News Lundi 10 janvier 2022 - 20:52

« En impression 3D, il y a des évolutions technologiques, mais pas de révolutions. » Rencontre avec Quentin Kiener, président-fondateur chez 3D Prod

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Ce mardi 11 janvier 2022, de 10h à 11h, 3D Prod, HP et l’équipe d’A3DM organisent un webinaire sur « l’industrialisation de l’impression 3D ». La société 3D Prod ouvrira notamment son atelier de Raon-l'Etape pour une visite en ligne. Quelques jours avant cet événement, A3DM Magazine a rencontré Quentin Kiener, président-fondateur chez 3D Prod, pour connaître un peu mieux la société française et découvrir le programme du webinaire.

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3D Prod accompagne les professionnels et les particuliers dans leurs projets de fabrication de pièces plastiques en impression 3D. Avec plus de 15 ans d’expérience, la société française utilise des technologies industrielles d’impression 3D pour fabriquer des pièces rapidement. Elle possède plus de 1 500 clients actifs pour qui elle produit plus de 1 000 pièces par jour : des prototypes, des préséries, des outillages...  

3D Prod possède un large panel de technologies d’impression 3D polymère leur permettant de répondre aux différentes demandes de leurs clients, que ce soit pour la production de pièces mécaniques, en couleur ou transparentes, avec des traitements spécifiques, etc. Ainsi, elle utilise les technologies : le Multi Jet Fusion de HP, le SLS avec des poudres polyamide et polyamide chargée, la stéréolithographie (SLA) avec différentes résines, le dépôt de matière fondue (FDM), le Polyjet ou encore la coulée sous vide pour compléter le panel des matériaux qui ne sont pas disponibles en impression 3D.

Pour commencer sur le sujet de l’industrialisation de l’impression 3D, pouvez-vous nous expliquer comment vous définissez les pièces (avec vos clients) qui auront un avantage de fabrication en impression 3D ?

Il faut considérer l'impression 3D comme un moyen de fabrication à part entière. Elle est un véritable outil de production et plus uniquement de maquettage. Avec les clients qui ne connaissent pas ou peu l'impression 3D, nous sélectionnons une pièce. Nous regardons la technologie de fabrication additive qui conviendrait le mieux pour cette application. Ensuite, nous utilisons les avantages de l'impression 3D. Nous pouvons reconcevoir la pièce avec, par exemple, de nouvelles géométries telles que des nids d'abeilles, des structures lattices, etc.

Le choix de la technologie dépendra de l’application ! Le besoin porte-t-il sur l’aspect, la précision, la résistance mécanique, la résistance thermique, l'étanchéité, l'état de surface, etc. ?

De manière générale, pourquoi vos clients se tournent-ils vers l'impression 3D ?

La majorité de nos clients utilise la technologie d'impression 3D pour la fabrication de prototypes, de maquettes ou des modèles. La fabrication additive leur permet de concevoir rapidement et à moindre coût des pièces pour lesquelles ils utilisaient auparavant des moyens traditionnels plus coûteux et plus longs. Pour une autre typologie de client, l’impression 3D sert à la fabrication de petites séries. Dans la majorité des cas, ces clients se penchent vers l’impression 3D, comme pour la conception d’outillages, car la fabrication traditionnelle est coûteuse. Ils regardent les avantages de l’impression 3D comme moyen de production, notamment pour le délai et les coûts de production. Enfin, nous avons des clients, en nombre assez limité, qui conçoivent leurs pièces en pensant, en amont, dès la conception, qu'ils vont utiliser l'impression 3D. Ils cherchent la faisabilité puisque la réalisation de la pièce n'est pas envisageable avec d'autres technologies.

Vous accompagnez vos clients dès la conception ?

Plusieurs cas sont possibles. Pour le client qui souhaite fabriquer un prototype, nous pouvons l'accompagner pour modifier son fichier afin qu'il soit réalisable en impression 3D. Pour le client qui souhaite imprimer des pièces en petite série, là aussi, nous pouvons l'accompagner à aménager ses pièces pour qu'elles soient fabriquées plus facilement, plus rapidement et à moindre coût en impression 3D. Pour la troisième catégorie, ceux qui ont déjà conçu leurs pièces pour l'impression 3D, ils n'ont généralement pas besoin d'accompagnement. Lorsque nous accompagnons nos clients dans la conception, nous travaillons généralement sur la géométrie, les supports, les épaisseurs, les découpes lorsqu'il s'agit de pièces de grande taille, les évidements pour enlever la poudre, etc.

Certains de vos clients intègrent-ils une technologie d’impression 3D dans leur entreprise après avoir travaillé avec vous ?

Quelques-uns le font ! Il s'agit généralement de l'achat d'une petite imprimante 3D de bureau. Pour ceux qui souhaitent produire en masse avec des technologies plus lourdes, cela est plus rare car les investissements sont conséquents : investissements matériels, périphériques – en amont pour la préparation des fabrications et en aval pour la finition –, mais aussi les investissements humains.

Il n'y a pas de véritable révolution technologique. Il y a des évolutions technologiques, mais pas de révolutions.

Quelles évolutions technologiques avez-vous pu observer ces dernières années ?

Pour moi, il y a deux évolutions majeures : la technologie et les matériaux. La technologie s’industrialise de plus en plus avec l’augmentation de la vitesse de fabrication, l’amélioration des caractéristiques des pièces, etc. Nous évoluons également sur la partie « matériaux » avec des matériaux plus résistants, plus étanches, avec un meilleur état de surface, une meilleure durabilité dans le temps, etc.  Il n'y a pas de véritable révolution technologique. Il y a des évolutions technologiques, mais pas de révolutions.

Et quels sont les freins qu'il faut encore lever pour rendre la technologie plus industrielle ?

Les freins sont simples : le temps de fabrication par rapport aux méthodes traditionnelles et le coût des matériaux. Il faut que la technologie soit plus rapide et que les matériaux soient moins coûteux. Comme nous l’avons dit précédemment, les technologies sont effectivement plus rapides, mais nous sommes encore loin de l’injection plastique, par exemple. En modifiant ces leviers, nous serons capables de modifier le point de bascule entre procédés traditionnels et impression 3D, et ainsi envisager de plus grosses séries de production en fabrication additive.

Pouvez-vous nous présenter le webinaire « L’industrialisation de l’impression 3D - Réalisation de pré-séries industrielles et production d’outillage » qui aura lieu le 11 janvier entre 10h et 11h ?

3D Prod présentera deux cas d'application : une fabrication de petite série de pièces dans le secteur des drones et un outillage. Il s'agit de deux applications inhabituelles en impression 3D. Ensuite, nous visiterons virtuellement les locaux de 3D Prod afin que les personnes puissent se rendre compte de ce qu'est une machine industrielle d'impression 3D et ce qu'est un atelier de production industrielle. Enfin, il y aura un temps d'échanges questions/réponses.

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