News Mardi 15 décembre 2020 - 20:46

Rencontre avec la start-up Microlight3D et sa technologie de micro-impression 3D

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Rencontre avec la start-up Microlight3D

Créée en 2016, la start-up Microlight3D est spécialisée dans la micro-impression 3D haute résolution. Grâce à sa technologie de polymérisation laser à deux photons, ses imprimantes µFAB 3D et Altraspin peuvent imprimer avec une résolution inférieure au micron.  Présentation de la start-up qui imprime petit, mais voit grand.

En 2010, des chercheurs grenoblois viennent présenter une technologie de polymérisation laser à deux photons à Denis Barbier, alors directeur technique et fondateur de Teem Photonics en 1998. Cet entrepreneur, ancien chercheur au CNRS, décèle alors le potentiel de cette nouvelle technologie et l’intègre au sein de son entreprise. Mais il réalise très rapidement que ce procédé nécessite sa structure propre. « La clientèle de Teem Photonics ne correspondait pas et il fallait d’autres compétences que nous n’avions pas en interne », nos explique le chercheur grenoblois. En 2016, ce dernier décide de co-fondé Microlight3D avec Michel Bouriau et Philippe Paliard. La start-up Microlight3D développe et commercialise plusieurs machines de micro-impression 3D au procédé de stéréolithographie multiphotonique. Compatibles avec la plupart des matériaux résines qui existent sur le marché, ces imprimantes 3D sont principalement destinées aux secteurs scientifiques et industriels. Depuis, la société grenobloise a remporté plusieurs prix pour sa technologie : le premier prix du concours du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation I-LAB en 2018, mais aussi le prix de la start-up française de l’année 2019 décerné à l’occasion du Forum Labo Paris. A3DM Magazine a rencontré Denis Barbier.

Pouvez-vous nous présenter Microlight3D ?

Créée en 2016, Microlight3D est une start-up spécialisée dans la micro-impression 2D et 3D. Elle a développé une technologie d’impression très haute définition qui est atteinte grâce à la polymérisation laser à deux photons. Ce procédé utilise un laser pour polymériser un monomère photosensible. La lumière laser transforme le monomère à l’état de polymère. Elle est déplacée de manière extrêmement précise à l’intérieur du monomère pour dessiner le projet en 3D. Le gros avantage de cette technologie est qu’elle est sa précision et sa résolution inférieure à un micron. Elle peut imprimer une sphère de 200 nanomètres de diamètre. L’autre avantage de la technologie est que le laser se déplace de manière complètement libre dans le volume. Il ne s’agit pas d’impression couche par couche au sens de « fabrication additive ». Ce procédé d’impression dans l’espace élargit les possibilités lors de la conception. Le désavantage de cette méthode est son temps d’impression qui limite également la taille. Nous pourrions comparer cela au fait de peindre sa salle à manger avec un pinceau à un poil. Ce serait beau, mais l’œuvre prendrait des mois.

Quels sont les secteurs que vous ciblez ?

Pour le moment, les clients de Microlight3D sont exclusivement des laboratoires de recherche publics ou privés. Nos solutions ciblent les secteurs des microtechnologie, de la microrobotique, de la micromécanique, de la microfluidique… Dès que le préfixe « micro » apparaît, le secteur peut possiblement être intéressé par les technologies que développe Microlight3D.

Pouvez-vous nous présenter vos produits ?

Le premier produit est une imprimante 2D à résine, la SmartPrint UV. Cette technologie s’apparente plutôt à de la stéréolithographie, mais sur une seule couche, avec une précision micrométrique. Ensuite, nous avons les imprimantes 3D µFAB 3D et Altraspin qui utilisent la technologie laser à deux photons. Elles offrent différentes options pour imprimer sur des surfaces de taille différentes. Sur la machine de base, le volume d’impression est de 300 x 300 x 300 microns. Les objets imprimés par nos clients font entre 10 et 100 microns. Il est toutefois possible d’élargir le volume d’impression pour imprimer des matrices d’objets ou des plaques à puits, notamment pour nos clients qui font de la biochimie ou de la biologie cellulaire. Nos machines s’adaptent à chaque client. 80 % de la machine est standard et 20 % va être personnalisée en fonction de son utilisation.

Quelle est la différence entre la lithographie et la stéréolithographie ?

La lithographie sous-entend deux dimensions. Une couche de matériaux photosensible est déposée sur un substrat. Cette couche a une épaisseur uniforme. La stéréolithographie consiste en un empilement de couches, elle est le passage à la 3D de la lithographie.

Vous avez récemment acquis la société Smart Force Technologie et son système de lithographie sans masque. Pourquoi ?

La lithographie sans masque apporte un complément à la technologie 3D. La technologie d’absorption de photons permet de fabriquer de tous petits objets. La lithographie permet de couvrir une plus grande surface. Elle permet d’accélérer le processus de fabrication sur les parties les plus « grossières », tout en conservant la précision de notre technologie à deux photons pour la micro-impression.

Vous avez reçu le prix I-LAB 2018 et le trophée de la start-up française de l’année 2019 lors du Forum Labo Paris. Que vous ont apporté ces prix ?

Ces prix apportent beaucoup de visibilité. En quelques semaines, le nombre de visiteurs sur notre site Internet a augmenté. Ces visiteurs se transforment ensuite en clients. Ces trophées rassurent aussi les prospects ainsi que les partenaires comme les banques. Savoir que la société a été nommée start-up française de l’année apporte de la légitimité à notre travail et aide à lever des fonds. Ce genre de prix permet aux gens de s’intéresser à nous, en France comme à l’internationale.

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Equipe Microlight3D

L'équipe Microlight3D

Quelle est la suite pour Microlight3D ?

Actuellement, nous avons une technologie qui se vend. À présent, les demandes s’orientent vers la petite série. Les clients souhaitent le développement d’une machine plus rapide. Microlight3D travaille donc sur des systèmes qui permettrait d’imprimer plus rapidement en combinant nos deux technologies, 2D et 3D.

Cette interview fait partie d’une série sur les start-up du secteur de la fabrication additive et de l’impression 3D. Quelle définition donneriez-vous d’une start-up ?

Une start-up est une entreprise qui développe des technologies de rupture et se positionne sur de nouveaux marchés. Pour certaines personnes, il s’agit de marchés à forte croissante, pour d’autres des marchés émergents. Une start-up doit être agile pour comprendre et s’adapter à ces marchés.

Microlight3D est-elle toujours une start-up ?

Dans son état actuel, Microlight3D est plus une PME qu’une start-up.  Elle se situe entre les deux, car elle reste une société qui innove et crée de nouveaux marchés.

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