News Mercredi 5 juin 2019 - 14:16

Rencontre avec Eduardo Alonso, président d’EOS France

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Il y a quelques mois, Eduardo Alonso a pris la tête d’EOS France, en tant que Regional Manager. Il a ainsi remplacé André Surel qui a gravit un nouvel échelon. Le nouveau président régional de l’entreprise allemande spécialisée en fabrication additive possède un parcours dans les équipements de mine et de construction. Il a notamment travaillé pour les sociétés Sandvik et Liebherr-Mining. Le secteur de la construction et des mines n’est pas spécialement un grand exploitant des technologies additives, ses pièces de tailles très importantes ne convenant pas encore à l’impression 3D. « Cependant, beaucoup de sociétés de ce secteur s’intéresse à la fabrication additive pour de la maintenance et assurer la disponibilité des pièces », nous a expliqué Eduardo Alonso. En revanche, il connaît bien le monde des machines-outils, ainsi que les chaînes de production. Pour A3DM Magazine, il revient sur ses premiers mois et sur les objectifs futurs.

EOS est l’une des plus anciennes sociétés du secteur de la fabrication additive. Elle vient de souffler ses 30 bougies. Comment s’est passée cette trentième année pour EOS ?

L’année a été plutôt bonne. Le marché continue à croître, mais la croissance a tendance à se ralentir. Sur le marché français, nous observons plus particulièrement un ralentissement de la fabrication additive métal. Le marché est plus concurrentiel. De nombreux acteurs se positionnent autour des secteurs aéronautique et spatial. Parallèlement, un vrai travail d’adoption de la technologie a été réalisé ces dernières années. Je pense que, petit à petit, la fabrication additive métal va s’installer chez les clients. Le secteur du plastique, de son coté, fonctionne bien et continue à se développer très fortement. Nous avons quelques projets de production à grande échelle. 

EOS avait présenté, au salon Formnext 2018, sa nouvelle technologie LaserProFusion. Où en sommes-nous de ce procédé ?

Cette nouvelle technologie est toujours en phase de développement ! Le procédé LaserProFusion a pour objectif d’améliorer grandement la vitesse d’impression et donc de concurrencer l'injection plastique. Pour cela, le laser sera remplacé par un million de diodes. Nous continuons de travailler sur ce procédé, mais il est encore un peu tôt pour en parler.  

Quels sont les systèmes de fabrication additive métal d’EOS qui se portent le mieux ?

La M290 fonctionne toujours très bien. Elle est connue de nos clients et est une bonne entrée en la matière. Il y a également une forte demande pour les machines à quatre lasers permettant d’aller un peu plus vers la production, comme la M400-4. Enfin, nous attendons beaucoup de notre nouvelle machine M300 qui devrait sortir en fin d’année. Celle-ci a été pensée et développée pour la production. Elle sera modulable et flexible. Le client pourra choisir un laser, deux lasers ou quatre lasers. Elle est conçue pour intégrer une chaîne de production. 

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Nouveau système EOS M300 pour la fabrication additive métal.

Et dans la gamme polymère ?

Dans la gamme polymère, nous avons toujours nos modèles classiques qui fonctionnent bien : la P396 et la Formiga, un modèle plus petit qui produit des pièces avec un très bon niveau de finition. Pour des impressions plus grandes, nous avons les machines P500 et P770. Et nous lançons le système P810 permettant d’imprimer du PEKK. Ce dernier est un matériau haute performance très demandé. Quelques prototypes de cette machine ont été installés chez des clients dont une, en France, à l’IRT Jules Verne. Elle devrait être commercialisé à la fin de l’année 2019. 

EOS propose également une gamme de produits logiciel et monitoring…

EOS travaille sur un triptyque : matériaux (la poudre), système et process. Nous sommes ainsi capables de garantir une qualité de pièces à partir d’un process spécifique, certifié EOS. Certains prestataires utilisent d’ailleurs cette certification comme argument de vente. Enfin, nous fournissons des services de conseils et de maintenance. 

Dans le travail de contrôle, l’EOSTATE permet de suivre la production en temps réel… et d’en assurer la qualité. Grâce à trois technologies : PowderBed, MeltPool et Exposure OT, nous pouvons suivre en temps réel la production. Aujourd’hui, nous travaillons sur le développement de systèmes de correction en temps réel. Par exemple, la machine va corriger, avant le laser, un problème dans le dépôt de poudre. 

Vous développez vos propres matériaux. Or certaines études ont relevé le coûts de ces derniers comme un frein à l’adoption de la technologie. Comment lever ce frein ?

La diminution des prix des matériaux passera par le volume. La production en série entraînera une plus grande consommation de poudre ce qui permettra de diminuer les prix. Le taux de recyclabilité est également important. Nous travaillons sur la consommation de poudre métal. Enfin, nous devons développer des lignes de production en série intégrant l’automatisation du processus de fabrication additive. Nous avons travaillé sur ce projet avec Premium AEROTEC et Daimler avec NextGenAM. Il faut se tourner vers de la production et pouvoir répondre aux clients. 

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Process du nouveau système EOS P810.

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