News Mardi 19 mai 2020 - 22:12

La fabrication additive, un atout pour la relocalisation ?

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En quelques mois, la crise sanitaire Covid-19, d’une ampleur sans précédent, rebat les cartes de la mondialisation, mettant en évidence notre vulnérabilité face à l’extrême interdépendance économique des nations. Dans le domaine de la production industrielle, la tendance des 40 dernières années s’est organisée autour du développement de chaînes de valeur de fabrication extrêmement efficaces et complexes, avec une spécialisation de conception et de développement de haute valeur ajoutée sur les marchés matures, principalement occidentaux et une production en série de pièces, dans les pays en développement. Ces capacités de production volumiques à un coût ultra compétitif ont formaté notre modèle de croissance économique qui repose très largement sur une dynamique de consommation, alimentée par cette production massive de biens rendus accessibles à tous.

Aujourd’hui, nous prenons conscience de la fragilité de ces chaînes de valeur et d’approvisionnement, trop dépendantes de certains pays. Pour le maintien de la stabilité politique, économique et sociale de notre démocratie, la France n’a pas d’autres choix que d’accélérer la relocalisation et la réindustrialisation de certains domaines d’activités critiques comme ceux de la santé ou de l’agro-alimentaireCette prise de conscience dépasse très largement la sphère économique et politique. Selon le sondage Odoxa-Comfluence pour Les Echos, 9 français sur 10 souhaitent une relocalisation des productions essentielles (agriculture, industrie, santé) et une adoption durable du « consommer local » Made in France.

Cette relocalisation implique une capacité à savoir construire des unités de productions plus petites et plus flexibles. La capacité de produire en petites ou grandes séries devient un élément de différentiation afin de mieux s’adapter à la demande, de réduire notre empreinte écologique, tout en limitant les risques de surstocks et de péremption.  Mais le succès de ce rééquilibrage passe par la restauration de notre compétitivité tant au niveau local qu’international, il en va de la pérennité de toutes nos filières d’excellence qui doivent continuer à se développer au-delà de nos frontières. 

La généralisation de nouvelles technologies numériques comme la réalité augmentée, l’intelligence artificielle et l’impression 3D permet aux industriels de développer de nouvelles propositions de valeur, en associant produits et services, d’être plus réactifs et ainsi augmenter leur compétitivité. Cette crise a démontré nos capacités créatives face à l’urgence. Faire vite et bien avec moins, comme l’a démontré Décathlon qui transforme les masques de plongée « Easybreath » en respirateurs en y associant des composants imprimés en 3D. Le secteur mondial de l’industrie manufacturière représente environ 20 % de l’économie mondiale, soit environ 19 000 Md$. Les technologies numériques, dont l’impression 3D, peuvent contribuer à sa réinvention et à l’évolution de notre société occidentale. 

Cette technologie, très prometteuse, permet de bénéficier de cycles de production de petites séries économiquement viables, offrant ainsi une production personnalisée de masse. L’impression 3D libère le potentiel de conception avec des nouveaux designs pour gagner en légèreté et résistance, réduire le temps et les coûts de développement, accélérer la mise sur le marché et repenser en profondeur la chaîne d’approvisionnement. Sur ces deux dernières années, nous avons vu se développer de multiples applications dans des domaines très variés comme le médical, les outils de production industriels, l’automobile, ou encore, les biens de consommation.        

La fabrication additive fait partie des innovations qui peuvent et doivent permettre de reconstruire tout un écosystème industriel, social et durable en France, en recréant de la proximité dans le tissu régional. Les emplois et des économies entières pourront ainsi se déplacer au plus près des consommateurs qu’elles approvisionnent et des lieux où l’impression 3D ainsi que d’autres technologies numériques sont pleinement mises en œuvre. 

Le plan de relance économique porté par le gouvernement doit impérativement intégrer des mécanismes puissants d’aide financière pour repenser l’innovation, inciter directement les investissements et le développement de capacités de fabrication numérique par le biais d’allègements fiscaux et de subventions directes ainsi que la mise en œuvre de programmes d’enseignement dédié afin de créer des emplois pérennes et de qualité.

La France dispose de nombreux atouts pour accélérer le processus de relocalisation et de réindustrialisation. La généralisation de ces nouvelles technologies numériques dont la fabrication additive constitue une formidable opportunité pour la France en tant que nation qui dispose d’une large base industrielle et d’une vraie expertise dans la fabrication.

Contenu Encadré

Portrait de Pascale Dumas, PDG HP France

Pascale Dumas est présidente de HP France depuis la scission opérée avec l’entité Hewlett Packard Enterprise, en novembre 2015. Elle est responsable du développement des activités de la société, ainsi que des initiatives visant à maintenir la position et la pérennité de HP sur ses marchés (systèmes personnels et solutions d’impression) en France.

Après avoir occupé différents postes de direction chez Motorola et Lexmark, elle a rejoint Hewlett Packard France en 2006, en tant que Directrice Générale et Vice-présidente, où elle a dirigé la division Systèmes Personnels. 

La diversité et l'inclusion imprègnent fortement la politique RH et sont intégrées à toutes les activités de l'entreprise, en termes de formation, de gestion des carrières et de recrutement. HP France compte actuellement 43 % de femmes, et son Comité de Direction est à parité. HP est l'un des signataires du Manifeste des Etats Généraux de la France 2019 sur la diversité et l'inclusion. En 2020, HP a pris la Présidence de la Commission Mutations technologiques et Impacts sociétaux du Medef. Pascale Dumas est également membre du Conseil d'Administration de Visiativ, Entreprise du Futur, et de plusieurs syndicats (AFNUUM, SYMOP).

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