News Mercredi 24 mars 2021 - 10:03

Rencontre avec David Grossin, enseignant-chercheur à l'INP Ensiacet de Toulouse

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Rencontre David Grossin

David Grossin est enseignant-chercheur à Toulouse INP-ENSIACET . Il exerce son activité de recherche au Centre Inter-universitaire de Recherche et d’Ingénierie des MATériaux (CIRIMAT). Sa spécialisation en fabrication additive l'a mené à ouvrir des formations universitaires dédiées à ce procédé, notamment un diplôme universitaire en ingénierie et production en fabrication additive et impression 3D. Il est également impliqué au sein du groupe de travail ISO/ASTM JG 74 pour la normalisation des qualifications en fabrication additive. Rencontre avec David Grossin, responsable du DU ingénierie et production en fabrication additive et impression 3D à Toulouse INP-ENSIACET !

Quels sont les enjeux de la formation en fabrication additive ?

La fabrication additive est un secteur qui est encore émergent, il va donc falloir de plus en plus de personnes aux compétences adaptées. Ce secteur est en transition de la recherche et du développement à la production industrielle. Pour former les futurs professionnels qui permettront cette transition, il faut établir une liste des besoins en compétences ainsi que des métiers à naître dans cette industrie. Les métiers ne sont pas encore bien définis, plusieurs industries sont organisées différemment pour les mêmes tâches, d’où ce besoin de clarté et d’homogénéité.

Quel état faites-vous de l'offre actuelle de formation en France ?

L'offre de formation est en pleine évolution, certaines sont encore balbutiantes tandis que d'autres sont déjà bien installées. Au début, la plupart des formations qui traitaient de la fabrication additive étaient dispensées à des élèves ingénieurs, des chercheurs, laissant de côté le personnel technique. Les besoins seront donc basés sur le personnel technique, les opérateurs, ainsi que leur encadrement. 

Vous avez créé une formation universitaire dédiée spécifiquement à la fabrication additive...

Je suis le créateur et responsable du diplôme universitaire (DU) intitulé ingénierie et production en fabrication additive et impression 3D à Toulouse INP-ENSIACET, où elle est la seule formation dédiée spécifiquement à ces technologies. D'autres formations traitent d'impression 3D, mais pas d'une manière aussi visible, comme dans la plupart des écoles d'ingénieurs. Il est primordial pour les ingénieurs d'aujourd'hui de connaître ces procédés qui joueront les premiers rôles dans l'industrie de demain, notamment dans des secteurs comme le médical. Le défi dans l'apprentissage de la fabrication additive est de ne pas en faire une solution pour tout. Il faut que son utilisation soit adaptée aux problématiques techniques. À terme, il faut qu'il devienne un procédé comme les autres.

Le défi dans l'apprentissage de la fabrication additive est de ne pas en faire une solution pour tout. Il faut que son utilisation soit adaptée aux problématiques techniques. À terme, il faut qu'il devienne un procédé comme les autres.

Comment forme-t-on à l'ENSIACET ?

La plupart de nos formations sont dispensées en continu. Dans le cadre de la formation fabrication additive et impression 3D, les élèves voient l'ensemble de la chaîne de valeurs, c'est-à-dire le procédé en lui-même, mais aussi et surtout ce qu'il y a avant et après. Les cours sont dispensés par des académiques et des intervenants industriels. Ces professionnels nous permettent d'assurer aux étudiants des connaissances pratiques qui correspondent aux besoins industriels et de pouvoir suivre ce procédé qui évolue très rapidement. Nous apportons beaucoup d'importance à la professionnalisation des élèves. Ceux qui ne suivent pas les formations en alternances se rendent compte que le secteur évolue très rapidement lorsqu'ils vont en stage. Pour les formations en alternance, les élèves suivent 400 heures de cours en présentiel puis le reste de leur apprentissage se fait en entreprise, généralement sur un rythme d'un mois de cours, un mois d'entreprise. La formation se termine par une grande période de stage qui s'étend de mars à septembre. Les cours abordent la conception, le post-traitement et aussi les problématiques annexes, par exemple celle des coûts, qui est une notion très importante lorsque l’on aborde la fabrication additive comme un procédé de production.

Quel profil ont vos étudiants ?

Ils sont pour la plupart issus de formations industrielles ou techniques. Quelques-uns également de l'encadrement. Ce sont tous des passionnés, profondément convaincus du potentiel de la fabrication additive. Tous les âges sont représentés chez nos élèves. Certains sortent directement de l'école tandis que d'autres sont des ingénieurs confirmés qui souhaitent se former sur une technologie qu'ils affectionnent.

À quelles technologies formez-vous ?

Nous formons à toutes les technologies. En ce qui concerne les secteurs, nos intervenants professionnels sont plus particulièrement spécialisés dans l'aéronautique et le médical, qui sont d'ailleurs deux spécialités que peuvent choisir les étudiants durant leur cursus. La formation ne se concentre ni sur une technologie, ni sur un matériau en particulier, elle est transverse.

Les cours abordent la conception, le post-traitement et aussi les problématiques annexes, par exemple celle des coûts, qui est une notion très importante lorsque l’on aborde la fabrication additive comme un procédé de production.

Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées pour mettre en place cette formation ?

La création de ce cursus a duré un an et demi. Il a fallu rechercher quels étaient les besoins en fabrication additive pour définir une offre pédagogique adaptée. Je fais d'ailleurs parti d'un groupe de travail ISO/ASTM pour le développement des qualifications et des référentiels de compétences. L'une des difficultés a été de créer un syllabus cohérent pour apporter aux élèves des compétences qui n’ont pas encore été référencées.

Et avez-vous des pistes pour justement développer cette formation ?

Nous avons créé des standards, recenser les métiers de la fabrication additive et comment acquérir les compétences nécessaires. Notre DU,  du point de vue des normes, est très centré sur l'encadrement et la technique. Plusieurs projets ont été mis en place pour développer ces certifications. France Additive, en collaboration avec la fédération européenne du soudage (EWF) pour créer des qualifications. Elles sont une piste pour améliorer la qualification. Cela devrait évoluer dans les prochaines années. Pour les formations non diplomates, les démarches administratives sont moindres et la qualité ne repose qu'en leur réputation.

N'importe qui peut devenir un professionnel de la fabrication additive ?

Pour quelqu'un de passionné, rien n’est impossible. S'ils ont la motivation pour se former, il n'y a pas de raison qu'ils n'y arrivent pas. De plus, il y a tellement de métiers en plus de celui de technicien qui gravitent autour de ce domaine que n'importe qui peut trouver sa place.

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