News Lundi 25 mai 2020 - 09:13

Repenser les chaînes d’approvisionnement et la chaîne de valeur avec l’impression 3D

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Le monde a changé. En cause, la propagation fulgurante et planétaire d’un virus, appelé « SARS-CoV-2 » ou « Covid-19 ». L’humanité lui paie déjà un lourd tribut sur le plan sanitaire avec, plus de 3 millions de patients contaminés dans le monde et plus de 210 000 décès, mais aussi sur le plan économique. Il est variable selon les pays et estimé à 6 % du PIB pour la France. Le chiffre de 150 Mds € est avancé en agrégeant les coûts visibles et ceux cachés du confinement et déconfinement, qui peut s’étendre sur dix-huit mois. Le laps de temps estimé nécessaire à la mise sur le marché de traitements médicamenteux et d’une couverture vaccinale efficaces. Nous devons donc tous adopter de nouveaux comportements et participer à l’apprentissage collectif d’un nouveau mode de vie et de travail avec le virus. Il apparaît en effet que la crise sera bien plus longue et profonde que tout ce que nous avons pu expérimenter auparavant. 

S’adapter pour durer

Dans ce contexte incertain, il s’agit pour l’entrepreneur de prendre la mesure de ce bouleversement, d’en évaluer les impacts et d’imaginer plusieurs scenarii pour reprendre l’activité, s’armer pour durer et se projeter dans l’avenir selon les opportunités. Car au-delà des mesures conjoncturelles, des mesures structurelles seront inévitables. Consolider, se diversifier ou internaliser ? Chaque entrepreneur doit trouver son mode opératoire pour gagner en résilience selon la taille, le degré de spécialisation et le marché de l’entreprise. Il va devoir faire preuve de créativité et trouver des manières innovantes de résoudre les problèmes, avoir cette fameuse capacité à penser « outside the box ». Penser sur le long terme, le pivotement des modèles économiques et des usages vers la décarbonation, la digitalisation et la relocalisation. L’opportunité de repenser la chaîne de valeur et donc la supply-chain !

L’entrepreneur peut s’appuyer, pour cela, sur l’intelligence collective et les technologies numériques. Ces dernières apparaissent, aujourd’hui plus qu’hier, comme de véritables outils au service d’organisations plus résilientes. Le programme national d’accompagnement « Industrie du Futur », élaboré par l’Alliance Industrie du Futur, en collaboration avec le ministère de l’économie, les place d’ailleurs au cœur de la transformation industrielle. Si certaines entreprises, labellisées « vitrines » l’illustrent avec brio, l’adoption de ces technologies numériques reste encore diffuse. Et pourtant, l’une d’entre elles s’est particulièrement illustrée ses dernières semaines, il s’agit de l’impression 3D

L’actualité Covid-19 a montré que l’appareil de production grippé pouvait s’appuyer sur la créativité et l’agilité d’une communauté de « Makers » qu’ils soient industriels, professionnels ou simples citoyens. Des exemples multiples, relayés par la presse, ont montré que l’impression 3D est en capacité de relayer, voire suppléer, la production pour répondre à l’urgence et proposer des solutions astucieuses et économes avec beaucoup de réactivité. 

Au-delà des dispositifs médicaux, comme les composants de masques et respirateurs, destinés à la collectivité, l’impression 3D ou fabrication additive contribue à la compétitivité de l’entreprise au quotidien. Elle offre de nouveaux outils pour accélèrer l’innovation, valoriser la valeur créée, mais aussi de nouvelles opportunités pour créer de la valeur ajoutée localement. 

La fabrication additive entre dans la phase industrielle

Le marché ne s’y trompe pas, les investisseurs non plus. S’il reste encore modeste avec 10 Md € de revenus (0,1 % de la richesse mondiale produite), il affiche un taux de croissance supérieur à 20 % et va donc doubler d’ici 5 ans. Son adoption par de nombreux secteurs industriels se généralise partout sur le globe et s’industrialise pour produire outillages et pièces fonctionnelles. De nouvelles normes sont en cours d’élaboration, fruit d’une collaboration internationale, pour encadrer ce marché en pleine croissance. Le virage industriel est donc bien amorcé. L’Europe en est une figure de proue, notamment pour son expertise métal, dont l’usage industriel ne cesse de progresser. On parle d’ailleurs aujourd’hui de « Fabrication Additive » (FA) et non plus d’« impression 3D », terme générique désignant plutôt les usages grand public. De nombreux secteurs industriels et filière sont concernés, dont le médical et le spatial pour les plus matures, l’aéronautique, le ferroviaire, le naval ou l’automobile, mais aussi l’électronique, les machines & équipements et plus récemment le oil & gaz, le bâtiment et l’agroalimentaire.  

Pour une transformation industrielle volontaire et responsable  

La fabrication additive est surtout un outil qui s’adapte aux besoins opérationnels de l’entreprise et sert ses objectifs stratégiques selon son degré de maturité numérique. Son usage transversal s’accompagne d’un management qui l’est tout autant, en mode projet. Ainsi elle promeut et soutient une culture d’innovation, intégrant chaque partie prenante de l’entreprise, étendue à son écosystème. Un écosystème animé et soutenu au cœur de nos territoires d’industrie par les pôles de compétitivité et clusters, véritable « Usines à projets et produits d’avenir ». Mais la technologie constitue en elle-même une chaîne de valeur à part entière, une « micro-usine » privilégiant circuit court, flexibilité et haute valeur ajoutée. 

La fabrication additive permet de créer de la valeur à toutes les étapes de la chaîne y compris logistique. Que la production soit internalisée ou déportée chez un prestataire, elle offre une souplesse inégalée permettant de répondre rapidement à une nouvelle demande y compris personnalisée, au plus près du besoin. Souplesse, que de récentes offres de fabricants de machines contribuent à renforcer en proposant des solutions d’abonnement. Ces offres packagées permettent aux nouveaux entrants de limiter les risques financiers en période d’incertitudes. Sans occulter les besoins de certifications et qualifications qu’imposent les standards industriels pour certaines pièces d’origine et de rechange, la fabrication additive offre une aptitude exceptionnelle de réduction des flux de production et de stocks. Elle permet en outre de dérisquer les défaillances en s’appuyant sur un réseau de machines connectées au sein d’une usine intégrée, mais aussi via des plateformes accessibles sur le cloud. 

En conclusion, je dirai que la fabrication additive s’inscrit dans un processus qui consiste à faire mieux avec l’existant en intégrant une couche de numérique. En favorisant la coopération, la créativité et l’expérimentation rapide elle constitue avant tout un support à l’innovation, condition d’un maintien de compétitivité vis-à-vis d’une concurrence exacerbée. Elle participe également à dérisquer la chaîne d’approvisionnement et enfin, elle offre à l’entreprise l’opportunité d’un nouvel équilibre entre produits et services… le business model de demain.

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