News Mercredi 31 mars 2021 - 12:08

Les start-up, vecteurs d'innovation en fabrication additive

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Lynxter et ESILV

Durant 15 semaines, la rédaction d’A3DM Magazine est allée à la rencontre des start-up françaises qui innovent dans la fabrication additive. Ces jeunes pousses révolutionnent l’impression 3D en développant de nouveaux procédés, de nouvelles manières d'utiliser la technologie ou même en se l’appropriant pour créer des produits innovants. Tour d'horizon des start-up françaises qui dynamisent la fabrication additive !

Digitaliser la production

Parmi les applications de la fabrication additive, celle qui s'est démarquée durant la crise sanitaire est la production décentralisée, nécessaire pour continuer la fabrication de pièces en période de crises. La conscience écologique a également poussé certaines sociétés à remettre en cause le modèle actuel de consommation et de production. Spare Parts 3D est une jeune entreprise qui digitalise et propose des services d'impression 3D à la demande et partout dans le monde. Grâce à son logiciel DigiPart, la start-up, créée en 2015 par Paul Guillaumot et Paul de Misouard, souhaite mettre fin aux entrepôts remplis de pièces détachées. L'objectif est de produire des pièces à la demande et proche du lieu de consommation. Le logiciel DigiPart permet l’automatisation de gestion de données. Il réalise une analyse technique pour qualifier des pièces imprimables en identifiant le couple processus / matériau.

Ce paradigme dans lequel l'industriel ne créé que ce dont il a besoin, Beelse en rêve aussi. Cette start-up grenobloise propose le logiciel Beelse Cloud Manufacturing grâce auquel l'utilisateur peut décentraliser sa production et fabriquer uniquement ce dont il a besoin, quand il en a besoin et au plus près de son besoin. Le logiciel stocke ce que le fondateur de la société, Yannick Marion appelle « l'ADN de la pièce » - c’est-à-dire les caractéristiques techniques, mécaniques et esthétique - dans un entrepôt numérique. Cette production décentralisée est un atout dans des situations comme celle que nous vivons actuellement. Un salarié en télétravail peut lancer depuis n'importe où dans le monde une production.

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La plateforme Beelse Cloud Manufacturing.

Pour les industriels gérant des données sensibles, la start-up Vistory propose une solution. Cette jeune entreprise innovante a développé une plateforme appelée « MainChain » utilisant la technologie de la blockchain pour garantir la protection des fichiers et éviter de corrompre la chaîne de production. « Cette technologie va créer une clé cryptée d’identification avec le plan, sa licence d’exploitation et les procédés d’impression », nous a expliqué son fondateur Alexandre Pédemonte.

Soigner

Les start-up françaises utilisent également la fabrication additive dans le domaine médical. Healshape et Lattice Medical développent, par exemple, des prothèses mammaires imprimées en 3D. Ces implants sont utilisés notamment dans le cadre de reconstruction mammaires suite à une mastectomie. La première, co-fondée par Sophie Brac de la Perrière, utilise une technologie de bio-impression et une bio-encre brevetée pour construire sa prothèse résorbable. La seconde, fondée par Julien Payen, utilise le procédé FDM (dépôt de matériau fondu) à partir d'un bio matériau développé en interne, résorbable et qui régénère les tissus adipeux de la patiente. Ces innovations pourraient révolutionner le traitement des mastectomies et émanciper les femmes victimes de cette maladie de l'utilisation d'une prothèse en silicone pour le reste de leurs vies.

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L'implant "Mattisse" de Lattice Medical

La start-up Med in Town, elle aussi, innove dans le médical. Son objectif est de produire des équipements médicaux au plus près du besoin. Son fondateur, Jérôme Prêcheur, nous a expliqué son projet : « La Micro Factory est une micro usine transportable contenu dans un conteneur maritime d’environ 30 mètres carré. Elle est séparée en trois zones. La première zone constitue l’espace « technique » au sein duquel sont gérés les raccordements en électricité et en eau. La deuxième est une aire de production qui abrite deux imprimantes 3D Formiga d’EOS utilisant le procédé d’impression 3D SLS (frittage sélectif de poudre). Cette technologie est la plus utilisée actuellement dans le domaine médical pour concevoir des objets chirurgicaux. L’espace dédié à l’impression 3D est aussi équipé d’outils de post-traitement relatifs au procédé de fabrication additive. Enfin, la troisième zone est une salle blanche avec un sas d’entrée, accolée à l’espace de fabrication. »

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Innover

Certaines jeunes pousses sont aussi des accélérateurs d'innovation en développant notamment leurs propres technologies disruptives. Microlight3D, par exemple, a développé son propre procédé de polymérisation à deux photons. Grâce à cette technologie, la start-up est capable d'imprimer des pièces avec une résolution inférieure au micron. Ce procédé permet de créer des dispositifs de microrobotiques, microbiologie, microfluidique ou, comme dirait son fondateur, Denis Barbier : « tous ce que contient le préfixe « micro » devant ». 

La start-up 3Ditex, elle-aussi, a développé son propre procédé de fabrication additive. Leur procédé disruptif de textile utilise un logiciel pour transformer un modèle numérique en objet 3D. « Chaque fil sera soudé en deux points minimum pour que la pièce tienne bien et soit manipulable. Sans être purement de l’impression 3D, notre technologie est ce qui s’en approche le plus dans l’industrie textile. Pour l’instant, nous ne produisons pas de pièce composite finie, mais l’une des évolutions de notre technologie serait de tisser tout type de matériaux en les soudant », nous a expliqué le fondateur et président Bernard Laine.

Au cœur du Pays Basque, Lynxter aussi développe sa technologie. La machine S600D est une imprimante 3D modulaire, utilisant le procédé FDM (dépôt de matériau fondu). Elle imprime des silicones, des céramiques et des polymères. Sa dernière tête-outil, la LIQ21, offre la possibilité d'imprimer des silicones bi-composants. Actuellement, la start-up basque travaille avec l'École supérieure d'ingénieurs Léonard-de-Vinci (ESILV) sur le développement de matériaux intelligents pour développer les prothèses de demain.

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À Lille, la jeune pousse 4D Pioneers développe un procédé de fabrication et des matériaux. « Nous avons fait le choix de développer une solution axée sur le post-traitement et la répétabilité. Nous développons un système qui réduirait radicalement le post-traitement, augmenterait la précision et donc la répétabilité. L’idée est de réduire au maximum l’intervention humaine entre le matériau et la sortie de la pièce finie. Ce système utiliserait des matériaux polymères, sous forme de filaments ou de granulés.  D’autres projets en interne relèvent plus de la production que du développement. Nous fabriquons par exemple nos propres imprimantes FDM », nous a précisé son fondateur Nicolas Gay.

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