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Nouvelle édition 2017 des Assises européennes de la fabrication additive

Nouvelle édition 2017 des Assises européennes de la fabrication additive

by Gaëtan Lefèvre23 juin 2017
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Cette année encore, les Assises européennes de la fabrication additive, qui se dérouleront du 27 au 29 juin 2017 à Châtenay-Malabry, seront l’occasion de profiter de contacts clés auprès d’acteurs incontournables du domaine. Surtout et par-dessus tout : ce sera l’occasion d’évoquer l’histoire de l’AFPR et tout ce qu’elle a apporté au cours de ces vingt-cinq dernières années !

Par Alain Bernard, Professeur des Universités à l’École centrale de Nantes, vice-président de l’AFPR.

 

Vingt-cinq ans ! Un quart de siècle au service du développement de la fabrication additive en France. L’association qui a toujours porté la dynamique nationale dans le domaine de la fabrication additive a passé son quart de siècle. Grâce à l’engagement d’un véritable collectif français !

L’Association française du prototypage rapide et de la fabrication additive compte parmi les premières associations au niveau international. C’est elle qui a fondé la GARPA (Global Alliance of Rapid Prototyping Associations), et elle est toujours présente et reconnue sur la scène internationale. Que retiendra l’histoire ? Sans doute pas grand-chose, car quand on est trop en avance sur son temps, ceux qui s’emparent des retombées d’un travail de longue haleine ne savent sans doute pas que la maturité actuelle est en grande partie due à une activité d’accompagnement au fil des années, au fil de l’apparition et de l’introduction des nouvelles technologies sur le marché, au fil de l’avènement et de la création de sociétés pionnières, au fil des grands projets porteurs d’innovations et de maturation en lien avec un processus normatif très actif aujourd’hui. Sans nostalgie aucune, bien au contraire, mais avec le même souci d’apporter le maximum aux acteurs français, les prochaines Assises européennes de la fabrication additive vont avoir lieu à Centrale Supélec, à Châtenay-Malabry, du 27 au 29 juin prochains.

Cette année encore, le programme sera riche et original, avec parfois deux sessions en parallèle, afin que chacun dispose d’un temps de parole suffisant. De nouveaux acteurs vont apparaître et montrer leur apport au monde de la fabrication additive. Les thèmes principaux sont décrits dans le programme (ci-dessous). Celui-ci, détaillé et actualisé, est disponible sur le site de l’AFPR (www.afpr.asso.fr). Encore une fois, les journées seront « bien remplies » et les échanges riches. Les trophées de l’AFPR viendront couronner le tout avec des réalisations particulièrement originales. Les textes qui composent cet article proposent quelques éclairages particuliers sur le contenu de certaines des présentations et des sessions à venir.

Des contrôles pour des pièces de qualité

Avant que la fabrication additive ne soit adoptée massivement par l’industrie, il faut maîtriser les procédés. Cela passe nécessairement par des contrôles post-processus mais également en ligne et in situ dans les machines de fabrication additive. Or, cette technologie se distingue des autres. Premièrement, les piéces sont manufacturées à partir de matières premières brutes, se présentant sous forme de poudre, de feuille, de pâte ou encore de liquide. Deuxièmement, le matériau est conçu simultanément à la pièce. Troisièmement, elle permet de réaliser des pièces de grande complexité avec des structures internes, ou encore des structures lattices. Ces trois principales particularités propres à la fabrication additive engendrent des contrôles spécifiques de la matière première, du matériau et de la pièce finie. Cependant, ces contrôles peuvent être réduits, si l’on procède à des contrôles en ligne et in situ dans les machines. Ces derniers permettent également de réduire les rebus en fin de processus et ainsi d’économiser du temps et de la matière première.

Au cours de cette session des Assises européennes de la fabrication additive, les intervenants évoqueront l’ensemble de ces contrôles afin de produire des pièces de qualité pour des applications industrielles.

Par Anne-Françoise Obaton, du Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE)

Les applications médicales de l’impression 3D

Avec l’aéronautique et l’automobile, le secteur médical fait partie des champs applicatifs les plus importants de l’impression 3D. La session sur les applications médicales présentera les actualités du secteur mais aussi les projets à venir, permettant entre autres une chirurgie plus accessible, plus précise et personnalisée, tels que des prothèses destinées à réparer des tissus lésés ou à améliorer des fonctions déficientes, des modèles anatomiques réalistes, des guides chirurgicaux,

des orthèses sur mesure, des impressions de tissus par bio-impression. Le cadre réglementaire sera également abordé. Venus de différents pays d’Europe, les intervenants de cette cession, présenteront les dernières évolutions de ce domaine en pleine expansion.

Par le docteur Didier NIMAL, Chairman de la session médicale

Une activité de normalisation en expansion

L’UNM (bureau de normalisation par délégation de l’AFNOR) a en charge la commission de normalisation UNM 920 « Fabrication additive », qui élabore les normes françaises du domaine et qui représente la France au sein des comités européen et international. L’activité de normalisation en fabrication additive se développe de plus en plus. Depuis 2010, les bases ont été posées et de plus en plus de groupes travaillent aux niveaux ISO et ASTM sur des sujets tels que les essais non destructifs, les exigences de qualité, ou encore la caractérisation des poudres métalliques. Une activité commune ISO, ASTM et CEN. Au plan français, l’activité s’intensifie également avec la création de plusieurs groupes ad hoc sur des thèmes comme les équipements sous pression ou la sécurité.

La présentation aura pour but de faire un état des lieux des publications et travaux en cours.

Par Catherine Lubineau, directeur technique de l’Union de normalisation de la mécanique et du caoutchouc (UNM)

Les challenges d’organisation d’une usine de fabrication additive

Passer du prototypage à une réelle organisation de production (et donc à l’usine) est un souhait de nombreux acteurs de la fabrication additive, nouveaux ou anciens. Pourtant, les challenges ne sont pas simples. S’ils ne sont pas traités correctement, ils empêcheront les business de se développer. Nous aborderons donc les problèmes et les solutions trouvées par notre société Sculpteo pour lever ces freins.

Dans la fabrication additive, plus encore qu’ailleurs, l’organisation industrielle passe aussi par une organisation digitale, des outils informatiques performants et spécialisés. Sculpteo a développé pour ses propres besoins une solution innovante de gestion de la chaîne numérique, qui simplifie l’organisation en amont et en aval de la chaîne de production de fabrication additive. Réparation et validation de fichiers 3D, optimisation de rendement des machines, traçabilité, gestion des post-procédés, mise à jour des projets clients et transparence entre les différents service : autant de thèmes qu’une suite logicielle de fabrication additive doit régler.

Par Clément Moreau, DG et cofondateur de Sculpteo

Post-traitement en fabrication additive : les pistes d’amélioration

La plupart des pièces issues de la fabrication additive nécessitent des opérations de post-traitement. Ces techniques font intervenir des savoir-faire métier très variés et pointus. De l’artisanat d’art à la peinture à l’aérographe, du nettoyage des pièces au traitement de surfaces multi-process, du traitement thermique qualifié à l’usinage de précision, les compétences nécessaires impliquent un grand nombre d’entreprises du tissu industriel français et européen. L’objectif de l’intervention du groupe MMB / Volum-e, aux Assises européennes de la fabrication additive 2017, est de mettre en valeur quarante-cinq années de développement, d’études, de réalisation sur ces étapes majeures de la supply chain. Volum-e et MMB travaillent depuis vingt-cinq ans, sur la fabrication additive plastique et métallique pour les secteurs d’activités les plus exigeants : le luxe, l’automobile, l’aérospatiale, le médical… Cette conférence a pour objet de présenter des exemples concrets et d’échanger sur les procédés qualifiés (TTH, usinage) ou ceux qui en sont encore au stade R&T (polissage chimique, plasma, métallisation…).

Par Éric Baustert, responsable R&D chez MMB / Volum-e

Reproduction de « l’Ange pleureur » de la cathédrale d’Amiens. Bijou en or et titane pour le centenaire de la guerre 1914-1918. Fabrication Additive Métal. Finitions mixtes : chimique et mécanique. Source : MMB.

La fabrication additive au service de l’art et de l’éducation

Cette année, nous aurons deux invités de marque, pionniers de la sculpture numérique, dans leurs pays respectifs. Le professeur Mary Visser (Southwestern University, Texas, USA) nous expliquera le rôle important joué par les utilisateurs de l’impression 3D dans les universités américaines, tant au niveau du développement de la créativité qu’à celui de la promotion de l’interdisciplinarité. Le professeur Keith

Brown (Manchester Metropolitan University, UK) nous fera part de son expérience artistique, à laquelle les outils de la 2D et de la 3D combinés ont ouvert de nouveaux horizons : la fabrication additive, et particulièrement celle qui offre la couleur, permet de réaliser des sculptures naguère infaisables. Enfin, Christian Lavigne, après avoir rappelé les activités d’Ars Mathematica, fera une brêve présentation du livre Cybersculpture – Mythologie et Histoire de la sculpture et de ses machines, qui devrait être publi. fin 2017 ou début 2018.

Par Ars Mathematica

Les futurs de la fabrication additive à l’aune de défis et de contraintes

Depuis le premier brevet, en 1984, en stéréolithographie, le monde a profondément changé et des tendances lourdes menacent l’accord social (partiel) dans lequel les Français vivaient à la fin des Trente Glorieuses. S’il en est ainsi pour la société confrontée à des difficultés interdépendantes nombreuses, le monde de l’innovation ne pourra sans doute plus continuer longtemps à fonctionner comme par le passé, juste avec des transformations insidieuses, sans ruptures franches, parce qu’incrémentales. De plus, on sait maintenant que la France ne peut plus tout couvrir en termes de recherche scientifique, ce qui impose des choix difficiles pour maintenir son rôle d’interface active entre la science, la technologie et la socité, et ainsi pour satisfaire par la science au besoin de nouveauté technologique nécessaire à la société. L’impression 3D n’échappera pas à cette règle générale, sauf si des efforts sont déployés en ce sens.

Dans la démarche prospective, il s’agit bien d’objectiver une idée qui est en rupture (partielle) avec ce qui est acquis pour introduire des dimensions nouvelles (ruptures technologiques, évolutions culturelles, tendances lourdes, environnement politique, etc.) et qui doit entraîner des effets nouveaux, dont certains sont inattendus. C’est bien sur cette base qu’émergent les innovations qui, dans notre contexte, induisent un cycle qui ne peut être facilement rompu. Cependant, une analyse prospective montre l’émergence de quatre scénarios possibles pour le futur.

Scénario 1, « inertiel », inscrit dans la continuité, dans le « Business As Usual ».

Scénario 2, « société enclavé » associée à un accroissement des tensions entre nations et à l’intérieur des pays.

Scénario 3, « société sobre » et développement durable « doux ».

Scénario 4, « société écologiste intégriste ».

Ces scénarios doivent tenir compte de facteurs environnementaux, d’approvisionnements, mais aussi d’évolutions culturelles et de ruptures scientifiques et technologiques. Après avoir rappelé les défis du futur, les évolutions actuelles et les ruptures en cours de la fabrication additive seront passées au crible de ces différents scénarios. Quelle que soit la tendance sociétale qui se développera, il y a une place, variable en amplitude et en niches applicatives, pour le développement des technologies 3D. Ce sont ces différents éléments qui seront discutés lors des assises 2017.

Par J.C. André, CNRS, et A. Bernard, ECN

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Gaëtan Lefèvre

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