News Mardi 1 juin 2021 - 17:25

Rencontre avec Thomas Bourgoin, PDG et cofondateur de Handddle

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Durant ses études d’ingénieurs à l’INSA, Thomas Bourgoin se spécialise en génie mécanique. Durant son cursus, il étudie la conception et s’intéresse particulièrement à la fabrication additive. En 2012, peu d’applications concrètes de ces technologies ont émergées. Il acquiert de l’expérience à travers des stages chez des fabricants d’imprimantes 3D comme Prodways ou encore BCN3D.

L’aventure Handddle commence en tant que projet d’étude. Thomas Bourgoin et son associé Pierre Marigo, également étudiant à l’INSA, réfléchissent à une solution pour organiser les applications de fabrication additive. Ils pensent alors à créer un logiciel pour structurer les impressions 3D. Le projet reste dans un tiroir jusqu’à ce que la rencontre avec un ami d’enfance, Dylan Taleb, alors étudiant en achats internationaux à Kedge, ne redonne vie au projet. Naît alors la société Handddle qui accompagne les sociétés dans l’intégration de la fabrication additive. Thomas Bourgoin en devient le président directeur général, Pierre Marigo le directeur technique et Dylan Taleb le directeur commercial. Avec leur produit Smart Farm, ils offrent aux entreprises un environnement fermé, intelligent et automatisé pour bâtir leur chaîne de production 4.0. A3DM Magazine a rencontré Thomas Bourgoin, président et cofondateur de Handddle.

Pouvez-vous nous décrire votre produit ?

La Smart Farm est une solution hybride. La première partie, matérielle, est un équipement modulaire dans lequel se concentrent les imprimantes 3D, la matière première, les machines de post-traitement, outils et matériaux. Souvent, les machines de fabrication additive de bureau sont posées sur une table et les matériaux sont dispersés ici et là, à la volée. La Smart Farm répond à ce besoin de structuration que demandent les petites et moyennes entreprises. Grâce à elle, les différentes étapes de la chaîne de production numériques sont rassemblées au sein d’une unité fermée, hermétique aux sources de pollution, silencieuse et divisible en plusieurs environnements autonomes.

La deuxième partie de la solution est un logiciel. Handddle App centralise l’ensemble de l’écosystème de la chaîne de production. Grâce à ce logiciel, l’utilisateur bénéficie d’une automatisation et d’une traçabilité de sa production. Le logiciel prévoit les impressions et ajuste automatiquement les atmosphères. L’opérateur se dégage ainsi du temps pour se consacrer à d’autres tâches.

Vous avez d’ailleurs installé une micro-usine pilote chez Gryp 3D…

Exactement. Gryp 3D est spécialisée dans la reproduction de pièces détachées automobiles par fabrication additive. Leur parc machines était déstructuré et hétérogène. Puisqu’ils sont situés à Bordeaux, comme nous, Handddle a installé une Smart Farm pilote dans leurs locaux. Grâce à ce projet, leur installation est plus organisée et sécurisée. En échange, Gryp 3D teste la technologie et participe à son développement.

Aujourd’hui, ils sont capables de produire 200 à 300 pièces par semaine, sur une surface de seulement 6 mètres carrés.

La Smart Farm est-elle disponible en différentes dimensions ?

Pour l’instant, l'unité est disponible à la taille standard de 1 × 1 × 2 mètres, soit 2 mètres cubes. Elle a été conçue pour des machines de bureau. Une unité double est actuellement en cours de développement, pour des systèmes un peu plus imposants. Bien que la Smart Farm n’accepte pas les systèmes de grandes dimensions, le logiciel Handddle App peut lui gérer les imprimantes 3D qui cohabitent avec l’unité.

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La Smart Farm pilote installée chez Gryp 3D par Handddle. (Crédits : Handddle)

La Smart Farm est-elle une solution contre les risques HSE, avec les poudres notamment ?

La Smart Farm ne prend pas en charge les technologies à base de poudre – SLS (frittage sélectif par laser) ou SLM (fusion sélective par laser) – le système est en développement. Pour les autres technologies, à base de résine – SLA (stéréolithographie) et DLP (direct light processing) – ou pour le FDM (dépôt de matériau fondu), la Smart Farm réduit considérablement les risques HSE. Bien que la sécurité soit un des avantages de la Smart Farm, elle n’est pas une unité de filtration. Elle est une usine connectée, sécurisée.

Comment se fait cette connectivité entre les unités ?

La connectivité se fait par une électronique embarquée, installée grâce à des micros contrôleurs et des circuits imprimés. Le tout est relié à la Handddle App qui contrôle l’ensemble. Ouverture des systèmes, dépollution, température – de manière passive – tout est contrôlé et géré automatiquement.

Comment vous placez-vous par rapport à Beelse ou 3YOURMIND, qui eux aussi gère des usines connectées ?

Ces sociétés gèrent des usines à l’échelle macroscopique. Handddle se place d’un point de vue microscopique, au cœur de la production. Tandis que Beelse, par exemple, gère un réseau avec des sous-traitants, plaçant la fabrication additive en dehors des entreprises, Handddle les accompagne pour intégrer ces solutions. Ces deux technologies ne sont d’ailleurs pas incompatibles, nous discutons avec des acteurs comme Marklix ou AMFG pour savoir comment nous pouvons les aider à aller encore plus loin dans leur gestion des usines d’impression 3D connectées. Pourquoi pas, à moyen terme, développer un réseau de Smart Farm connectées.

Pour plus facilement implanter la fabrication additive dans les entreprises qui n’en disposent pas, êtes-vous en contact avec des fabricants pour fournir une solution clé en main ?

Acquérir une imprimante 3D complexe, seule, lorsque l’on ne dispose pas d’une connaissance en fabrication additive, n’a pas grand intérêt. Nous sommes en discussion avec différents fabricants bien connus du marché. Pour l’instant, aucune offre n’a encore été créée. La recherche de partenaires se poursuit. Il faut réfléchir à ce qui est inclus ou non dans l’offre. Ainsi, le client serait en mesure de s'équiper d’une micro-usine prête à l’emploi.

Quel est votre business model ?

La solution est hybride, le business model également. La partie matérielle, l’unité Smart Farm, est vendue comptant. Le logiciel est en licence annuelle, la tarification variant en fonction des utilisateurs. La solution est ainsi plus modulable et accessible. Pour le développement, Handddle fonctionne actuellement sur fonds propres. Les ventes financent en partie le développement. Pour le moment, les financements extérieurs ne sont pas une priorité.

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L'ensemble de la micro-usine est connectée à l'application Handddle App. (Crédits : Handddle)

Quels sont vos projets ?

Sur le court terme, l’attention est principalement portée sur le développement du logiciel. L’enjeu est de le rendre plus accessible et d’initier les usages dans les entreprises pour qu’elles entreprennent autour des sujets d’impression 3D. L’application va être poussée dans les petites, moyennes et grandes entreprises, même les non-initiées. Elle sera disponible en bêta test au mois de juillet prochain. Pour la partie matérielle, la deuxième version de la Smart Farm est en cours de développement. Elle sera positionnée en fin d’année sur le terrain pour des usines pilotes. L’objectif est d’atteindre la pré industrialisation d'ici à 2022.

En parallèle, les équipes travaillent sur une Smart Farm pour les technologies utilisant la poudre.

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