News Mardi 21 juillet 2020 - 07:01

Relocalisation, innovation, fabrication additive..., le projet Demain de Bpifrance

Partagez cette news :

bpifrance_projet_demain_fabrication_additive

En 2017, pour mieux accompagner les entreprises face aux défis à venir, Bpifrance a lancé le projet « Demain », une démarche collective de réflexion sur neuf enjeux majeurs, autour de l'économie et de l'industrie. 

  1. Mieux se protéger
  2. Bâtir les territoires de demain
  3. Réussir la transition écologique et énergétique
  4. Créer l’entreprise et le travail de demain
  5. Nourrir l’humanité
  6. Facilité la mobilité
  7. Répondre à l’épanouissement de l’individu
  8. Repenser la formation initiale et continue
  9. Vivre et vieillir en bonne santé

Ainsi des collaborateurs Bpifrance, des chercheurs et des experts se réunissent en groupe de travail pour développer et avancer sur des thèmes précis. Parmi ceux-ci, l’impression 3D, ou fabrication additive, a été l’une des matrices importantes dès le début du projet. Émilie Garcia, responsable Domaine Ecotechnologies à la direction Innovation de Bpifrance, et Olivier Levy, directeur interrégional Fonds Propres Réseau Est pour Bpifrance Investissement, nous expliquent comment cela fonctionne. 

L’initiative nationale « Relocaliser par l’impression 3D », lancée par A3DM Magazine et ses partenaires dont Bpifrance, porte sur la réindustrialisation de la France. Bpifrance est engagée dans cette démarche, notamment avec le projet « Demain ». La relocalisation est-elle l’un des grands enjeux de demain ?

Émilie Garcia : La relocalisation n’est pas un des neufs enjeux du projet « Demain » (voir ci-dessus). En revanche, au sein de chacun de ces enjeux, la relocalisation est une sous-catégorie. Par exemple, au sein de la brique « créer l’entreprise et le travail de demain », la fabrication additive est une des technologies clés pour toutes les thématiques de relocalisation. À la vue du contexte actuel, la relocalisation va être de plus en plus prégnante dans chacun des enjeux de demain : santé, alimentation, etc.

Olivier Levy : Ces dernières années, l’industrie a beaucoup externalisé dans des pays dit « low cost ». Finalement, que ce soit en termes de qualité, de cadence ou de délai de livraison, cela n’a pas été l’Eldoradoimaginé. Une deuxième vague de délocalisation a eu lieu dans des pays plus proches, en Europe et au Maghreb. Mais comme les coûts salariaux remontent dans ces pays, la question de produire made in Francese pose. Ainsi certaines sociétés ont choisi de produire sur le sol français. Il s’agit également d’un argument de marketing et communication. 

Cette relocalisation passera-t-elle par les nouvelles technologies ?

E.G. : L’innovation est un des leviers clés pour « Demain ». L’impression 3D ainsi que d’autres technologies sont des moyens pour y arriver. Bpifrance se positionne également comme banque du climat et interroge sur le développement durable, la réduction de la consommation de matière première ou encore la baisse de l’empreinte carbone. L’impression 3D a cette force-là.

La place de l’Homme et de l’emploi au sein de ces technologies est-elle posée ? Ces technologies vont elles transformer les métiers de demain, avoir un impact plutôt créateur d’emploi ou l’inverse ?

O.L. : Sur le nombre d’emplois, il est difficile de se positionner. Sur la typologie des travailleurs, nous observons une qualification supérieure. Par exemple, lorsqu’une usine se digitalise, les tâches purement manuelles des opérateurs évoluent vers du numérique avec la programmation de plusieurs machines en même temps... 

E.G. : Les nouvelles technologies vont affecter l’organisation globale des entreprises et les chaînes de valeur. Elles vont avoir un impact sur le management, l’organisationnel et les compétences. Elles ne vont pas diminuer le nombre d’emploi, mais modifier le besoin de compétences et limiter les tâches pénibles, répétitifs et manuelles, pour aller vers des tâches à plus haute valeur ajoutée. 

Les nouvelles technologies, la place de l’individu, etc. sont questionnés dans le projet « Demain » lancé par Bpifrance en 2017. Pouvez-vous nous le présenter ? 

E.G. : Le projet « Demain » a pour objectif de définir les grands enjeux de demain, ceux qui vont modifier profondément nos sociétés, afin que Bpifrance soit le plus à même de répondre aux besoins et d’accompagner ses clients. Une grande réflexion a été menée pour définir la cartographie avec les neuf enjeux. Du côté opérationnel, différents groupes de travail ont été constitués sur diverses thématiques transverses aux six grands métiers de Bpifrance. Ceux-ci poussent et fédèrent autour de sujets essentiels. Au mois de septembre 2020, débutera la cinquième vague regroupant des sujets de matrice des différents enjeux. 

La crise du Covid-19 a-t-elle modifié le projet « Demain » ? 

O.L. : Le projet en lui-même, non. En revanche, les prochains sujets pourraient évoluer. 

E.G. : Face au contexte actuel, nous réfléchissons à de nouveaux outils comme des financements dans le domaine de la santé par exemple. Nous examinons également les leviers pour la relocalisation. Nous continuons comme avant, tout en prenant en compte la situation actuelle.

Comment se constituent et s’organisent ces « sujets » ou « défis » ?

E.G. : Les sujets sont choisis par un Comité de Pilotage interne. Chaque sujet est dirigé par un ou deux pilotes définis au sein de Bpifrance. Les pilotes choisissent des contributeurs internes à travers des appels à manifestation interne. Enfin, au moment du lancement du projet, un écosystème externe, partie prenante dans le groupe de travail, est sollicité.

O.L. : Le groupe de travail peut également évoluer en fonction de l’avancé des défis et des besoins des sachants. 

Peut-on rejoindre un groupe de travail ?

E.G. : Si le sujet de matrice est en correspondance avec l’activité de l’entreprise, celle-ci peut intégrer le groupe de travail. Lorsque les sujets sont validés, ils sont diffusés en interne et se sont les pilotes qui se tournent vers l’écosystème externe. La prochaine vague de sujets sera définie à la rentrée. 

O.L. : Nous essayons d’avoir une diversité des interlocuteurs avec un large lien entre l’académique et l’opérationnel, mais aussi l’institutionnel. C’est la richesse de ces groupes de travail. 

Est-ce qu’il en ressort des leviers d’action politique et économique ?

E.G. : Bpifrance n’a pas de rôle politique. Nous accompagnons les entreprises. Les convictions et les préconisations qui en ressortent peuvent remonter aux politiques, mais nous n’intervenons pas dans les choix.

O.L. : Cela ne nous a pas empêché d’impulser certains mouvements et sujets en mettant en relation des acteurs

Dans la brique « Créer l’entreprise et le travail de demain », quelles sont les technologies qui ont été relevées comme essentielles ?

E.G. : Ce sont principalement les technologies liées à la digitalisation et la gestion des données, les outils de modélisation et de simulation, les aides aux opérateurs comme les exosquelettes, mais aussi des technologies moins matures comme la réalité virtuelle ou la réalité augmentée pour l’aide à la maintenance.

O.L. : Nous analysons également les maillons faibles dans les chaînes de valeur afin de trouver les leviers à mettre en face. Par exemple, l’impression 3D revient souvent comme une solution, notamment dans le contexte actuel de crise.

Quels sont les freins à lever, sur le territoire français, pour l’intégration de ces nouvelles technologies ?

E.G. : Tout d’abord, les PME, les ETI et les grands groupes ont des positionnements différents. En fabrication additive, la question entre l’internalisation et la sous-traitance se pose constamment. Ensuite, la formation et l’évolution des machines posent questions. Mais, les grands groupes sont de plus en plus intéressés par la technologie et vont la rendre plus mature, assoir la courbe d’expérience et de compétences. Pour exemple, BMW a ouvert récemment son centre de fabrication additive, en Allemagne. 

O.L. : La formation est vitale. Il faut donc sensibiliser les écoles d’ingénieurs à l’utilisation de ces technologies. Il y a un réel besoin de formations et de qualifications. 

E.G. : Fédérer l’écosystème paraît également indispensable pour monter en compétence mais, en France, nous n’avons pas les mêmes moyens que l’Allemagne. Les grands fabricants français aident à fédérer l’écosystème. De plus en plus, des cursus spécifiques naissent. Les choses vont dans le bon sens. 

O.L. : Les allemands savent mieux que nous faire travailler les entreprises et les universités conjointement sur un sujet. Nous avons un écosystème en recherche et innovation qui est exceptionnel. Si nous arrivons à l’exploiter, nous pourrions alors prendre de l’avance. 

Pour plus d’informations sur le projet Demain : https://www.bpifrance.fr/Contactez-nous.

Image
infographie-bpifrance-demain-fabrication-additive

Newsletter

Ne manquez plus aucune info sur la fabrication additive