News Mercredi 2 février 2022 - 09:45

Rencontre avec Eric Hug, directeur du GDR Alma (alliages métalliques par/pour la fabrication additive)

Partagez cette news :

gdr_alma_impresson_3D_metallique

Le domaine de la fabrication additive métallique est en forte croissance dans le monde et en France. Des actions structurantes au niveau industriel se mettent en place pour fédérer l’utilisation de ces technologies et pour améliorer la compréhension fine des nouvelles microstructures, des mécanismes physiques et des nouvelles propriétés d’usage des alliages ainsi mis en forme. Au niveau académique, la structuration du secteur est plus longue à s’organiser. Ainsi, le GDR Alma (alliages métalliques par/pour la fabrication additive) a pour objectif de proposer une structuration des acteurs scientifiques français autour des problématiques concernant les interactions entre la science des matériaux, la mécanique et l’ingénierie des procédés. Rencontre avec Éric Hug, professeur des universités, fondateur et directeur du GDR Alma.

Professeur à l’université de Caen et métallurgiste, Éric Hug a été recruté en 2005 par le laboratoire Crismat (cristallographie et sciences des matériaux) – une unité mixte de recherche sous la triple tutelle du CNRS (UMR CNRS 6508), de l’ENSICAEN et de l’Université de Caen Normandie – pour développer un groupe de métallurgie. Ce groupe a été initialement conçu pour mener des travaux régionaux en métallurgie et ainsi répondre aux appels d’offres des industriels. Au moment où nous réalisons cette interview, une équipe d’une quinzaine de personnes (dont quatre titulaires) travaille au sein du laboratoire, sur la recherche académique et sur des projets industriels dans l’automobile, l’aéronautique et le nucléaire. Les travaux portent principalement sur l’endommagement des matériaux : tenue en température, tenue mécanique, corrosion, mais aussi irradiation.

En 2015, l’équipe du professeur Éric Hug a commencé à travailler sur les procédés de fabrication additive métal. Grâce à une aide des collectivités territoriales, le laboratoire s’est doté d’une machine SLM 125 par fusion sélective par laser (en anglais, Selective Laser Melting - SLM). Dès le début de ses travaux en fabrication additive, Éric Hug et son équipe font le constat que la technologie est tirée par les industriels, et peu par le secteur académique. Ils souhaitent donc réunir la recherche académique dans une structure. Pendant deux ans, Éric Hug travaille avec un groupe de collègues de différents laboratoires au niveau national pour monter un dossier qui aboutira, au début de l’année 2021, à la création du GDR ALMA (alliages métalliques par/pour la fabrication additive). Il s’est rapidement retrouvé avec vingt-cinq laboratoires et 250 à 300 personnes dans la liste mails du GDR. « Le contexte a ralenti le lancement de ce projet avec les premières rencontres qui se sont déroulées début février 2021... en distanciel », explique le professeur du laboratoire Crismat. Mais l’ambition est inchangée, consistant à « proposer une structuration des acteurs scientifiques français autour des problématiques fondamentales issues de la fabrication additive concernant les interactions entre la science des matériaux, la mécanique et l’ingénierie des procédés ».

Bonjour Éric, quelles sont les missions du GDR Alma ?

Depuis janvier 2021, la principale mission du GDR Alma est de créer des liens et des échanges pour des collaborations inter-laboratoires. Ensuite, et cela constitue notre seconde mission, des sujets fédérateurs doivent émerger. Pour cela, des actions fédératives sont définies. Celles-ci se situent plutôt en amont du processus de fabrication et se focalisent sur des matériaux modèles plutôt que des matériaux industriels. Par exemple, nous avons créé une activité sur le nickel pur pour regarder les propriétés du matériau en fabrication additive, aussi bien mécanique qu’électrochimique ou encore magnétique. Nous avons également une activité sur l’acier inox 316L et une troisième sur le lien « procédés, microstructures et propriétés ». Ces actions fédératives vont être portées par des membres du GDR pour créer des groupes de travail et initier des collaborations. L’objectif est évidemment de publier des résultats et de proposer des sujets de thèses. Ces recherches se veulent le pendant de nos projets industriels en cours. Les sujets traités dans le GDR sont remontés par nos travaux industriels et concernent essentiellement les mécanismes métallurgiques élémentaires inhérents au procédé de fabrication.

La formation est-elle intégrée aux travaux du GDR ?

Il s’agit de notre troisième mission. Nous souhaitons mettre en place, cette année, une école virtuelle – la rentrée de septembre au plus tard – pour les docteurs et les jeunes chercheurs. Le programme de cours en distanciel, sur une année, a pour but de donner la parole aux doctorants sur leurs problématiques. En parallèle, nous allons contribuer et participer à des écoles thématiques. Nous travaillons sur l’école thématique « fabadd ». Suite à la Covid-19, son lancement a été reporté à la fin mai (2021). Cette école thématique, qui se déroule sur 3-4 jours, est un enseignement intensif. La troisième mission du GDR Alma est donc de former des personnes à la nouvelle métallurgie issue des procédés de fabrication additive, aux microstructures obtenues et aux impacts sur les propriétés.

D’autres missions au GDR Alma...

La quatrième mission est la communication sur les travaux. Nous devons nous rapprocher d’autres associations ou communautés de la fabrication additive pour que tout le monde aille dans le même sens. Créer du lien institutionnel entre les différentes structures qui émergent ou ont émergé ces dernières années. Nous devons être une porte d’entrée pour tous les laboratoires qui s’intéressent à la fabrication additive métallique. Nous souhaitons également créer une plateforme afin de référencer la fabrication additive en milieu académique : les machines, leurs lieux, les alliages étudiés, etc. Nous souhaitons également recenser les moyens expérimentaux de caractérisation et les moyens numériques de notre communauté.

Comment s’inscrit-on au GDR Alma ?

Devenir membre est gratuit pour tous les académiques. Il suffit de m’envoyer un mail. Cette inscription n’est pas individuelle. C’est le laboratoire qui s’inscrit et doit souhaiter participer aux travaux du GDR. Pour les industriels ou les laboratoires qui ne sont pas du CNRS, une participation est requise pour financer les activités du GDR. Nous développons ainsi progressivement un collectif d’industriels qui sont intéressés par nos travaux.

Contenu Encadré

LISTE DES LABORATOIRES DU GDR ALMA

  • CEMEF, centre de recherche de MINES ParisTech associé au CNRS.
  • Centre interuniversitaire de recherche et d’ingénierie des matériaux - UMR CNRS 5085.
  • CRISMAT - Laboratoire de cristallographie et sciences des matériaux – UMR CNRS 6508.
  • GE2Lab - Grenoble génie électrique – Grenoble Electrical Engineering.
  • GeM – Institut de recherche en génie civil et mécanique.
  • Institut Cl ment Ader - Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées / UMR CNRS 5312.
  • Le laboratoire interdisciplinaire Carnot de Bourgogne (ICB).
  • Institut de Chimie moléculaire et des matériaux d’Orsay.
  • Institut de chimie et des matériaux Paris-Est.
  • Institut Jean Lamour - Laboratoire de recherche en science des matériaux.
  • I2M - Institut de mécanique et d’ingénierie.
  • Institut des matériaux Jean Rouxel.
  • IMSIA - Institut des sciences de la mécanique et applications industrielles.
  • Institut de recherche Dupuy de Lôme.
  • Institut des sciences chimiques de Rennes – UMR CNRS 6226.
  • Institut de thermique, mécanique, matériaux (ITheMM).
  • Laboratoire de mécanique des contacts et des Structures – UMR CNRS 5259
  • Le LAMPA, Laboratoire angevin de mécanique, procédés et innovation.
  • Le Laboratoire des sciences de l’ingénieur pour l’environnement (LaSIE) - UMR CNRS 7356.
  • Le LEM3 – Laboratoire d’études des microstructures et des mécaniques des matériaux - UMR CNRS 7239.
  • INSA Rennes - Laboratoire de génie civil et génie mécanique (LGCGM).
  • Le Laboratoire Georges Friedel - UMR CNRS 5307.
  • Le Laboratoire de mécanique et génie civil (LMGC).
  • INSA Rouen Normandie - LMN - Laboratoire de mécanique de Normandie.
  • Le Laboratoire de mécanique des solides – UMR CNRS 7649 - école Polytechnique.
  • Le Laboratoire des sciences des procédés et des matériaux – UPR 3407.
  • Le Laboratoire de tribologie et dynamique des systèmes – UMR 5513.
  • Le Centre des matériaux - MINES ParisTech.
  • LE MatéIS - Laboratoire de science des matériaux à l’intersection de champs disciplinaires.
  • L’institut P’ - Laboratoire de recherche des domaines des sciences physiques et des sciences de l’ingénierie.
  • LE PIMM - Procédés et ingénierie en mécanique et matériaux - UMR CNRS 8006.
  • Le laboratoire Roberval.
  • Le SIMAP - Science et ingénierie des matériaux et procédés.

Puisque vous êtes là...

... nous souhaiterions vous inviter à vous abonner à A3DM Magazine.

A3DM Magazine est la revue papier et digitale de référence en fabrication additive et en impression 3D. (Vous pouvez lire et découvrir les articles dans la rubrique « Magazine » du site A3DM). Pourquoi vous abonner ?

  • Pour accéder à l’ensemble des informations du secteur de la fabrication additive et de l’impression 3D, à des dossiers industriels, à des analyses techniques et des fiches pratiques, à des contenus exclusifs, aux appels d’offres et aux subventions de la Commission européenne, à des leçons d’anglais pour ingénieurs...
  • Pour garantir la liberté de ton et l’exigence professionnelle de la revue.
  • Pour soutenir le secteur de la fabrication additive et de l’impression 3D qui a besoin de médias spécialisés pour promouvoir la technologie, partager les savoirs et savoir-faire, et fédérer la communauté.

 

Je m'abonne

Newsletter

Ne manquez plus aucune info sur la fabrication additive