News Lundi 21 décembre 2020 - 16:18

Un nouveau monde. Réparation et personnalisation de jouets grâce à l’impression 3D

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Depuis plusieurs années, le marché du jouet prend un nouveau virage : plus éthique et plus écologique. En 2009, au moment où l’association française 60 Millions de Consommateurs révélait à travers une étude qu’un grand nombre de jouets contenaient des substances toxiques comme des phtalates (perturbateurs endocriniens) ou du formaldéhyde, la Commission européenne fixait une nouvelle directive pour améliorer la sécurité des jouets et le respect des seuils pour les substances CMR (cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction) et les métaux lourds tels que le plomb ou le mercure. Une fraction des consommateurs se tournaient alors vers des jouets plus sûrs, mais également plus éthiques ou encore plus écologiques. Quelques années plus tard, la durée de vie des jouets – en même temps que celle de nombreux autres biens de consommation – est au cœur des débats, souvent trop courtes et non repérables. L’industrie du jouet pollue. Elle a besoin de se moderniser. Certaines entreprises prennent alors le parti de concevoir des jouets réparables et même, recyclables. Dans ce secteur, l’impression 3D offre une solution pour transformer l’industrie, la moderniser et peut-être même la verdire.

Impression de jouets et réparation

Les jouets comme de nombreuses autres pièces, outils et composants sont imprimables. Les fichiers 3D de jouets, de jeux de société ou encore de figurines sont extrêmement nombreux sur les plateformes en ligne tels que Cults, Thingiverse ou encore MyMinifactory. Les amateurs peuvent télécharger de nombreux fichiers 3D à imprimer. La technologie leur offre également la possibilité de concevoir leurs propres modèles. Elle fait le bonheur des passionnés de jeu. Malgré cela, le marché de l’impression 3D de biens de consommation pour les particuliers a du mal à trouver son public en France. Mais un autre se développe, celui de la réparation.

En 2019, le fabricant d’imprimantes 3D Dagoma a lancé une opération appelée « Toy Rescue ». Celle-ci fait suite à un constat simple : « chaque année, plus de 40 millions de jouets sont jetés par les Français. Dans la majorité des cas ils ne sont pas réparables, pour une seule raison : les pièces détachées n’existent pas », nous a expliqué Florent Vanhove de Dagoma . L’opération a pour but de remplacer la pièce cassée : une nouvelle jambe, une nouvelle roue, tout ce qui peut manquer pour réparer un jouet ou compléter un jeu de société. « Ce projet a débuté en identifiant quelles étaient les pièces les plus perdues ou cassées sur les jouets populaires durant les 40 dernières années. Une équipe de designers 3D a modélisé et recréé de nombreuses pièces avec un scanner 3D ». Ces fichiers de pièces de rechange ont été mis en ligne sur le site de l’opération : Toy-Rescue.com. Ils sont accessibles à tout le monde.

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Un an – quasiment jour pour jour – après le lancement de l’opération, 230 000 pages du site ont été visitées. L’équipe du projet estime – en fonction des téléchargements réalisés – que plus de 5 000 jouets ont été réparés, avec en tête de classement des pièces téléchargées : le clapet cache pile de la Game Boy Nintendo, les pièces du jeu de société Docteur Maboul et les équipements de la figurine Goldorak. Le site compte, à l’heure où nous écrivons ces lignes, une centaine de fichiers de pièces détachées et « au moins 200 sont en attentes d’être mis en ligne sur le site », poursuit Florent Vanhove. Car la plateforme Toy-Rescue.com est collaborative et propose aux personnes qui ne trouvent pas les fichiers dont ils ont besoin ou qui n’ont pas d’imprimantes 3D de solliciter la communauté du Club Dagoma. « L’objectif de Toy Rescue est de permettre à chacun d’adopter un comportement plus responsable face aux déchets plastiques en donnant à tous l’opportunité de réparer plutôt que de jeter ».

Pour pousser plus loin la démarche écoresponsable, il est également possible de fabriquer ces pièces avec des filaments d’origine végétale ou des matériaux recyclés. Dagoma propose d’ailleurs une gamme de filament éco-conçue et issue de l'économie circulaire française à partir de PLA recyclé, FILO3D. Des filaments recyclés qui permettent également de concevoir des produits neufs et personnalisés... de plus en plus nombreux.

Personnalisation de jouet 100 % made in France

Les Mini Mondes est une autre société française innovante dans le secteur du jouet. Celle-ci a pour objectif de faire découvrir le vaste monde aux enfants, tout en transformant l’industrie des jouets, en proposant autre chose qu’une production made in China et en utilisant des matériaux recyclés. Cette société nantaise produit des jeux en plastique recyclé et des carnets de voyage pour enfants. Le plastique qu’elle utilise pour sa production de jouets est 100 % recyclé à partir de déchets de pots de yaourts qui sont transformés en granulés dans une usine située à Poitiers. Les jouets sont ensuite fabriqués de manière traditionnelle dans un centre du Finistère. Ils respectent la norme européenne EN13432 sur les emballages valorisables par compostage. Enfin, 1 % des bénéfices de chaque vente est reversé à une association qui aide des enfants à partir en vacances.

Les Mini Mondes est donc une société qui se veut made in France. Et c’est dans ce sens qu’elle a entamé une collaboration avec un autre nantais, le groupe ARMOR. Le géant chimiste français vient apporter une touche supplémentaire à la magie de cette société en permettant de personnaliser la roue avant du van de la Famille Duchemin, par exemple en imprimant le nom de l’enfant. L’équipe de Kimya d’ARMOR imprime cette roue par dépôt de matière fondue sur une simple imprimante 3D Prusa comme on le voit dans la vidéo ci-dessous. Et ce concept plaît. Tellement, qu’à l’approche de Noël, la société a dû mettre en pause la personnalisation de ce jouet pour pouvoir répondre à la très forte sollicitation et livrer les jouets personnalisés à temps.

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« Ce projet est un premier jet sur l’impression 3D. Nous croyons beaucoup à cette technologie et nous allons l’intégrer de manière plus intense par la suite. C’est une montée en puissance. Il s’agit des prémices d’une belle collaboration avec ARMOR », nous a expliqué Quentin Ory, cofondateur de la start-up. Ainsi, Les Mini Mondes vont aller plus loin dans la personnalisation et l’impression 3D. L’équipe réalise actuellement des tests pour la création de figurines et d’accessoires en petite série qui devraient – si tout va bien – voir le jour vers mars-avril 2021.

Découvrez comment Les Mini Mondes personnalise son jouet grâce à l'impression 3D sur une simple imprimante 3D Prusa.

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