élastomère PEBAX. Le chimiste français Arkema intensifie, de son côté, son investissement dans l’impression 3D et innove dans de nouvelles solutions de fabrication de pièces en composite à fibres continues. Ainsi, la société s’est rapprochée de l'entreprise Continuous Composites, de la start-up 9T Labs et a inauguré en Normandie, en France, un nouveau centre dédié à l’impression 3D.

L’actualité « Machines & Équipements »

Au côté des français, les acteurs internationaux du marché de la fabrication additive, multinationales comme start-up, avaient fait le déplacement en Allemagne. Des systèmes d’impression 3D du monde entier ont été exposés. L’offre des matériaux est de plus en plus nombreuse et se développent parallèlement aux besoins des industriels. Par exemple, le cuivre, métal très utilisé dans l’industrie, atteste d'un intérêt grandissant des acteurs du secteur dont les sociétés AddUp et EOS (mais aussi Trumpf) qui présentaient des pièces imprimées en cuivre. Mais l’écosystème de la fabrication additive ne s’arrête pas aux machines et aux matériaux. Toute la chaîne de production était extrêmement bien représentée à Francfort. Ainsi les acteurs du post-traitement se rapprochent de plus en plus des fournisseurs de systèmes d’impression 3D comme Rösler devenu un partenaire important de HP pour le post-traitement de sa technologie « métal ». Toutes les suites logicielles de la conception à la gestion du flux de travail ou encore la sécurité des données ont également été au cœur de l’actualité durant ces quatre jours, du logiciel NX de Siemens, permettant des plans de simulation d’une usine, à sa plate-forme Additive Manufacturing Network, en passant par les solutions SaaS de LeoLane. Voici un panorama des machines et des équipements présentés au Formnext.

  • Stratasys a profité du salon Formnext pour exposer sa nouvelle imprimante 3D J850, à côté de ses nombreuses machines. 
  • La société 3DGence a dévoilé une nouvelle imprimante 3D, l’Industry F420
  • Les visiteurs ont eu l’opportunité de découvrir sur le stand de la société espagnole BCN3D sa machine FDM BCN3D Epsilon. 
  • FELIXprinters a exposé son imprimante 3D dédiée à la bio-impression, la FELIX BIO.
  • Lithoz a présenté sa gamme de machines CeraFab System : la S230, la S65 et la S25.
  • L’allemand Trumpf a lancé une nouvelle solution pour son imprimante 3D TruPrint 1000 qui change automatiquement les plaques de substrat. 
  • La société XJet a présenté deux imprimantes 3D : la Carmel 1400C développée pour la fabrication additive céramique et la Carmel 1400M pour le métal. La société israélienne a également annoncé sa collaboration avec le fabricant Sharon Tuvia pour tester son matériau alumine.
  • Formlabs a confirmé son engagement sur le marché médical en lançant sa nouvelle business unit, Formlabs Dental, dédiée à l’industrie dentaire, ainsi qu’une nouvelle imprimante 3D, la Form 3B.
  • Sisma s’investit également dans le secteur dentaire avec sa nouvelle machine, spécialement conçue pour les dentistes, l’Everes Vario DLP.
  • Le fabricant German RepRap a présenté ses derniers systèmes : l'imprimante 3D FDM x500pro et la L320 au procédé LAM (Liquid Additive Manufacturing).
  • Desktop Metal a révélé sa nouvelle machine utilisant le procédé Binder Jetting, la Shop System. Après la Studio System et la Production System, celle-ci a été développée pour « les impressions de moyennes séries de pièces métalliques complexes ».
  • La société américaine a également exposé Fiber, sa première gamme d'imprimantes 3D de bureau de matériaux composites à fibre continue tels que le nylon PA6 chargé ou encore de PEEK et PEKK chargés de fibres de carbone. Celles-ci combinent les procédés AFP (Automated Fiber Placement) et FDM.
  • GE Additive a présenté deux systèmes de fabrication additive métallique : l'Arcam EBM Spectra L et la Concept Laser M2 Series 5, ainsi qu'une station automatique de récupération de poudres. 
  • Essentium a dévoilé sa gamme d’imprimantes 3D au procédé d’extrusion à haute vitesse HSE (High Speed Extrusion) – 180 S LT, 180 S et 180 S HT –, ainsi qu’une nouvelle gamme de matériaux nylon haute température. 
  • En collaboration avec Siemens, CEAD a présenté sa machine robotique grand format AM Flexbot, capable d'imprimer des pièces en polymère jusqu’à 4 m x 2 m x 1,5 m. 
  • DMG Mori a exposé sa machine 5 axes LASERTEC 125 3D hybrid conçue pour imprimer et usiner des pièces pouvant mesurer 1 250 mm x 745 mm et peser jusqu’à 2 000 kg.
  • Admatec a dévoilé sa machine Admaflex 300, possédant un plateau d’impression de 200 mm x 200 mm x 300 mm, un contrôle qualité intégré et un système automatisé des matériaux.
  • Le spécialiste de l’impression 2D Xerox développe ses technologies d’impression 3D. Lors du salon Formnext, il a présenté un procédé de fabrication additive métal liquide. « Nous avons testé notre technologie 3D avec le ministère de la Défense et la NASA pour concevoir certaines des pièces les plus complexes au monde », a déclaré Naresh Shanker, directeur de la technologie chez Xerox. 
  • Le fabricant chinois Farsoon Technologies a annoncé l'installation de sa première machine FS301M chez un industriel américain du secteur aéronautique. Ce dernier devrait imprimer des pièces à partir d’un alliage de titane Ti6Al4V.
  • Autre fabricant chinois, l’entreprise Shining 3D a lancé un nouveau système de fabrication additive par fusion sur lit de poudre métallique, l’EP-M250 Pro.
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  • 3D Systems a présenté un nouveau matériau disponible sur la machine ProJet MJP 2500 Plus, le VisiJet M2S-HT90.
  • DWS et Huntsman ont conclu un partenariat pour le développement d’une nouvelle résine à base de polyuréthane, appelée « IROPRINTTM R 1801 ».
  • L’entreprise 6K a annoncé être capable de concevoir des poudres sphériques en alliage à haute entropie (HEA). Elle a aussi présenté sa nouvelle poudre Onyx In718 premium pour la fabrication additive.
  • Solvay complète sa gamme de solutions matériaux destinée à la fabrication additive par un filament en PVDF Solef. 
  • EnvisionTEC et Sartomer ont dévoilé une résine hydrosoluble, l’E-Aquasol.
  • Elkem Silicones a lancé sa gamme de silicones personnalisés pour la fabrication additive, l’AMSil. 
  • Dassault Systèmes a lancé Solidworks 2020, une nouvelle version de son portefeuille d’applications de conception et d’ingénierie en 3D. 
  • Siemens a annoncé le lancement officiel et la disponibilité d'Additive Manufacturing Network, une solution cloud pour favoriser la collaboration et l'orchestration des processus entre les ingénieurs, les acheteurs et les fournisseurs de pièces imprimées. 
  • Elle a également signé un accord pour l'acquisition d'Atlas 3D, le développeur du logiciel Sunata. Ce dernier est un software de préparation d'impression pour les procédés de frittage laser direct sur métal (DMLS). 
  • Simufact a présenté ses nouvelles solutions : Simufact Additive 2020, permettant d’améliorer la qualité des procédés de fabrication additive métal, et Simufact DED, une solution de simulation du procédé par dépôt direct d'énergie (DED).
  • La société Core Technologie a présenté sa nouvelle version de son logiciel 4D Additive. De nombreuses améliorations ont été apportées à la suite logicielle telles que la création de bouchon pour l'évidement de la poudre, de hollow ou encore de lattice, mais également des améliorations des outils comme la correction de tessellation.
  • nTopology a montré la dernière version de sa plate-forme nTop permettant aux ingénieurs de bénéficier d'un meilleur flux de travail.

L’éco de la 3D

Le secteur de la fabrication additive est en mouvement. Si les process se développent, les sociétés se structurent ou se restructurent, signent des partenariats ou fusionnent... De nombreuses mutations ont lieu à la tête de grosses entreprises avec des changements de direction, notamment autour des fournisseurs de systèmes de fabrication additive métal par fusion sur lit de poudre (SLM). Les leaders du marché investissent et rachètent des start-up ou des services bureaux. Ainsi, au début du salon, a été annoncé le rachat du service en ligne Sculpteo par BASF 3D Printing Solutions, la filiale du chimiste BASF New Business. Mais aussi… 

  • HP a fait un retour positif sur son année 2019 en faisant notamment le point sur sa technologie polymère Multi Jet Fusion. La société a annoncé « plus de 18 millions de pièces imprimées grâce à la technologie HP Multi Jet Fusion au cours des 12 derniers mois ». Elle a également présenté de nouveaux partenariats industriels et des applications inédites avec Siemens et Volkswagen, notamment autour de sa technologie "métal".
  • BEAMIT a fait l'acquisition d'un nouveau système quatre lasers SLM 500, sa troisième machine SLM achetée en 2019. 
  • Le groupe Dedienne Multiplasturgy s’est équipé d’une machine EOS P 810 pour l’impression de Kepstan PEKK renforcé de fibre de carbone d’Arkema. Il s’agit de la première imprimante 3D EOS P 810 installée en France. 
  • La société Carbon a changé de présidence. Ellen Kullman devient la nouvelle présidente et cheffe de la direction. Joseph DeSimone a été nommé président exécutif du conseil d'administration.
  • Aubert & Duval a annoncé un accord de partenariat avec la société OxMet Technologies, spécialisée dans le développement de nouveaux alliages pour pal roduction et la distribution des poudres base nickel ABD-XAM pour la fabrication additive.
  • La société autrichienne Lithoz, spécialisée dans la céramique, a présenté sa nouvelle société Incus GmbH, fournisseur de solutions de fabrication additive métallique.
  • Le Fraunhofer Project Center de l'Université de Twente a fait l’acquisition d’une machine MetalFAB1 d'Additive Industries. Il a pour objectifs principaux de qualifier de nouveaux matériaux, d'améliorer les logiciels de conception, d'accroître l'expertise en post-traitement et de perfectionner l'intégration de la technologie additive métallique dans la chaîne de production. 
  • AddUp a annoncé sa collaboration avec l'institut national de recherche en sciences et en technologies du numérique (Inria), portant sur un nouveau moteur générateur de trajectoires destiné au logiciel AddUp Manager. 
  • Royal DSM a annoncé un nouveau partenariat avec Chromatic 3D Materials et German RepRap pour développer des solutions d’impression 3D de pièces en polyuréthane. 
  • Renishaw collabore avec Sandvik Additive Manufacturing pour qualifier de nouveaux matériaux pour la fabrication additive. 
  • Le TÜV SÜD et l'ASTM International ont signé, lors du Formnext, un protocole d'accord pour accélérer l'adoption des technologies de fabrication additive.
  • SLM Solutions et Divergent 3D continuent de travailler ensemble pour améliorer l’utilisation de la fabrication additive métallique dans l’industrie automobile. Ainsi, cinq nouvelles machines de pré-production, développées conjointement pour répondre à la demande de production, devraient être installées chez le constructeur de pièces automobiles et utilisées, entre autres, sur l’Hypercar.
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  • Digital Metal, fabricant suédois d'imprimantes 3D métal à jet de liant, collabore avec Elnik Systems et DSH Technologies pour faire progresser la fabrication additive métallique.
  • Gerhard Schubert GmbH offre à ses clients la possibilité d’imprimer des pièces de format pour les machines qui automatisent la production de boissons, de produits alimentaires, pharmaceutiques et cosmétiques, de confiserie ainsi que des biens de consommation techniques, sur des machines Ultimaker.
  • PostProcess Technologies annoncé le lancement d'une ronde de financement de série B de 20 millions de dollars, menée par Grand Oaks Capital. 

L’édition 2019 du Formnext montre l’intérêt grandissant pour la fabrication additive, mais surtout la place que prend les technologies d’impression 3D dans les diverses industries. De nombreux pas ont été franchis depuis ses origines et le développement de cette technologie pour le prototypage rapide. Aujourd’hui, l’attention se porte sur la production et l’intégration de ses systèmes dans les chaînes de fabrication. Pour cela, il reste de nombreux défis à relever au cours des prochaines années. Rendez-vous l’année prochaine pour faire un nouveau point sur ces avancements.

Contenu Encadré

Les principaux défis de la fabrication additive au cours des dix prochaines années

  • 76 % - Certification des pièces et produits finis
  • 49 % - Qualification et certification des matériaux (poudres & fils)
  • 35 % - Qualité des composants imprimés
  • 30 % - Propriété intellectuelle, questions juridiques et réglementaires
  • 27 % - Coût des équipement
  • 27 % - Temps d'impression (encore trop lent)
  • 25 % - Immaturité de la technologie
  • 20 % - Coût des matières premières
  • 19 % - Manque de coopération des parties prenantes
  • 17 % - Mauvaise communication des utilisateurs finaux, du gouvernement et des militaires
  • 14 % - Le coût de la R&D
  • 11 % - Chaîne d'approvisionnement limitée en matière première 
  • 10 % - Manque de formation
  • 8 % - Développement des procédés de fabrication alternatifs

Source : Defence IQ

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