News Mardi 17 novembre 2020 - 16:01

Rencontre avec la start-up Beelse et son logiciel Beelse Cloud Manufacturing

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Créée en 2016 par Yannick Marion, Beelse est une start-up spécialisée dans la production décentralisée. L’entreprise grenobloise édite et distribue son logiciel Beelse Cloud Manufacturing pour rendre accessible la fabrication additive à tous les industriels. Rencontre avec la start-up qui veut moderniser l’industrie française.

Yannick Marion est un jeune entrepreneur. Sportif de haut niveau, l’ancien membre de l’équipe de France de tir à l’arc mène en parallèle de son activité sportive des études de communication et de marketing. Durant ses études, il effectue un stage au sein de la société Thales où il découvre la fabrication additive. Cette même année, en 2013, l’ancien président des États-Unis, Barack Obama, fait un discours dans lequel il mentionne l’impression 3D et son potentiel. En 2016, Yannick Marion change de voie et créer, avec deux partenaires, la société Beelse. Cette équipe jeune et dynamique souhaite moderniser l’industrie française pour répondre aux enjeux sociaux, économiques et environnementaux actuels. Le PDG de 31 ans compte bien continuer sur sa lancée. Après avoir été intégré l’incubateur de l’Agence Spatiale Européenne (ASE) pour le projet « Moon Village », Beelse est nommée parmi les « 100 start-up où investir en 2020 » de la revue Challenges.

Bonjour Yannick, pouvez-vous nous présenter Beelse ?

Beelse est une société spécialisée dans la production décentralisée. Comparé au paradigme traditionnel qui est : de produire, de transporter, de consommer et de jeter les stocks superflus,  la production décentralisée est un nouveau paradigme où le client produit uniquement ce dont il a besoin, quand il en a besoin et surtout au plus près de son besoin. Ce paradigme-là est désormais possible grâce aux technologies que nous proposons. Beelse développe des solutions logicielles pour passer d’un entrepôt physique à un entrepôt numérique dans lequel il est possible de stocker l’ensemble des caractéristiques techniques, mécaniques et esthétiques – l’« ADN » de la pièce – qui permettent d’assurer la répétabilité de production d’une pièce. Beelse offre également un moyen de production. Il peut être interne, si le client dispose d’une machine de fabrication additive, ou externe grâce à des prestataires professionnels. La société intervient sur tout un ensemble de thématiques : essentiellement de la production, à l’unité ou en série, mais aussi de l’outillage ou encore du prototypage.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre logiciel Beelse Cloud Manufacturing ?

Beelse Cloud Manufacturing est un logiciel de production décentralisée en SaaS, accessible via un navigateur, qui donne accès à un espace sécurisé dans lequel une pièce sera homologuée pour la fabrication additive. Cet « ADN » est créé à travers un questionnaire d’usage qui va qualifier les besoins esthétiques, les caractéristiques techniques et la résistance mécanique à laquelle la pièce doit répondre dans l’usage. Cette analyse définit le couple machine/matière optimal pour répondre à ces conditions.

Comment se présente votre offre logicielle ?

Notre cœur de métier est la production décentralisée. Beelse propose une solution globale : du logiciel à la mise à disposition de moyens de production. La solution se présente sous forme d’un abonnement ainsi que la mise à disposition de moyens de production sur lesquels nous prenons une commission.

Comment créez-vous votre réseau de prestataires pour la production externe ?

Beelse n’a pas vocation à être un annuaire. Il n’est pas dans notre intérêt de démarcher des milliers de prestataires à travers la planète. Nous sommes en contact avec les fabricants de machines qui nous renvoient vers les prestataires qui disposent de leurs technologies. Nous négocions ensuite, avec eux, pour produire les pièces de nos clients.

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L'équipe Beelse. 

Vous étiez un athlète professionnel, vous avez fait des études de marketing et de communication. Comment vous êtes-vous retrouvé dans l’innovation ?

Tout d’abord, il y a un parallèle à faire entre le sport de haut niveau et l’entreprenariat.  Entreprendre demande également une certaine discipline, un grand engagement. Pendant mes études en école de commerce, j’ai fait mon alternance chez Thales, où j’ai découvert la fabrication additive. Au même moment [en 2013], le président Obama faisait un discours devant le Congrès à propos de la place qu’occupera la fabrication additive dans le futur. J’ai compris que cet outil de consommation modifiait totalement notre façon de produire et qu’il fallait absolument le rendre accessible au plus grand monde.

C’est donc presque un engagement militant de créer Beelse…

Tout à fait, un engagement au service du monde industriel qui est aussi mal aimé qu’il est passionnant. Beelse a aussi un rôle à jouer pour rendre à ce secteur d’activité une place centrale dans la société, qu’elle ne soit plus uniquement une société de service. Grâce à cette vision des choses, nous pouvons nous développer comme nous le souhaitons.

Comment avez-vous créé Beelse ?

Beelse vient d’un de mes projets qui était d’apporter cette facilité de production au domaine industriel. Cette start-up n’a d’ailleurs pas vocation à révolutionner le secteur de l’industrie, qui a toujours du sens dans certains cas d’usage. Dans un monde qui a besoin de plus en plus de flexibilité, Beelse apporte une certaine souplesse. Deux associés m’ont rejoint dans le projet par la suite et nous avons construit ensemble les prémices de Beelse Cloud Manufacturing qui a continué de grandir grâce aux utilisateurs. Nous avons une démarche open innovation dans le développement du produit. Le leitmotiv est : simplification, flexibilité, rentabilité. Beelse est aussi un moyen de verdir la production. Beelse ne parle pas d’écologie dans ses communications, mais nous avons bien évidemment une démarche écoresponsable. Qu’il le souhaite ou pas, le client qui utilise Beelse Cloud Manufacturing a une démarche écoresponsable.

Certains de vos clients viennent vous voir dans une démarche éco-responsable ?

Il ne faut pas se voiler la face. Une entreprise a besoin de rentabilité. La meilleure solution écologique au monde ne marchera pas s’il n’y a pas de rentabilité derrière. La grosse force de Beelse Cloud Manufacturing est d’avoir cette rentabilité. Certains de nos clients font d’énormes économies et, par la même occasion, ont une démarche écoresponsable. Un de nos derniers clients, l’Entrepôt du Bricolage, fournit des pièces détachées pour réparer des objets pour les particuliers. Ils sont dans une démarche écoresponsable et de réparabilité des pièces. Ils nous ont donc sollicité pour pouvoir digitaliser leur catalogue de pièces détachées. Cette démarche est d’autant plus importante quand on sait que ce secteur-là va être de plus en plus réglementé, notamment avec un indice de réparabilité. Le Cloud Manufacturing est donc indispensable par rapport à ces enjeux.

Comment appréhendez-vous la question de la cybersécurité ?

Il n’y a aucun système qui est 100 % sécurisé. Nous utilisons les derniers certificats de sécurité. Un client ne peut pas accéder au logiciel sans un navigateur internet à jour. Notre architecture cloud permet aussi de pouvoir séparer les services, ce qui permet de ne pas transmettre une faille d’un serveur client à l’autre, ce qui intéresse le monde de l’aéronautique et du spatial. Nous ne sommes pas pour autant infaillibles et nous allons nous améliorer avec le temps. Si un client le souhaite, Beelse peut également proposer un serveur privé. Cette dimension de cybermenace ne fait pas peur à nos clients. D’autant plus que durant cette crise sanitaire, plusieurs acteurs de l’industrie se sont rendus compte de l’importance du cloud. Certains de nos clients ont pu qualifier une pièce ou lancer une production depuis chez eux, en télétravail.

Cette interview fait partie d’une série sur les start-up du secteur de la fabrication additive et de l’impression 3D. Quelle définition donneriez-vous d’une start-up ?

Pour moi, il s’agit d’une entreprise avec une appétence technologique qui, par son impact dans son secteur, est en capacité de connaître l’hyper croissance très rapidement. Ensuite, l’entreprise reste dans une situation de scale-upjusqu’à ce qu’elle arrive à un point mort en termes d’innovation, de business plan.

Beelse se définit toujours comme une start-up ?

Bien sûr. Dans l’imaginaire collectif, la start-up est toujours vue comme un projet porté par des adolescents qui travaillent dans leur garage. Si je parle à une PME, je vais dire que nous sommes une start-up. Par contre, si je parle avec une grande entreprise, je parle plutôt d’entreprise innovante. Mais nous sommes définitivement une start-up. Nous sommes dans le top 100 des start-up de la revue Challenges, et nous avons intégré l’incubateur de l’Agence Spatiale Européenne pour le projet « Moon Village », donc nous sommes encore dans une hyper croissance.

A3DM part à la rencontre des start-ups françaises qui innovent dans le secteur de la fabrication additive. Fabricants, bureaux d’études ou encore développeurs logiciels, qui sont les entreprises qui préparent aujourd’hui la fabrication additive de demain ? Vous êtes une start-up innovante dans le secteur de la fabrication additive et de l’impression 3D, n’hésitez pas à contacter la rédaction d’A3DM Magazine pour nous présenter votre société et nous expliquer vos projets.

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