News Dimanche 19 juillet 2020 - 15:30

Innover, coopérer et mutualiser avec la fabrication additive

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Comment capter les nouvelles opportunités qu’offre la chaîne numérique de fabrication additive sans prendre de risques majeurs pour ses organisations et son business ?

Si innover reste le driver d’une transformation, la mise sur le marché demeure son objectif économique. Pour cela, il faut accéder à de nouvelles ressources et compétences en ayant soin d’anticiper les impacts organisationnels, mais aussi business. La fabrication additive associe l’objet physique au concept virtuel dans une temporalité inégalée. La complexité de l’objet n’est plus un problème, elle devient même la norme. Les fondements de notre culture industrielle s’en trouvent bousculés, notre posture aussi : partage des données et des idées, simplification des gammes de fabrication et de la logistique… Bref tout s’accélère. Si l’industriel se prend à rêver, les contraintes budgétaires, mais aussi réglementaires, renvoient à plus de pragmatisme. Alors comment capter les nouvelles opportunités qu’offre la chaîne numérique de fabrication additive sans prendre de risques majeurs pour ses organisations et son business ?

Innovation, coopération et mutualisation pourraient bien devenir les maîtres mots de votre projet. 

Innover et monter en compétence en partageant 

INNOVER en finançant une start-up, en incubant des intrapreneurs ou encore avec un factory lab d’entreprise. Il s’agit avant tout d’accepter de décloisonner les organisations et de s’ouvrir à l’open innovation. Des idées neuves oui, mais toutes orientées à satisfaire les besoins de l’utilisateur et avec tous ceux qui participent à la création de valeur. Les parties prenantes de l’entreprise ne sont-elles pas toutes intéressées à satisfaire les nouveaux usages des clients / utilisateurs ? 

Pour MONTER EN COMPETENCES rapidement et efficacement rien de mieux qu’une communauté de partage. Les retours d’expérience et initiatives exploratoires des early adopters peuvent éclairer vos choix technologiques, les méthodes d’apprentissage à privilégier. Là encore, exit les cloisons étanches entre les différents secteurs industriels au bénéfice de la connaissance et d’une fertilisation croisée. En témoigne par exemple le succès de l’impression 3D chez Décathlon ou L’Oréal, devenue une vraie culture d’entreprise et un mode opératoire généralisé.

La coopération pour avancer en recherche et innovation

Les clusters d’entreprises et pôles de compétitivité, nombreux à se saisir des sujets numériques dont la fabrication additive, proposent un environnement « usine à projets » propice à votre recherche et innovation (R&DI). Leurs écosystèmes à l’échelle d’un bassin d’emploi, d’un secteur industriel ou encore d’une filière assurent les liaisons entre organismes de recherche, centres de transfert technologique et centres de formations pour soutenir votre innovation et l’accompagner jusqu’au marché. Un maillage territorial de proximité, dont les acteurs COOPÈRENT aussi sur des actions transverses, œuvre en étroite collaboration avec les régions au sein de l’Europe. Le hub France Clusters les référence sur http://france-clusters.clusterz.fr/annuaire.

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Pour EXPERIMENTER et TESTER, les Instituts de recherche, centres techniques et plateformes technologiques (cf. cartographie) proposent un accès à des ressources partagées. Ils couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur, des matériaux aux procédés (mâtures et innovants), équipements, post-traitements et finition, contrôles et inspection, caractérisation et tests en passant par les logiciels et instrumentation de procédés. 

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Base de cartographie CETIM amendée mais non exhaustive.

Mutualisation, Make or buy...

Quant à transformer l’essai, tout est affaire de stratégie. La maîtrise technologique est-elle considérée comme une opportunité d’optimiser les processus existants ou devient-elle un réel avantage concurrentiel ? Pour certains grands groupes, il s’agit d’un avantage concurrentiel avéré qui s’inscrit dans une stratégie long terme. A contrario d’une stratégie d’intégration verticale comme pratiquée par General Electric ou Siemens, il s’agit de monter l’ensemble du groupe en compétences ! De véritables campus-usines voient le jour chez Safran, Thales, Schneider, Bosch ou plus récemment Naval Group. L’objectif est de MUTUALISER pour mieux déployer la technologie au sein des différentes usines. Formation, R&D et industrialisation sont la base d’un tronc commun.  

Pour les néo-entrants, encore en découverte technologique, la prise de risque est toute autre. Recourir à une supply-chain présente les avantages d’un coût maîtrisé. Il faudra néanmoins la qualifier pour garantir sa conformité aux processus qualité de l’entreprise. Des cartographies des offreurs de solutions sont accessibles sur Internet. A moyen terme, un mixte make & buy garantira une meilleure gestion des risques. Une fabrication déportée est également possible, sur un réseau de machines dispersées via le cloud manufacturing. Il s’agit de fabriquer à la demande des références digitalisées, sur des moyens qualifiés en amont, au plus près du besoin de livraison. S’il réduit les frais d’investissement matériels et logistiques matériels il n’exonère pas ceux liés à la qualification et la traçabilité. Cette stratégie s’applique, par exemple, à la fabrication de pièces de rechange qui engage la responsabilité « constructeur ». Des plateformes comme Beelse et 3DRepar proposent ce type de services. À l’inverse, pour investir, intégrer une ou des imprimantes professionnelles et augmenter leur taux d’occupation, il est possible de les faire référencer par ces mêmes plateformes et les marketplaces comme 3D EXPERIENCE.

Outil collaboratif de transformation collective 

Si l’objectif reste de produire davantage de valeur ajoutée en privilégiant développement durable et circuit court, l’écosystème territorial fournit l’occasion de développer un concept d’entreprise étendue. Une stratégie d’alliances et de partenariats construite sur le partage de la donnée et/ou mutualisation des moyens, mais aussi des compétences. Un moyen de rationaliser les investissements, mais aussi de promouvoir la mission de l’entreprise! À l’instar de entreprises Veolia et Francofil qui unissent réseau et expertise pour fabriquer des filaments de plastique recyclé pour impression 3D. Issus de la collecte et de la transformation des rebuts et déchets thermoplastiques, ces filaments répondent techniquement aux attentes du marché et fournissent un bel exemple d’économie circulaire made in France. Là encore la coopération avec les parties prenantes de l’entreprise et l’écosystème est au cœur de la stratégie. 

Si la clé du rebond industriel réside dans la capacité de transformation de l'organisation et d'adaptation du leader, le jeu collectif et l'engagement sociétal prennent de plus en plus de poids dans les préoccupations du dirigeant. La fabrication additive, au-delà de son apport technologique, peut devenir alors un véritable outil collaboratif de transformation collective pour notre territoire.

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