News Mercredi 7 avril 2021 - 11:45

Rencontre avec Pauline Le Borgne, responsable fabrication additive au Cetim

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Rencontre Pauline Le Borgne Cetim

Pauline Le Borgne dirige l'Additive Factory Hub piloté par le Centre technique des industries mécaniques (Cetim), situé sur le plateau de Saclay en banlieue parisienne. Elle est également responsable du projet transversal « Fabrication additive » qui structure toutes les activités en fabrication additive du Cetim, dont la formation. Une de ses missions est de répondre aux besoins des industriels – majoritairement des PME mécaniciennes parmi lesquelles certaines sont des actrices de la fabrication additive métallique, par exemple les fournisseurs de matières premières ou encore les fournisseurs d'équipements comme AddUp… Parmi les 400 formations dispensées par le Cetim, huit modules, répondant à l’ensemble de la chaîne de valeur, sont entièrement dédiés à la fabrication additive sans compter toutes les sessions connexes. Rencontre avec Pauline Le Borgne, responsable de la fabrication additive au Cetim. 

Quels sont les enjeux de la fabrication additive en France ?

Clairement, un des enjeux de la formation en fabrication additive est d'intégrer les changements qu'apporte l'arrivée de ces technologies. L'impression 3D a défini un nouveau paradigme qui n'a pas encore été assimilé chez tous les industriels. Aujourd'hui, réaliser une pièce par fabrication additive sans l'avoir optimisée pour ce moyen de production n'a aucune valeur ajoutée. Il faut repenser le système dans lequel la pièce est intégrée pour réellement retirer tout l'intérêt de la fabrication additive. Les géométries complexes, la personnalisation, l'allègement des structures… Tous ces aspects ne sont possibles qu'en repensant la manière de concevoir. Cela passe d'abord par une montée en compétences des ressources humaines autour de l'impression 3D. La fabrication additive n'est pas la réponse à toutes les applications industrielles de demain, mais uniquement une partie d'entre elles. Elle reste un moyen de production parmi d'autres. Il faut retenir la fonction essentielle du produit et limiter au minimum le nombre de pièces pour une seule fonction. On pourra réduire des opérations de soudage en pliant une tôle, par exemple. L'enjeu est donc d'apprendre comment se servir de la fabrication additive, mais également pourquoi et quand s'en servir.

Quel état faites-vous de la formation en France ?

L'offre de formations aujourd'hui en France est très fournie. Du côté des formations initiales, de nombreux cursus ont ouvert à travers la France. De même pour les formations continues qui sont de plus en plus nombreuses. Cette offre est si foisonnante que parfois les entreprises peuvent s’y perdre. C'est pourquoi, il est important d'accompagner les professionnels pour qu'ils puissent choisir la formation la plus adaptée à leurs besoins. Toutes les entreprises n'ont pas le même besoin de compétence ou le même chemin à parcourir. Certaines sont déjà initiées à certains procédés tandis que d'autres découvrent à peine la technologie. Le Cetim peut être une solution pour trouver la solution la plus adaptée à leur besoin de compétence.

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Pièces MBJ Cetim

Pièces produites grâce au procédé Metal Binder Jetting par le Cetim. (Source : Cetim) 

Quelles formations proposez-vous ?

Nous dispensons actuellement huit modules entièrement dédiés à la fabrication additive et d'autres pour venir la compléter. Le premier est un module permettant de découvrir l'ensemble des procédés de fabrication additive disponibles actuellement, qui traitent des matériaux métalliques et polymères. Au sein de ce module, les apprenants voient aussi comment concevoir pour la fabrication additive. Ensuite, les formations sont plus spécifiques. Nous traitons les matériaux, les procédés, les méthodes de caractérisations et de contrôle, les post-traitements… Un module est également dédié au procédé Metal Binder Jetting. Ces formations peuvent être dispensées dans nos locaux, en inter, ou directement chez le client, en intra. En parallèle, dans le cadre de notre mission de Centre Technique Industriel (CTI), nous assurons le transfert de connaissances à l’industrie par d’autres actions . C’est dans ce cadre que nous réalisons des actions de sensibilisation (ex. Rendez-vous de la Mécanique ou accompagnement) et nous leur exposons les grands principes de la fabrication additive métallique, ses avantages et ses limites. Nous disposons également de plateformes partagées,  au sein desquelles les entreprises peuvent venir appréhender les technologies que possède le Cetim durant des périodes d'un an à 18 mois (Saint-Étienne, Bourges, Cluses). Un consortium d'entreprises se met d'accord sur un programme de recherche commun et avance en parallèle sur ses propres besoins. Par exemple, une prothèse de hanche qui est aujourd'hui posée sur patients y a été conçue et qualifiée. Même si ce modèle de plateformes n'est pas en tant que tel une formation, elles restent un outil technologique de transfert intéressant et efficace. Enfin, pour des entreprises désirant s’attaquer aux verrous technologiques de la fabrication additive, l’Additive Factory Hub, piloté par le CETIM et soutenue par la Région Île-de-France, mutualise sur le plateau de Saclay des moyens et des compétences pour faire avancer la recherche et assurer un transfert des avancées technologiques au tissu industriel Français, notamment à travers des accompagnements personnalisés et soutenus par les pouvoirs publics.

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La plateforme AddUp de l'Additive Factory Hub de Paris-Saclay. (Source : Cetim)

Quels profils ont vos apprenants ?

Le Cetim forme essentiellement des industriels, des petites entreprises de cinq personnes aux grands groupes et de tous marchés. Ces apprenants peuvent être formés à différents postes : techniciens, ingénieurs, décideurs, managers… Il existe, par exemple, un module nommé « Comment intégrer la fabrication additive à ma chaîne de production ? » qui touche l'ensemble des métiers d'une entreprise. Le Cetim et ses partenaires ont travaillé à l'établissement d'une méthodologie dans le cadre d'un programme pilote financé par la BPI (3D Start PME) pour accompagner les entreprises dans l'intégration de la fabrication additive. Elle prend en compte l'ensemble des problématiques autour de l'intégration de la fabrication additive comme les ressources humaines, le business model, le retour sur investissements…

Comment améliorer la formation en fabrication additive ?

Le Cetim s'emploie à coordonner les initiatives de recherche et de développement sur la fabrication additive métallique pour avoir un paysage français bien coordonné au service de la filière. Nous sommes dans une optique d'homogénéisation. Le marché est en expansion et les besoins des entreprises nous permettront d'affiner cette offre française de formations. Les compétences sont présentes sur le territoire pour accompagner les entreprises vers l'intégration de la fabrication additive et je pense qu'il faut accompagner les industriels vers les bons vecteurs de montée en compétences. Les industriels sont motivés et actifs. Je pense qu'il faut laisser le temps aux entreprises d'intégrer les technologies et que les compétences en découleront naturellement.

Est-ce que n'importe qui peut devenir un professionnel de la fabrication additive ?

N'importe qui avec de la volonté peut l'être. Même si la technologie est encore relativement jeune, le cerveau humain est résilient, il a une grande capacité d'adaptation. Il est évidemment plus facile d'apprendre à maîtriser et concevoir pour ces technologies en tout début de formation, mais il n'y a pas d'âge pour appréhender la fabrication additive. Les grandes pointures de l'impression 3D le prouvent.

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