News Mardi 28 avril 2020 - 12:00

Les chiffres de la fabrication additive dans le rapport Wohlers 2020

Partagez cette news :

fabrication-additive-wohlers-2020

Wohlers Associates Inc. a publié son rapport 2020 sur le secteur de la fabrication additive (FA) et de l'impression 3D. Cet ouvrage clé constitué de 380 pages sur la croissance du secteur, 42 graphiques et diagrammes, 168 tableaux et 377 illustrations, livre un panorama des technologies et de leurs applications : logiciels, matériaux, systèmes ou encore post-traitement. Il s'appuie sur les contributions d'un ensemble de 129 fournisseurs de services, 114 fabricants de systèmes industriels et 40 producteurs de matériaux et d'imprimantes 3D de bureau. Le rapport documente les activités de recherche et développement (R&D), les collaborations et les consortiums parrainés par les gouvernements, ainsi que les activités de 139 instituts universitaires dans le monde entier. Soixante-dix-neuf co-auteurs et collaborateurs de 33 pays ont fourni des avis et des opinions d'experts dans le rapport. Giorgio Magistrelli, expert en fabrication additive et membre du comité technique d’A3DM Magazine, a participé à la rédaction du chapitre sur « La recherche et développement en Europe » (Government-sponsored R&D in Europe) que nous avons décrit dans un article précédent (suivre le lien ci-dessous).

La fabrication additive en 2019 en chiffres

Le rapport Wohlers 2020 estime le marché global de la fabrication additive pour l’année 2019 à 11,8 milliards de dollars, soit une croissance de 21,2 %. Le marché est donc en augmentation constante depuis plusieurs années, mais la croissance ralentit. La croissance des revenus par an, sur les 31 dernières années, est 26,7 % en moyenne, contre 23,3 % sur les 4 dernières années. 

Concernant la division « Produit » comprenant la vente de machines d’une valeur supérieure à 5 000 dollars, de consommables et de pièces détachées, le marché global est estimé à 5 milliards de $ ce qui représente une hausse de 22,3 %, contre une augmentation de 31,6 % en 2018. La vente des machines représente 3 milliards $, une croissance en baisse de 3 points par rapport à 2018. Au total, un peu plus de 22 000 machines (d'une valeur supérieure 5K $) ont été vendues par les 213 fabricants référencés dans le rapport Wohlers, dont 2 327 systèmes de fabrication additive métal. Les ventes sont réparties de manière très inégales dans le monde :  35 % aux USA ; 27,1 % en Europe, 19,1 % en Asie/Pacifique ; 17 % Israël ; 1,7% dans le reste du monde. La France possède uniquement 3 % du parc mondial de machines installées (cumulé).

Concernant les « Matériaux », le classement des ventes est le suivant. Les photopolymères s’accaparent 31,9 %, soit presque un tiers du marché global. Ils sont suivis par les poudres polymères avec 28,1 %, puis les filaments avec 20,6 %. Le métal avec 17,4 % se trouve au pied du podium. Le reste des matériaux : céramiques, cires, feuilles... représentent uniquement 2 % des ventes. Le marché des plastiques est réparti de manière suivante : 56,6 % polyamide ; 22,9 % photopolymères ; 7,2 % ABS ; 3,6 % PLA ; 3,6 % ULTEM ; et 6 % pour les autres. Concernant le métal : 27,6 % titane ; 20,7 % maraging ; 13,8 % Inconel ; 10,3 % acier inoxydable 17-4 PH et 10,3 % Inox 316 ; 6.9 Inox 15-5 ; 3,4 % aluminium ainsi que 3,4 % Scalmalloy et 3,4 % Or.

Enfin, la division « Services » comprenant la sous-traitance, la formation, l’événementiel, etc., représente un marché global de 6,8 milliards $ dont 4,9 milliards $ ventes de pièces. Entre 2019, les services en fabrication additive auront donc connu une croissance de 20,3 %, contre 35 % en 2018. 

En 2019, la valeur estimée de la fabrication additive directe de pièces finales est estimée à 1,454 milliard.

L’année 2019 en France

En France, l'année 2019 a vu une maturité globale des principaux acteurs. Certaines grandes entreprises investissent et développent leurs chaînes de valeur complètes. En voici quelques exemples ! Dassault Aviation a choisi Argonay en Savoie pour y implanter son usine de fabrication additive estimée à 25 M€, tandis que Safran implante son usine Campus Fabrication Additive à l’ouest de Bordeaux pour un montant d’environ 80 M€. En Grand Ouest, l'usine de Nantes-Indret de Naval Group équipée d'une cellule robotisée pour la production imprime des pales d'hélice pour navire militaire, dont les essais en mer sont en cours. L'IRT Jules Verne travaille sur un programme de recherche sur la technologie RAF (Rapid Additive Forging) de Prodways avec Airbus et Safran grâce à un financement de 4,5 millions d'euros.

Image
pale_helice_naval_group_centrale_nantes

Pâle d’hélice conçue par Naval Group et l’école Centrale Nantes.

Côté fournisseurs de systèmes, le groupe Prodways a élargi son panel de matériaux et installé deux nouvelles machines dans des instituts de recherche en France. La société spécialisée dans la fabrication additive DED BeAM, du groupe AddUp, propose une nouvelle machine Modulo 400 avec quelques caractéristiques innovantes comme son alimentateur de poudre vibrant avec jusqu'à 4 trémies pour une meilleure stabilité du processus, une maintenance réduite et des applications multi-matériaux.

Selon le Hype Cycle de Gartner, ces chiffres placent la fabrication additive dans la pente de la « désillusion ». La technologie continue de murir et son potentiel d’innovation est accepté par un grand nombre, mais la technologie a également entraîné des désillusions, des échecs d’application et des incapacités à générer du profit (d’où un ralentissement de sa croissance). 

Puisque vous êtes là...

... nous souhaiterions vous inviter à vous abonner à A3DM Magazine.

A3DM Magazine est la revue papier et digitale de référence en fabrication additive et en impression 3D. (Vous pouvez lire et découvrir les articles dans la rubrique « Magazine » du site A3DM). Pourquoi vous abonner ?

  • Pour accéder à l’ensemble des informations du secteur de la fabrication additive et de l’impression 3D, à des dossiers industriels, à des analyses techniques et des fiches pratiques, à des contenus exclusifs, aux appels d’offres et aux subventions de la Commission européenne, à des leçons d’anglais pour ingénieurs...
  • Pour garantir la liberté de ton et l’exigence professionnelle de la revue.
  • Pour soutenir le secteur de la fabrication additive et de l’impression 3D qui a besoin de médias spécialisés pour promouvoir la technologie, partager les savoirs et savoir-faire, et fédérer la communauté.

 

Je m'abonne

Newsletter

Ne manquez plus aucune info sur la fabrication additive