News Mercredi 17 mars 2021 - 10:29

Rencontre avec Sébastien Guenet, directeur général du pôle formation de l'UIMM Champagne-Ardenne

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Rencontre Sébastien Guenet

L'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) de Champagne-Ardenne est une organisation patronale qui accompagne les entreprises de l'industrie métallurgique dans leurs besoins en compétence. Elle propose ainsi des formations aux jeunes, salariés et demandeurs d'emploi pour se former aux métiers de la métallurgie. Rencontre avec Sébastien Guenet, directeur général du pôle formation !

Quels sont les enjeux de la formation en fabrication additive ?

Depuis environ six ans, la tendance est à l'incorporation de l'impression 3D dans les métiers de la métallurgie. Pour progresser de manière générale sur la fabrication additive, que ce soit en termes de recherche et de développement ou de production, il faut former. Le pôle formation de l'UIMM de Champagne-Ardenne a débuté en impression 3D avec quelques machines utilisant le procédé de fabrication additive FDM (dépôt de matière fondue). Rapidement, une première machine de projection de liant sur lit de sable a été intégrée au centre pour répondre aux besoins de la métallurgie. Celle-ci permet de produire des moules sans outillage et dans des formes plus complexes que ne le permettent les méthodes traditionnelles.

L’enjeu est également celui du recrutement. La fabrication additive est arrivée à une époque où le métier de mouleur à la main n’attire plus personne. Les premiers essais avec l'imprimante 3D utilisant la projection de liant sur lit de sable ont été très appréciées des entreprises. Tellement qu’ils ont souhaité acquérir leur propre machine. Les forgerons, eux, sont plus intéressés par les technologies métalliques, notamment le procédé d’impression 3D SLM (par fusion sélectif par laser traduit de l’anglais Selective Laser Melting). La plateforme Platinium 3D a ainsi été créée avec cinq technologies différentes réunies en un seul lieu. L’engouement existe dans l’industrie, l’enjeu est donc d’y répondre en apportant les compétences.

Quel est l'état de la formation en fabrication additive aujourd'hui ?

Je pense que l'offre de formation en fabrication additive, en France, est riche aujourd'hui. Beaucoup d'écoles ont créé et continuent d'ouvrir des cursus dédiés ou qui abordent la fabrication additive. Maintenant, il faut la structurer, la rendre plus lisible. Plusieurs questions restent sans réponses. Quel niveau peut-on exiger à un opérateur machine ? Faut-il que les machines ne soient manipulées que par des ingénieurs ? Quels parcours sont nécessaires ?

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Imprimante 3D Voxeljet Platinium 3D

Comment est-ce que l'on forme à l'UIMM ?

L'UIMM propose des formations initiales et continues. Les formations continues ne vont généralement traiter que d’une technologie, car le temps d’apprentissage est court et qu’il faut le rentabiliser au maximum. Les parcours initiaux vont traiter de tous les procédés. Elles commencent à Bac+3 avec les licences pros et vont jusqu'au diplôme d'ingénieur. Les formations se font uniquement en alternance, qui à nos yeux et le meilleur moyen d'apprendre pour nos étudiants. Ce dispositif permet à la fois d'initier l'alternant aux exigences du monde professionnel et d'amener progressivement les compétences dans les entreprises. L'alternance apporte donc autant à l'étudiant qu'à l'employeur et permet ainsi de développer la fabrication additive en général. La licence professionnelle, cursus qui ne dure qu'un an, est plus basée sur les métiers. Nous allons former aux métiers de la conception ou d’opérateur machine. Les formateurs sont issus du monde professionnel et apporte ainsi un retour d'expérience en plus aux alternants. Ils permettent également d'assurer aux étudiants une veille technologique accrue. Au niveau du diplôme d'ingénieur, à ses cours pratiques s'ajoutent des modules plus théoriques avec des enseignants chercheurs qui vont aborder des connaissances plus académiques sur les matériaux, par exemple.

Quels profils ont vos étudiants?

Nos apprenants ont des profils variés. Les étudiants en licence professionnelle sont pour la plupart issus d'un DUT ou d'un BTS, généralement dans le domaine de la productique, le génie civil ou la conception de produits industriels. Les étudiants ingénieurs, eux, auront plutôt un profil scientifique, en sortie de DUT de sciences et chimie des matériaux, par exemple. Ils devront assimiler des connaissances en loi de comportements de matériaux, simulation de résistance à la fatigue, etc. Les salariés pour les formations continues sont souvent des techniciens, parfois des ingénieurs ou même des chefs de projet qui souhaitent approfondir leurs connaissances dans le domaine de la fabrication additive. Les formations accueillent également des demandeurs d'emploi pour qui le problème principal est de délivrer des qualifications.  

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SLM solutions Platinium 3D

Comment peut-on développer la formation en France ?

Pour développer la formation en fabrication additive, il faut certifier et apporter plus de reconnaissance aux programmes déjà existants. À l'UIMM, nous avons développé les certificats de qualification paritaire de la métallurgie (CQPM) qui attestent des compétences d'un salarié au niveau national. Il faut transposer cela et créer un processus de certification généralisé. Pour l'instant, l’État a mis en place le processus « Qualiopi », qui est un premier témoin de qualité. Chaque organisme développe son propre certificat, avec plus ou moins de réussite. Cette diversité de certificat rend l’offre illisible pour les entreprises. Il faut également développer des solutions de financement. À l'UIMM, nous développons des certificats éligibles au compte professionnel de formation (CPF) créé par l'État.

N'importe qui peut-il devenir un professionnel de la fabrication additive ?

Tout dépend du temps que l'on se donne ! L'impression 3D n'est pas aussi accessible qu'elle ne le laisse penser. Même au niveau de la fabrication additive polymère la plus utilisée – le procédé d'impression 3D FDM (par dépôt de matériau fondu) – des notions de chimie sont nécessaires pour réussir sa pièce et ne pas s'exposer à des risques HSE. À tous les niveaux, il faut comprendre : « ce que l'on fabrique et comment on le fabrique ». Cette dimension a disparu au fil du temps. Pour piloter un système de fabrication additive, il ne faut pas plus de compétences que pour une machine d'usinage, mais il faut des compétences en amont.

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