News Mercredi 10 mars 2021 - 11:06

Rencontre avec Florian Berthelot, Responsable Développement chez F3DF

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Rencontre avec Florian Berthelot

Florian Berthelot est responsable développement pour F3DF, organisme de formation professionnelle continue dédié à l’ingénierie 3D et la fabrication additive. Il accompagne les sociétés et les particuliers qui souhaitent développer leurs compétences sur la conception et l'impression 3D professionnelle. Il défend une approche innovante de la pédagogie à travers des cursus mixant digital learning et formation opérationnelle en condition de travail.

Il est également à l'origine du réseau Lyon 3D qui regroupe les professionnels de la fabrication additive en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Quels sont les enjeux de la formation en fabrication additive ?

Le discours ambiant actuel chez les différents acteurs de la fabrication additive – formateurs et professionnels - est que le développement de la technologie est freiné par le manque de compétence. Ce constat est d'autant plus étonnant que cette technologie est intéressante pour innover, mettre en place des supply chain plus souple, réinternaliser certaines productions… Beaucoup d'avantages sont mis en avant. L'une des raisons pour laquelle cette technologie n'est pas plus utilisée est la méconnaissance des différents procédés et de leurs fonctionnements. Aujourd'hui, la majorité s'accorde à dire que cette technologie sera importante dans l'industrie du futur. La crise sanitaire a montré qu'il était possible avec la fabrication additive de produire des pièces sur-mesure en séries et de concevoir de manière plus intelligente et plus locale. Il ne reste plus qu'à faire connaître ces technologies. Le terme « impression 3D » porte parfois à confusion face à un ensemble de famille de procédés avec chacun leur contraintes et leurs libertés. Par conséquent, il y a un besoin d'information sur plusieurs niveaux : adapter la conception pour les bureaux d'études, connaitre les procédés pour les acheteurs, les intégrer dans la production, former les collaborateurs...

Quel est l'état de la formation en fabrication additive aujourd'hui ?

Cela fait maintenant sept ans que F3DF est présent sur le marché de la formation en fabrication additive. Au début, il y avait un manque. Pour autant, j'ai l'impression qu'aujourd'hui, l'offre s'étoffe progressivement, notamment en formation initiale. La plupart des écoles et universités ont intégré a minima un fablab et des modules dédiés à la fabrication additive dans leurs cursus. Néanmoins, la formation continue est toujours insuffisante. L'offre est spécifique à une technologie ou à une marque, mais est dépourvue d'une approche transversale. F3DF s'est positionné de manière que l'apprenant ait une vue d'ensemble de la chaîne de fabrication. Nous mettons par exemple l’accent sur la conception, qui est souvent oubliée dans le cursus. Pourtant, sans un fichier adapté au procédé, même en sachant manipuler la machine, l'impression 3D ne sera pas optimale. Il en va de même pour le post-traitement ou les problématiques de sécurité, qui sont une partie intégrante du processus de production.

La formation ne sera pas la même si l'on forme un acheteur, un designer ou un manager qui doit intégrer ce procédé dans son entreprise

Comment est-ce que l'on forme chez F3DF ?

Dans un premier temps, nous avons des formations phares, pour les chefs de projet ou les techniciens de fabrication, avec la possibilité de moduler ces éléments pour aller chercher la compétence en fonction de l'avancée du projet d'intégration. La formation ne sera pas la même si l'on forme un acheteur, un designer ou un manager qui doit intégrer ce procédé dans son entreprise. Nous avons donc une grille de compétence transverse dans laquelle l'apprenant va pouvoir piocher en fonction de son métier et son statut dans l'entreprise. Parce que notre catalogue de formation est très diversifié, nous nous appuyons sur un réseau de professionnels pour répondre à des problématiques très précises et suivre les évolutions de ce secteur qui va très vite. Au-delà de la diversité de contenu, notre offre est également diverse dans sa forme. Puisque notre clientèle est composée de professionnels, leurs disponibilités peuvent varier. Nous avons donc des formations sur-mesure sur leur lieu de travail, dans toute la France, et deux centres, à Paris-Saclay et à Lyon, où nous recevons des groupes. Pour plus d'agilité, nous avons mis en place une partie en ligne il y a trois ans. Elle a connu un grand succès durant la pandémie de la Covid-19. Ces modules permettent d'acquérir les compétences en amont de l'intégration ou pour la conception et sont complétés par des webinaires et des forums de partage. Cette partie en ligne a donné naissance à une communauté d'apprenants et d'utilisateurs d'impression 3D. Nous formons sur toutes les technologies, mais la plupart de nos formations se concentrent sur les procédés les plus utilisées en pratique : les polymères (FDM, SLA, SLS) et une partie métal. Cependant, peu importe la technologie, la formation comprend toujours un module qui concerne la conception, qui, pour nous, est indissociable de la manipulation des machines. 

Quels sont les points forts et les points faibles de l’e-learning ?

Le point faible principal est la distance entre les apprenants et les formateurs. Elle est contrebalancée par la facilité d'accès, le rythme, qui peut être adapté, et la communauté, qui est très active. Nous avons proposé à cette communauté de mettre en place une entraide, pour échanger entre eux s'ils ont des difficultés. Pendant un an après sa formation, l'apprenant va avoir accès à une plateforme avec des modules et des lives qui vont approfondir la formation. La communauté n'a jamais été aussi présente qu'avec les cours en ligne. De plus, une partie de nos webinaires sont diffusés sur Youtube. Ces diffusions sont une manière pour nous de démocratiser la fabrication additive. Elles permettent à des néophytes d'appréhender le sujet plus facilement.

Quel profil à votre clientèle ?

Notre clientèle est composée en majorité de petites et moyennes entreprises (PME). Environ 80 % de PME et 20 % de grands comptes. Nous accueillons également de jeunes entrepreneurs qui créent leur entreprise. Beaucoup de nos apprenants sont aujourd'hui des prestataires en conception ou des distributeurs. En termes d'âge, le profil est très diversifié. Certains sont des jeunes en sortie d'études qui cherchent à se spécialiser davantage et d'autres ont plutôt un profil expérimenté et se reconvertissent pour devenir manager ou chef de projet dans la fabrication additive. En ce qui concerne les métiers, grâce à notre approche transversale, axée sur les compétences, nous avons des profils très différents, qui vont du designer au chef de projet en passant par l’opérateur.

Il faudrait rapprocher davantage les fabricants - les experts - et les structures éducatives pour les accompagner et renforcer leur veille sur les évolutions de la technologie

N'importe qui peut-il devenir un professionnel de la fabrication additive ?

Au fil du temps, nous nous sommes aperçus que nos apprenants étaient issus de secteurs de plus en plus ouverts. Par exemple, nous avons créé une équipe dédiée au médical, car la fabrication additive y est en pleine croissance, notamment dans les secteurs orthopédique et dentaire. Nous avons de plus en plus d'apprenants issus du domaine créatif également. Tous les métiers sont en train de digitaliser leurs approches.

Comment peut-on améliorer l'offre de formation en France et sa qualité ?

Dans un premier temps, chez F3DF, nous essayons d'adapter nos formations aux évolutions des technologies et de la société. À cause des restrictions de déplacement et le développement du télétravail, nous les avons fortement digitalisées. En termes d'offre, je pense qu'il faudrait rapprocher davantage les fabricants, les experts et les structures éducatives pour les accompagner et renforcer leur veille sur les évolutions de la technologie, des matériaux, des fabricants…

Comment peut-on devenir un professionnel de la fabrication additive ?

Dans un premier temps, il faut s'appuyer sur sa propre expérience d'un secteur et ajouter cette brique par-dessus. Il faut se tenir informer des actualités, par la presse et par les salons professionnels, si possible, ou des webinaires. Ensuite, même s'il est possible de se former de manière autodidacte, la formation professionnelle va faire économiser du temps et de l'argent à l'apprenant, en l'orientant vers des choix plus éclairés. Cette formation est encouragée de financièrement. La plupart de nos formations sont prises en charge, que ce soit par l'organisme auquel l'apprenant appartient ou par des aides et des financements, comme le compte professionnel de formation.

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